MGR ATHENAGORAS ELU ET INTRONISE METROPOLITE DE BELGIQUE ET EXARQUE DES PAYS-BAS ET DU LUXEMBOURG

24 décembre 2013

Bruxelles – Des moments historiques à la Sainte Métropole de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg. Suite à la démission volontaire de l’ancien Métropolite de Belgique Mgr Panteleimon et  l’élection unanime (le 27 novembre 2013) par le Saint Synode Patriarcal du Patriarcat Œcuménique de Constantinople de Mgr Athénagoras en tant que nouveau Métropolite-Archevêque de Belgique et Exarque des Pays-Bas et du Luxembourg, une cérémonie d’Intronisation eut lieu le samedi 21 décembre. Mgr Athénagoras est depuis l’an 2000 le président de l’EIIR. L’Association y fut représentée par Soeur Bernadette Delizy, secrétaire de l’EIIR.

La Cathédrale orthodoxe à Bruxelles (Rue de Stalingrad), dûment aménagé pour l’événement était plein de monde. Une foule de fidèles orthodoxes sont venus pour voir le nouveau Métropolite, l’honorer, le saluer et partager sa joie. En fait, Mgr Athénagoras n’était pas un inconnu pour les fidèles. Il sert plus de 24 ans au sein de la Sainte Métropole Orthodoxe de Belgique et les dix dernières années fut l’évêque auxiliaire de Son Éminence Mgr Panteleimon sous le titre d’Évêque de Sinope. Il est donc quelqu’un de connu et très apprécié par les fidèles.

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Sa Toute-Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée fut représenté par Son Éminence le Métropolite Augustin d’Allemagne qui a intronisé Mgr Athénagoras en lui remettant la crosse pastorale. Des représentants religieux, civils et militaires étaient présents, plusieurs hiérarques orthodoxes appartenant à diverses juridictions ecclésiales, Son Excellence M. Constantin Chalastanis, Ambassadeur de la Grèce en Belgique, le Cardinal Mgr Godfried Danneels, le Nonce Apostolique en Belgique, d’autres haut représentants d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions, des clercs, des moines du Mont Athos, et beaucoup d’autres.

Sa Béatitude l’Archevêque Jérôme d’Athènes et de toute la Grèce fut représente par le Très Révérend Archiprêtre Adamantios Avgoustidis, professeur à l’Université d’Athènes. Le Métropolite Athanase d’Achaïe a représenté, quant à lui, le Saint Synode de l’Église de Grèce. Plusieurs évêques, membres de la Conférence Épiscopale Orthodoxe du Benelux, étaient également présents. L’État Belge fut représenté en la personne de M. Eric Ghysselinckx, (haut fonctionnaire du Ministère de la Justice).

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Juste après la lecture de la décision Patriarcale et Synodale par laquelle Mgr Athénagoras fut élu Métropolite-Archevêque de Belgique, un discours inspiré prononcé par Son Éminence le Métropolite Augustin d’Allemagne a rendu hommage à Mgr Panteleimon pour l’œuvre immense effectuée sous son pastorat. Mgr Panteleimon, en effet, durant 56 ans (dont 30 en sa qualité de Métropolite de Belgique) a durement travaillé en développant une action admirable dont les fruits sont abondants. Il n’a presque rien trouvé de concret concernant l’Église orthodoxe à sa venue en Belgique, et maintenant, à son départ, donne en héritage une Orthodoxie bien établie aux trois Pays du Benelux avec plusieurs paroisses organisées et une reconnaissance officielle par les États Belge et Luxembourgeois. Mgr Augustin, dans son discours, a fait également l’éloge du Nouveau Métropolite Athénagoras, en se référant à sa personnalité extraordinaire, à son riche savoir, à son expérience pastorale et à ses nombreux talents qui vont lui assurer un pontificat brillant suivant les pas de son illustre prédécesseur.                

D’autres discours, notamment ceux de l’Ambassadeur de Grèce, du représentant de la Conférence Épiscopale Orthodoxe du Benelux Mgr Simon (Patriarcat de Moscou), de l’Évêque Catholique d’Anvers Mgr Johan Bonny (qui à la surprise de beaucoup a fait une grande partie de son discours en grec !),  du représentant du Ministère belge de la Justice, du représentant de l’Église de Grèce, et du Vicaire général de l’Archevêché orthodoxe de Belgique qui a offert de la part de tout le clergé de l’Archevêché une crosse pastorale au Nouveau Métropolite-Archevêque. Tous ont insisté sur les qualités exceptionnelles de Mgr Athénagoras et lui ont souhaité le «Axios» (Digne !) que tous les fidèles le répétaient spontanément.

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Dans le discours de son Intronisation Mgr Athénagoras s’adressant avec beaucoup de respect et d’amour fraternel aux Éminents Métropolites Augustin d’Allemagne et Panteleimon, les a remerciés de tout cœur. Il a également exprimé sa gratitude, son respect et son amour filial pour Sa Toute Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée. Il a remercié tous pour leurs discours et leur présence. Ensuite, il a relaté quelques priorités de son pastorat qui commence et dont le fil rouge sera le salut des hommes:  le soutien et la formation du clergé orthodoxe, la coordination avec les communautés grecques pour le maintien des us et coutumes des grecs résidant en Benelux, la bonne collaboration avec les représentants diplomatiques de Grèce, l’intensification des efforts pour que la jeunesse orthodoxe participe plus activement à la vie et aux activités de l’Église, la poursuite active des efforts pour l’unité visible des chrétiens, dans le cadre de la participation au mouvement œcuménique, aux contacts, aux dialogues et aux relations amicales avec les représentants des diverses confessions chrétiennes d’après la vision du grand Patriarche Athénagoras dont le nom porte avec fierté le nouveau Métropolite. Mgr Athénagoras a réitéré son dévouement absolu à l’Institution et aux objectifs du Patriarcat Œcuménique de Constantinople. Un moment particulièrement émouvant était lorsqu’il a énoncé en présence de ses parents, l’Archiprêtre Ignace Peckstadt (une figure emblématique et respecté dans l’Orthodoxie) et Mme Marie-Thérèse Janssens, le rôle décisif qu’ils ont joué dans son parcours personnel dans la foi orthodoxe.

Et il a conclu disant: «Je puise mon inspiration dans la charité évangélique “qui est patiente et pleine de bonté, qui n’envie pas, qui ne se vante pas”, mais “qui supporte tout” (1 Cor. 13,4-6). C’est ainsi que je mettrai mes pas dans ceux du Christ comme l’ont fait mes deux illustres prédécesseurs : le regretté Métropolite Emilianos Zacharopoulos et notre très respecté Géronda le Métropolite Pantéléimon. A vos côtés, je vais œuvrer pour le bien de notre Eglise, tant celle d’ici, que celle de notre Eglise-Mère, le Patriarcat Œcuménique de Constantinople. Avec nos prêtres, je vais m’investir pour le salut de chacun. Ce n’est qu’alors que je pourrai dire avec fierté que vous êtes “ma joie et mon couronnement”. Car je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir (Mat. 20,28). Je resterai toujours à vos côtés, comme le bon berger près de son troupeau. Priez pour moi et offrez-moi votre amour. Je vous offre la bénédiction du Seigneur».  

Le soir de ce même jour un dîner officiel fut donné à l’Hôtel Sheraton de Bruxelles où, outre les personnes mentionnées, la Commissaire Européenne Mme Maria Damanaki a honoré par sa présence le nouveau Prélat.

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Le dimanche 22 décembre Mgr Athénagoras a présidé sa première liturgie pontificale en la Cathédrale des Saints Archanges. Cinq autres Évêques (l’Archevêque Simon- Patriarcat de Moscou, le Métropolite de Kydonias et Apokoronou Damascène- Église de Crête, l’Évêque d’Evmenie Maximos-Métropole de Belgique, l’Évêque de Remeziana André-Patriarcat de Serbie, l’Évêque d’Arianzos Bartholomée-Métropole d’Allemagne), quatorze prêtres et quatre diacres ont concélébré avec lui. La Divine Liturgie fut célébrée en grec, en français, en néerlandais, en allemand, en slavon et en serbe. Le Métropolite Panteleimon ainsi que le Métropolite d’Achaïe Athanase étaient aussi présents dans le sanctuaire.

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Dans l’église qui était pleine de fidèles, et parmi eux l’Ambassadeur de Grèce en Belgique M. Chalastanis, la représentante du Ministère grec d’Education et de Cultes, le Conseiller d’Éducation Grecque en Belgique. Très remarquable la présence de Mgr Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège accompagné par son Vicaire général l’Abbé Alphonse Borras.

Le Métropolite Athénagoras a chaleureusement remercié tous d’être présents à ce jour si important pour lui et pour l’Église Orthodoxe en Belgique et a adressé ses vœux pour la grande fête de la Nativité du Seigneur.

Les photos de l’intronisation et les photos de la première Liturgie présidée par le nouveau métropolite.

 

IN MEMORIAM: SOEUR MINKE DE GRANDCHAMP

29 octobre 2013

une_minkeEn ce 19  octobre 2013,  jour du Shabbat qui s’ouvre sur celui de la Résurrection,  Soeur Minke De Vries, de la Communauté des Soeurs Protestantes de Grandchamp, (Areuse, Suisse ) a rejoint le sein du Père. Ses funérailles furent célébrées le 23 octobre, à l’Arche, chapelle de Grandchamp, en présence d’une assemblée de grande diversité ecclésiale.

Née au Pays-Bas en 1929, Soeur Minke a été la Prieure de sa Communauté de 1970 à 1999. Elle avait un grand souci de la réconciliation des Eglises et a organisé de nombreuses Rencontres oecuméniques à Grandchamp. En 1995 le Pape Jean-Paul II lui confia la préparation des textes pour le Chemin de Croix du Vendredi Saint, à Rome.

Soeur Minke a participé plusieurs fois à nos Rencontres EIIR et avait aussi été élue membre de notre comité organisateur. Ce service oecuménique, toujours rendu avec joie et compétence, lui permettait de créer des  échanges  et des liens d’unité avec tous les participants. Nous lui restons profondément reconnaissants pour son partage oecuménique et celui de ses Soeurs. Nous demeurons en communion priante avec la Communauté de Grandchamp, dans le Coeur du Ressuscité d’où nous recevons la source de notre UNITE.

Mémoire éternelle à notre soeur!

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Interview – Soeur Minke: «Une vie de prière, c’est une aventure»!

Vous êtes protestante, comment avez-vous pu devenir sœur?
Sœur Minke: Les réformateurs avaient rejeté cette forme de vie. Mais l’Esprit a su susciter pendant et après les guerres mondiales des communautés d’inspiration monastique dans les Eglises de la Réforme. Bouleversée par une rencontre importante avec la réalité de Dieu, j’ai voulu lui donner ma vie. J’ai rencontré la communauté de Grandchamp par une amie: j’y suis allée, j’y suis encore et ne regrette pas mon choix. D’autres personnes avec le même désir de donner leur vie à Dieu se sont engagées dans la mission ou ont étudié la théologie. Pour moi, c’était cette vie-là, de prière, de communauté et d’accueil.

Qu’est-ce qui vous a attirée vers la vie monastique?
C’est vraiment le Christ. Etudiante, j’étais active, engagée parmi les étudiants chrétiens. En découvrant Grandchamp, et aussi Taizé, j’ai su: «C’est là que je dois aller.» La prière en commun de la communauté et son ouverture m’ont plu. J’avais à cœur d’être dans un lieu d’Eglise ouvert au monde.

Recommanderiez-vous ce choix à une jeune femme aujourd’hui?
Après plus de cinquante ans, je suis encore là, encore pleinement d’accord avec mon choix d’origine. Pour une jeune femme d’aujourd’hui? Si je perçois une soif de Dieu, un désir de prière et une ouverture au monde, alors oui. Mais si je ne vois que le souhait de trouver un refuge, d’être tranquille, cela ne va pas jouer. Nous ne sommes pas un lieu tranquille.Nous accueillons des retraites. A partir de notre vie intérieure et de notre prière et en échangeant avec nous, des personnes de toute confession peuvent découvrir le Christ. Notre vie de prière montre qu’il est possible à des personnes venues des quatre coins du monde de vivre ensemble, en amitié, toute une vie. C’est une aventure, un défi loin d’être évident. Ce n’est possible qu’à partir du Christ et de l’Evangile, pas de notre seule bonne volonté, car cela nous dépasse.

Vous avez été trente ans prieure de la communauté. Quel a été le moment le plus fort?
Je pourrais faire une long collier avec toutes les perles glanées lorsque j’étais prieure. Un peu comme le ravi de la crèche de Noël. Chaque fois que je vois une personne retrouver la vie, la joie, je suis dans l’émerveillement. Une jeune femme qui a prononcé un oui pour toujours à notre vie avec le Christ et qui tient bon: une merveille! Et quand une autre s’en va vers le Seigneur, sur son visage une grande paix, la sainte cène ensuite est une célébration de Pâques. Il y a aussi eu les voyages pleins de découvertes, la grande assemblée de Vancouver en 1983 du Conseil œcuménique des Eglises, manifestation de l’universalité de notre foi et de solidarité. Evidemment avoir été invitée à écrire le chemin de Croix pour le pape Jean-Paul II, en 1995, cela reste inouï pour moi.

Que représente Noël pour vous?
Dans notre prière liturgique, nous suivons la vie du Christ. L’année liturgique débute avec l’Avent. Nous commençons par la lecture de l’Apocalypse, qui accomplit toute promesse de la venue du Christ, signe de combien Dieu aime l’humanité. C’était déjà exprimé par l’alliance avec son peuple élu. Puis Dieu a envoyé son fils, par Marie, une jeune femme d’Israël. C’est prodigieux et Dieu essuiera toute larme de nos yeux.
Depuis Noël, Dieu est avec nous, en Christ. Noël n’est pas juste un événement commercial ou sentimental. Le cœur de la fête est que Jésus est venu vivre parmi nous. Nous avons pu le toucher, le regarder, l’entendre. La compassion du cœur de Dieu est devenue tangible, toute proche. Nous l’approfondissons chaque année par la prière et la célébration de Noël.

Comment Dieu agit-il dans les hommes?
C’est le plus important de notre foi. Dieu chemine avec nous, les humains. Son énergie d’amour travaille en nous. Une transformation se réalise dans le sens de la simplicité, de l’ouverture aux autres, et aussi de prendre moins au sérieux ce petit moi qui veut toujours se montrer. Il faut sans cesse recommencer, avec confiance. J’espère avoir confiance jusqu’au bout. J’ai vu des personnes arriver à Grandchamp complètement abattues et repartir debout. Elles ont retrouvé leur dignité, grâce à la résurrection du Christ qui renouvelle notre vie, à ce Dieu vivant qui agit et peut, à partir d’une situation désespérée, nous faire aller vers quelque chose de positif.

Que dites-vous à ceux qui s’éloignent de l’Eglise?
Quoi dire? Je souffre de toute cette perte de sens, les gens ne comprennent plus la bonne nouvelle apportée par le Christ vivant! Je les respecte de tout mon cœur et je prie. Des hôtes en recherche viennent à Grandchamp et découvrent quelque chose. Nous essayons de vivre ce qui nous a été donné, grâce à la venue du Christ qui nous a rendu le Père si proche, comme une source d’espérance. Des visiteurs peuvent alors y trouver une réponse. Dieu est plus grand que notre cœur.

Que nous apprend Jésus d’essentiel aujourd’hui?
Jésus parle d’un Père qui est accueillant. Jésus regarde et voit l’autre. Il manifeste de la solidarité et montre le Royaume. Quand Jésus dit: «Suis-moi!» c’est sérieux, comme un amour dans lequel nous entrons. En même temps, Jésus nous dit de ne pas nous faire de souci. Il y a une énorme confiance dans sa vie. Il nous invite à faire comme lui, à être cohérents, à voir les autres. Il y a quelque chose de simple dans son enseignement. Nous demandons dans nos prières de pouvoir accueillir l’autre, de le regarder avec le cœur. Notre vie en communauté est un bon lieu d’exercice. La réconciliation est au cœur de cette vie.

Où en sont les relations entre les communautés chrétiennes?
A un certain moment, nous pensions que l’unité était une question d’années. Aujourd’hui où il y a tant de peur et d’incertitudes, notre communauté œcuménique de Grandchamp espère  être une oasis où rayonne le Christ. Nous accueillons des personnes de toute confession et vivons tournées avec confiance vers ce que sera l’Eglise de demain. Comme nous ne pouvons pas rester figées sur ce qui a été normatif autrefois, mais désirons avancer dans la confiance que Dieu est à l’œuvre dans les changements que nous vivons actuellement. Car Dieu tient à son Eglise.

source: Bonne Nouvelle (Suisse)

LE BULLETIN ‘EIIR NEWS’ N°13 (2013)

15 août 2013

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Bulletin ‘EIIR NEWS’ à propos de la dernière Rencontre qui s’est tenue à Pomeyrol en France au mois de juillet 2012.

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LE PRESIDENT DE L’EIIR EN VISITE OFFICIELLE AU VATICAN

2 juillet 2013

Vatican – Aussi cette année le président de l’EIIR, l’Evêque Athénagoras de Sinope fut membre de La délégation officielle, envoyée cette année par le Patriarche Œcuménique Bartholomée I. La délégation était conduite par le Métropolite de Pergame Mgr Jean Zizioulas, coprésident de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, accompagné par Mgr Athénagoras Peckstadt (évêque auxiliaire du Métropolite de Belgique) et l’Archimandrite Prodromos Xenakis, vice-secrétaire du Saint-Synode de l’Eglise de Crète.  Le Pape a reçu la délégation le 28 juin 2013 au Palais Apostolique du Vatican. A l’issue de cette rencontre, la les envoyés de l’Eglise de Constantinople ont été invités à déjeuner avec Sa Sainteté le Papedans le Domus Sanctae Marthae, honneur plutôt exceptionnel.

article_14462_39043«Nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du vrai dialogue. Celui-ci ne nous éloigne pas de la vérité; à travers un échange de dons, il nous conduit plutôt, sous la conduite de l’Esprit de Vérité, à toute la vérité», a déclaré le Pape François à la délégation officielle du Patriarcat Œcuménique. C’est désormais une tradition et cela depuis 1969: une délégation du Patriarcat Œcuménique de Constantinople se rend chaque année à Rome à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin, et une délégation du Vatican se rend chaque année à Constantinople pour la fête du Saint Apôtre André.

Le 29 juin 2013 la délégation a assisté à la célébration eucharistique en la Basilique Saint-Pierre.  A l’issue de la célébration, le Pape et le Métropolite Jean de Pergame sont descendus ensemble se recueillir auprès de la tombe de l’Apôtre Pierre et ont échangé quelques mots.

La délégation s’est également entretenue avec le Cardinal Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens et des membres de ce dicastère.

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L’URGENCE DE L’UNITE – nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du véritable dialogue  

«Nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du véritable dialogue». C’est ce qu’a dit le Pape François aux membres de la délégation. Dans son discours, le Saint-Père a souligné le «lien profond qui unit, dans la foi, dans l’espérance et dans la charité, l’Eglise de Constantinople et l’Eglise de Rome», en rappelant que «la rencontre fraternelle est une partie essentielle du chemin vers l’unité». Une pensée reconnaissante est allée au Patriarche Œcuménique Bartholomée, qui a fait parvenir à l’Evêque de Rome une lettre de vœux. Pour sa part, le Pape a confirmé que «la recherche de l’unité entre chrétiens est une urgence à laquelle, aujourd’hui plus que jamais, nous ne devons pas nous soustraire». Une «contribution fondamentale» dans ce sens vient du travail de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique, dont le Pape a souligné l’«engagement précieux et généreux». Précisant qu’il «ne s’agit pas d’un pur exercice théorique, mais de connaître à fond les traditions réciproques pour les comprendre et, parfois, également pour apprendre de celles-ci»: comme cela a lieu, par exemple, sur des thématiques particulièrement significatives tels que le «sens de la collégialité épiscopale» et la «tradition de la synodalité».

«Il m’est réconfortant de savoir que catholiques et orthodoxes partagent la même conception du dialogue qui ne cherche pas un minimalisme théologique sur la base duquel on peut arriver à un compromis, mais qu’il se fonde plutôt sur l’approfondissement de l’unique vérité que le Christ a donnée à son Église et que nous ne cessons jamais de mieux comprendre, mus par l’Esprit Saint», a également souligné le Pape.

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Il s’agit finalement, a-t-il estimé, de «réfléchir ensemble, dans la vérité et dans la charité», en commençant «par ce qui nous est commun, sans toutefois cacher ce qui nous sépare encore» car «il ne s’agit pas d’un simple exercice théorique, mais de connaître à fond les traditions réciproques pour les comprendre et, parfois, pour apprendre aussi d’elles».

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FRANCOIS I, LE NOUVEAU PAPE DE ROME

19 mars 2013
Jorge Mario Bergoglio est le successeur de Benoît XVI élu par les cardinaux du conclave. La fumée blanche est sortie de la cheminée sur la chapelle Sixtine, mercredi 13 mars, et la foule a clamé « habemus papam »: c’est le nouveau chef de l’Eglise catholique.

Fréquemment cité lors du précédent conclave au cours duquel il avait recueilli le plus de voix après Joseph Ratzinger, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio (76 ans, archevêque de Buenos Aires) avait pratiquement disparu des listes de « papabili ». Un pape sud-américain est une petite révolution en soi – c’est aussi la première fois qu’un Jésuite accède à ce ministère. Ce religieux humble, très ancré dans l’évangélisation de terrain et très à l’écoute de ses fidèles, braque le projecteur catholique sur l’Amérique du sud, terre de grande vitalité catholique, bien que les protestants évangéliques taillent de plus en plus de croupières à l’Eglise. Un pape européen eût renvoyé au sombre tableau d’une institution fragilisée, en proie au doute et à la crise des vocations. Là, le message se veut plus lumineux.

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C’est un pape décontracté et souriant qui a reçu ce samedi plus de 5000 journalistes au Vatican pour les remercier d’avoir couvert la démission de son prédécesseur et son élection. « Je vous aime beaucoup, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait », a déclaré le pape François avant de les bénir. Il leur a expliqué comment il avait choisi son nom. « Durant l’élection, j’étais à côté de l’archevêque de Sao Paulo Claudio Hummes, un grand ami. Quand les choses sont devenues dangereuses, il m’a réconforté. Quand les votes ont atteint les deux tiers, il m’a serré dans ses bras et embrassé et m’a dit: ‘Et n’oublie pas les pauvres! ». Il a alors pensé à François d’Assise, qui a voué sa vie à la lutte contre la pauvreté. « Je voudrais une Eglise pauvre, pour les pauvres », a-t-il déclaré en guise de programme. Avant d’ajouter: « François est le nom de la paix, et c’est ainsi que ce nom est venu dans mon coeur ».   Pourtant, les cardinaux lui ont soufflé d’autres noms. « Tu devrais t’appeler Adrien, parce qu’Adrien, c’est le réformateur, et on a besoin de réformer! », lui déclare l’un des prélats. Un autre lui a soufflé – non sans humour – le nom de Clément XVI, pied de nez à Clément XV qui supprima la Compagnie de Jésus, la congrégation jésuite à laquelle appartient le nouveau souverain pontife.

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La devise choisie par le nouveau souverain pontife va dans le vif du sujet: «Miserando atque Eligendo», autrement dit «En ayant pitié et en choisissant». Dès sa première apparition publique, le pape François a tenu à affirmer sa simplicité: nulle croix pectorale, aucune pèlerine rouge, mais un simple habit blanc. La tenue du nouveau souverain pontife n’est pas la seule à signifier l’humilité, puisque ses premiers gestes et paroles ont aussi reflété un tel état d’esprit et de cœur. Premier pape latino-américain, premier jésuite, premier pape à opter pour le prénom de François hautement symbolique dans l’histoire de la chrétienté, Jorge Mario Bergoglio ne craint manifestement pas d’emprunter de nouveaux chemins. Quant à Benoît XVI, il avait, pour sa part, choisi la devise latine «Ut cooperatores simus veritatis»  (3Jo 1. 8), qui fut traduite par «Nous devons servir de cette manière que nous soyons coopérateurs de la vérité».

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Le Patriarche Oecuménique Bartholomée a adressé ses félicitations (en anglais) au nouveau pape élu François. Le patriarche espère que le nouveau pontificat verra « la continuation de notre voyage vers la réconciliation et la consolidation du dialogue vers l’unité comme Églises sœurs ». Le Patriarche Oecuménique Bartholomée a assisté à la messe d’intronisation du nouveau pape. Il était accompagné des Métropolites Gennadios d’Italie, Jean (Zizioulas) de Pergame et Tarasios d’Argentine. Pour la première fois un patriarche oecuménique a assisté à cette messe ce qui est « un signe important pour l’unité des chrétiens ». L’oecuménisme est pour le Patriarcat Oecuménique une priorité!Le président du Comité central du Conseil œcuménique des Églises (COE), le pasteur Walter Altmann, pasteur luthérien du Brésil, voit dans l’élection du pape François Ier la manifestation d’un «tournant dans le christianisme». «Au cours des dernières décennies, il y a eu un déplacement radical du christianisme mondial en direction du Sud. L’élection d’un pape argentin reflète cette réalité nouvelle, même si la plupart des cardinaux viennent du Nord», a indiqué le pasteur Altmann. «J’espère que son mandat sera caractérisé par une coopération et un dialogue œcuméniques intenses et profonds», a-t-il ajouté.

Aussi le président de l’EIIR, l’Evêque Athénagoras de Sinope (Patriarcat Oecuménique), a envoyé des félicitations à l’occasion de l’élection du Pape François, tout en demandant de prier tous ensemble « que Dieu lui accorde beaucoup de grâce et force pour l’accomplissement de cette lourde tâche et pour le bien du christianisme tout entier »!

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LA PROCHAINE RENCONTRE A ASSISE EN ITALIE (JUILLET 2014)

28 janvier 2013

35e RENCONTRE DE L’EIIR

‘DOMUS LAETITIAE’ A ASSISE (ITALIE)

12 – 18 juillet 2014


THEME: « APPELES A LA SAINTETE – Le ciel est en vous. Soyez le ciel pour vos contemporains ».

Avec conférences:

  • Assise, lieu de pèlerinage
  • Le lien spirituel entre Saint François et Sainte Claire
  • La communion des saints (table ronde)
  • Saints pour tous
  • Témoins de la foi jusqu’à la croix (table ronde)
  • Sainteté et oecuménisme
  • Le nuage des témoins (témoignages sur des personnes saintes)
  • Lecto Divina


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ASSISE – LIEU DE PELERINAGE

stfrancis6wpLa ville médiévale d’Assise, lieu natal de Saint François, fondateur de l’ordre religieux des frères mineurs (ou ordre des franciscains), est inscrite depuis l’an 2000 dans la liste des sites UNESCO classés au «Patrimoine Mondial de l’Humanité».

En plus d’être la ville des Saints, Saint François et Sainte Claire et symbole de  leurs messages de paix, Assise est aussi une localité très accueillante et elle exprime au mieux l’esprit d’accueil des italiens. Architectes, constructeurs et tailleurs de pierres ont conféré à la ville d’Assise une physionomie incomparable. Cela dit, c’est sans aucun doute la figure de Saint François, le Saint qui parlait aux animaux, qui à marqué cet endroit et son destin, lui confèrent une place dans l’histoire. Au Saint est dédié le monument le plus important d’Assise: la Basilique de Saint François qui se compose de deux églises (l’Eglise Inférieure et l’Eglise Supérieure) et d’une crypte, creusée en 1818. Dans ces lieux est conservée la tombe du Saint, un simple sarcophage posé sur la (vive) roche nue.

 

Photos de la visite d’exploration à Assise (janvier 2013)

 

BASILICA OF ST. FRANCIS PICTURED IN ASSISI

EMISSION RADIO AVEC LE PERE BENOIT STANDAERT, osb

25 janvier 2013

En juillet 2012 s’est tenu à Pomeyrol, dans le midi de la France, la 34e Rencontre Interconfessionnelle de notre Association, dont le but est de se rencontrer et de vivre ensemble l’espérance de l’Unité.  Ce fut une semaine de prière commune, de rencontres fraternelles, d’enseignements et d’échanges.  Les organisateurs avaient sollicité l’accueil de la Communauté Protestante de Pomeyrol à proximité de la ville de Tarascon.

Benoit_StandaertLe thème de cette Rencontre était “Ecoute, Dieu nous parle ! La parole de Dieu pour la vie du monde”. Celle-ci rassemblait cette année une septantaine de participant-es, issus d’une grande diversité de pays, de confessions et de cultures.

C’est une joie d’avoir, à cette émission, le père Benoit Standaert, qui est moine de l’abbaye bénédictine de Saint-André à Bruges. Bibliste et théologien, il a enseigné à Rome, à Jérusalem, mais aussi en Inde. Il a passé de longues années à la rencontre des traditions spirituelles et monastiques du monde entier. Aujourd’hui il vit comme ermite.

ECOUTEZ ICI L’EMISSION: UNIS AUTOUR DE LA PAROLE

C’est à la fin de la semaine internationale pour l’unité des chrétiens que nous vous proposons cette émission. Au moins une fois par année de nombreux chrétiens prennent conscience qu’il existe des manières très diverses d’adorer Dieu. Les coeurs sont ainsi touchés et les gens constatent que la diversité ecclésiale est une richesse à partager.

CHANGEMENT DU BUREAU DE L’EIIR

8 novembre 2012

Lors de la scéance plénière de la Rencontre 2012, à Pomeyrol, le Comité Organisateur a proposé la candidature de Soeur Bénédicte Girard, comme secrétaire-adjointe, en remplacement du Pasteur Jean-Arnold de Clermont. Celui-ci avait accepté cette responsabilité pour 2010-2012 et présentait sa démission. L’Assemblée des participants a donné son accord unanime pour intégrer Soeur Bénédicte au Comité Organisateur pour une durée de 2 ans.

Soeur Bénédicte, de nationalité française, fait partie de la Communauté Protestante des Diaconesses de Reuilly-Versailles. Engagée dans le Mouvement Oecuménique depuis de nombreuses années, elle a participé à plusieurs de nos Rencontres EIIR, dont celle de Rila-Bulgarie 2010, et y fût fort appréciée de tous.

LA 34e RENCONTRE A POMEYROL: «ECOUTE, DIEU NOUS PARLE ! LA PAROLE DE DIEU POUR LA VIE DU MONDE»

19 juillet 2012

La 34e Rencontre de l’Association internationale et interconfessionnelle de religieux et religieuses a eu lieu à la Communauté de Pomeyrol (France), du 12 au 18 juillet 2012. Bercés par le chant des cigales, à l’abri des grands pins du parc, dans la belle lumière inspiratrice des paysages de Van Gogh et la douceur du climat, les quelques 70 participants venant des Eglises et communautés catholiques, orthodoxes et protestantes, et de 12 pays (Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Italie, Pologne, Roumanie, Suisse, Tchéquie et Ukraine) ont vécu une semaine intense sur le thème de l’écoute de la Parole.

Durant ces quelques jours bénis nous avons participé au rythme de la vie de cette petite Communauté protestante de Pomeyrol (au sud d’Avignon), dont la vocation est la prière pour l’unité des chrétiens. Trois offices quotidiens, matin, midi et soir. Et celui des Complies qui conclut la journée. A la fin de chaque petit déjeuner, la lecture de la Règle de la Communauté nous introduit merveilleusement au thème de la Rencontre : la Parole de Dieu vivifiante :

«Prie et travaille pour qu’Il règne! Que dans ta journée, labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu! Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ! Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes: Joie, simplicité, miséricorde»!

Mgr Athénagoras Peckstadt, évêque orthodoxe du Patriarcat Œcuménique en Belgique et président de l’Association, introduit la Rencontre en remarquant qu’il s’agit d’un thème qui convient à tous les chrétiens.  «La Parole de Dieu, les Evangiles, nous donnent la direction pour cheminer vers Dieu» (CLIQUEZ ICI pour l’allocution du président). La prieure de Pomeyrol, Sœur Danièlesouhaite la bienvenue: «Vous voir ici est un avant-goût de la fête de la Transfiguration. Ces Rencontres sont un véritable tremplin de communion et nous poussent à dire que l’un sans l’autre nous ne pouvons rien».

La Parole, Perle précieuse

Un message du patriarche œcuménique Bartholomée est ensuite lu par le président: «L’homme moderne ne cherche pas dans les monastères des activités philanthropiques, mais la communion vivante avec la Parole de Dieu. Là, le logos humain est inutile, car Dieu y parle et on l’écoute. La Parole est la Perle précieuse qui nous fait trouver la paix». (CLIQUEZ ICI pour le message du patriarche).

Suivent des messages du Service des moniales en France et de la Conférence des religieux et religieuses de France: «Les moines sont serviteurs de la Parole de Dieu, ils ont à faire entendre ce que l’Esprit dit aux Eglises. Les communautés se doivent d’être des laboratoires œcuméniques… L’accueil des personnes doit toujours l’emporter sur le jugement des idées… L’unification de l’être passe par la rencontre».

Ecouter la Parole

Le premier exposé a été confié au pasteur Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l’Eglise réformée de France. Il rappelle que ce thème «Ecoute, Dieu nous parle» a été choisi par son Eglise suite à sa fusion avec l’Eglise luthérienne de France: «Devant l’ampleur des questions administratives, un retour à la source s’est fait sentir de manière impérative».

«Ecoute»: le peuple de Dieu devient peuple en écoutant dans le désert. Jésus appelle à l’écoute. L’Eglise est créature de la Parole.

«Dieu nous parle»: le nous indique l’importance du partage. Il s’agit de se mettre les uns à côté des autres pour écouter. Mais dans une société sécularisée et abasourdie de bruit, la question se pose : comment écouter Dieu aujourd’hui ?

Comme le prophète Jonas, on peut réagir à la Parole en ne lui faisant pas confiance. Or pour pouvoir écouter, il faut le silence. L. Schlumberger le souligne : « Le silence est la condition et l’essentiel de la Parole ». Il faut aussi du temps : «L’homme trop pressé n’a pas de disponibilité. C’est le sens du sabbat. Parfois il faut une panne pour que la parole de Dieu déploie son impact».

Le pasteur Schlumberger estime que «la lecture communautaire est la voie royale pour redécouvrir la lecture de la Bible. La plupart des textes ont été écrits pour être lus ensemble. Dans une telle lecture, on découvre qu’il y a des trésors insoupçonnés dans la vie de chacun».

Prier la Parole : la Lectio divina

Lire ensemble les Ecritures, c’est ce que trois lectio divina communautaires ont permis de vivre. Elles ont été animées par deux membres de l’Ecole de la Parole, le Père Rolf Zumthurm, prêtre dans le diocèse de Sion et le pasteur Martin Hoegger, pasteur de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud. L’Ecole de la Parole s’inspire de la « Scuola della Parola » du Cardinal Martini, bibliste et ancien archevêque de Milan. En Suisse romande, cette forme de lectio communautaire a été dès le début œcuménique. Les trois textes proposés ont été tirés de la brochure de cette année sur l’Evangile de Jean : à savoir le Prologue, la rencontre avec les premiers disciples et Jésus à Cana.

 Ces précieux moments ont permis de vivre ce qui était dit durant les conférences. Ainsi la forme n’a pas été séparée du fond : invocation de l’Esprit saint, écoute profonde de la Parole dans le silence, partage de la vie à la lumière de l’Evangile, prière en réponse à la visite du Verbe.

La protestation de la Parole

P. Grégoire Papathomas, archimandrite et professeur de théologie à l’Université d’Athènes et à l’Institut Saint Serge à Paris, donne la deuxième conférence de la Rencontre sur le thème Monachisme et Sécularisation.

Après l’édit de Milan en 313, année clé dont nous célébrons les 1700 ans l’année prochaine, les persécutions ont cessé, mais un relâchement s’est fait sentir dans l’Eglise. C’est alors qu’est né le monachisme afin de maintenir l’orientation eschatologique de l’Eglise. C’est «sa seule et unique raison», car «la sécularisation est une menace permanente de l’Eglise et même du Monachisme». Les moines transformèrent alors «le martyre du sang» du temps des persécutions en un «martyre de la conscience».

Face à la tendance de la société post-moderne qui marche vers une coupure totale de la communion avec Dieu, la réponse des chrétiens est de revenir à la Parole de Dieu. «Le chrétien croit en la Vérité révélée. Grâce à cette foi, il est convaincu de la vie eschatologique…Il espère et il attend et cet espoir ne faiblit pas».

Cela tous les chrétiens sont appelés à le vivre, mais en particulier le monachisme, qui est une protestation contre toute sorte de sécularisation. Il sait que le Royaume de Dieu est proche parce que le Christ ressuscité est parmi nous.

La Parole qui élargit

Au soir de ce samedi 14 juillet, nous nous retrouvons dans l’église de Saint-Etienne-du-Grès autour de l’archevêque du diocèse d’Aix en Provence, Mgr Christophe Dufour, qui lit la salutation des évêques de France. Dans son homélie il médite sur la prière du début de la lettre aux Ephésiens : Béni soit le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Il y découvre une fascinante vision: «Autour de cette vision du Christ comme point focal de l’histoire nous sommes un ! Si nous sommes divisés, la vision se brouille. La vision ne peut supporter la division sans s’effacer. Mais aucun, à lui seul, ne peut embrasser cette vision d’un regard qui soit total. Chacun a besoin des autres pour élargir le champ de sa vision».

L’après-midi nous écoutons Taras Dmytryk qui présente le travail de l’Institut d’études œcuméniques de l’Université catholique de Lviv, en Ukraine. Un travail important dans un contexte œcuménique plein de défis.

La lumière de la Parole

Tôt le dimanche matin, nous nous retrouvons dans la magnifique église romane de Saint Gabriel, à quelques pas de Pomeyrol. Pendant une heure et demie, sous la présidence du métropolite Stéphanos de Tallinn et de l’Estonie en concélébration avec l’évêque Athénagoras de Sinope et 4 prêtres, nous vivons une très belle liturgie orthodoxe dans cette chapelle aux murs nus, illuminée par des bougies et un rayon de soleil, éclairée par les icônes, et habitée par des chants en grec, roumain et français.

Le Père Syméon, supérieur du monastère de Saint Silouane, près du Mans (France), donne ce commentaire de l’Evangile: «Vous êtes la lumière du monde». «Pourquoi le Seigneur nous dit-il que nous sommes la lumière du monde, alors que la lumière c’est Lui ? La réponse est donnée à la fin de ce texte : nous sommes la lumière à condition de suivre ses commandements. Ils sont simples : «tu aimeras le Seigneur et ton prochain comme toi-même.». Pour être cette lumière, il nous faut donc aimer».

La radicalité de la Parole: Mérindol et les Vaudois

Après le petit déjeuner, départ pour Mérindol, dans le Lubéron, où le pasteur Horst Decker nous présente le Mouvement vaudois né au 12e siècle, qui se caractérisait par un fort attachement au texte biblique, en particulier au Sermon sur la montagne. Au 16e siècle, les Vaudois se rallièrent à la Réforme protestante. Mais les persécutions commencèrent et conduisirent à la destruction du village. Puis à sa reconstruction. Pendant la période qui a suivi la révocation de l’Edit de Nantes, la plupart des protestants pratiquèrent leur foi en cachette. Aujourd’hui la moitié du village est attachée à la foi protestante.

Qu’est-ce qui subsiste du témoignage des Vaudois dans cette région, se demande le vice-président de l’Association sur l’histoire des Vaudois du Lubéron, également diacre dans l’Eglise catholique? «Le fait d’approfondir leur message m’a aidé à retrouver les racines de ma foi. Cela m’a aussi ouvert à l’œcuménisme. Les Vaudois étaient attachés à la radicalité de l’Evangile, à le prêcher et à la liberté de conscience. Ils restaient attachés à leur Eglise, mais suivaient leur chemin. Ce sont des valeurs essentielles pour l’œcuménisme».


Vivre la Parole au quotidien: le Monastère de Sénanque

Après un repas fraternel dans un restaurant de Mérindol, nous visitons l’Abbaye de Sénanque, aux formes harmonieuses, qui se dresse fièrement, depuis plus de 850 ans, dans son vallon au milieu des lavandes en fleur. Frère Jean-Marie, son prieur, nous accueille et nous explique l’histoire de l’Abbaye et sa vie monastique: «Environ 300.000 personnes passent par l’abbaye. Cette réalité contraste avec la vie solitaire et d’union avec Dieu que cherchent les moines. Mais ils sont appelés à vivre ce contraste. En fait, il n’y a que deux choix possibles : soit fuir, soit accepter la réalité. Nous avons choisi de rester. C’est une occasion unique d’entrer en relation et de témoigner de notre vocation. Nous essayons de vivre de la Parole au quotidien par la prière continuelle et la lectio divina. C’est l’essentiel : rejoindre les gens au plus profond de leur être».

La Parole, ferment d’une vie

Le lendemain matin, nous reprenons l’approfondissement de notre thème de la Parole de Dieu pour la vie du monde, avec un témoin exceptionnel qui a cherché, sa vie durant, que la Parole de Dieu soit inspiratrice et critique: Michel Camdessus, ancien directeur de la Banque de France, du FMI et membre du gouvernement.

Celui-ci nous confie: «C’est l’occasion d’un retour sur ma vie et d’y découvrir les traces de la Parole…. J’ai appris à l’écouter dans les aumôneries d’étudiants. Trois dons m’ont été faits: le goût de la Parole, le sens de la communion avec les hommes et l’ouverture à leurs besoins».

Ce goût de la Parole l’a aidé à considérer le service de l’Etat comme un service à la communion. «Le monde du service public n’est pas facile : hostilités, inerties, incompréhensions, recherche de repères éthiques. L’Evangile ne donne pas de réponses directes, mais l’enseignement social chrétien m’a aidé à découvrir un trésor de références, comme de mettre au centre la personne humaine, la famille en tant que cellule fondamentale de la société, l’économie et la finance comme service, l’option préférentielle pour les pauvres… »

Après avoir proposé sept principes d’hygiène spirituelle, M. Camdessus conclut : «La Parole a été le ferment et l’instance critique de ma vie. Cette parole du prophète Michée m’a fait vivre: «On t’a fait savoir ce qui est bien, rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu» (Mich. 6,8).

L’âpreté de la Parole !

A la fin de cette journée, nous nous retrouvons dans la chapelle de Pomeyrol pour la célébration de la Sainte Cène. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, membre du comité de l’Association, la célèbre en apportant une méditation sur le « Soyez toujours joyeux » de Saint Paul (Philippiens 4,3). « Comment recevoir une telle parole, se demande-t-il ? Avec l’insouciance de la jeunesse, avec le grand âge, où chaque jour nouveau est une grâce ? Mais avec la perte d’un frère sauvagement assassiné ? Avec le poids d’un monde injuste où des multitudes d’hommes et de femmes n’ont pas d’eau pour se rafraîchir ?…Non, Seigneur…ou au moins non, Paul, je ne peux pas être toujours joyeux…Je veux pourtant recevoir cette Parole. Toute la Parole est pour moi, même si elle me révolte…Il n’y a pas d’autre issue que d’apprendre à être joyeux, de se savoir « appartenir au Seigneur ». Hier, avant que je sois né ! Demain, quand tout sera récapitulé dans son amour ! …»

Unis autour de la Parole?

Le Père Benoît Standaert, bénédictin de l’Abbaye Saint-André à Bruges (Belgique) et bibliste renommé, donne la dernière conférence : «Unis autour de la Parole ?» Il faut souligner le point d’interrogation, car on lui a demandé de traiter de sujets controversés tels l’inspiration, la tradition et la régulation dans la vie ecclésiale.

Mais avant de les aborder, il tient à souligner tout ce qui nous unit. D’abord la lecture priante des Ecritures, qui nourrissent notre rencontre avec Dieu. Il appelle à retrouver l’esprit de la lectio divina selon la maxime patristique: «Quand tu lis il te parle ; quand tu pries tu lui parles».

Il invite aussi à la lecture « à grande enjambée » d’année en année : «Cette pratique nous rapproche les uns les autres et de nos racines juives. Plus nous sommes proches de nos racines plus nous sommes proches les uns des autres : C’est une de mes rares convictions…car plus j’avance, moins j’en ai, mais plus elles s’approfondissent ». Pour cela, un renouveau du lectionnaire est nécessaire.

La place nous manque pour rendre compte de la richesse de sa réflexion. Nous renvoyons au site internet de l’Association qui a mis en ligne sa conférence.

Sa dernière question nous fait réfléchir. Comme Jésus est mort en prononçant des mots de l’Ecriture : «Père entre tes mains je remets mon Esprit» (Ps 31,6) ; «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné» ? (Ps 22,1), quel est le verset de l’Ecriture dans lequel nous allons mourir? « Notre vie est-elle autre chose qu’un entraînement continu à bien lire «de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre intelligence et de toutes nos forces?»

Sa conclusion peut aussi être celle de ces beaux jours où nous avons fait l’expérience de la force vivifiante de communion de la Parole de Dieu : « Le point d’interrogation qu’on m’a proposé comme titre de ma conférence – «Unis autour de la Parole » ? – n’est pas juste. Nous sommes tous sous la Parole et cela nous unit. Cela devrait être notre commune conviction ; nous pouvons croître ensemble sous la Parole». Le mardi 17 juillet, séance plénière pour l’évaluation de la Rencontre par les participant(e)s. Beaucoup relevèrent le positif des échanges, la qualité des conférenciers et l’accueil si fraternel des Soeurs de Pomeyrol.

Martin Hoegger, Le Mont sur Lausanne   –   martin.hoegger@eerv.ch

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LE BULLETIN ‘EIIR NEWS’ N°12 (2012)

14 février 2012

Bulletin ‘EIIR NEWS’ à propos de la dernière Rencontre qui s’est tenue à Rila en Bulgarie au mois de juillet 2010.

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