Archive for the ‘RENCONTRES’ Category

LA PROCHAINE RENCONTRE A ASSISE EN ITALIE (JUILLET 2014)

28 janvier 2013

35e RENCONTRE DE L’EIIR

‘DOMUS LAETITIAE’ A ASSISE (ITALIE)

12 – 18 juillet 2014


THEME: « APPELES A LA SAINTETE – Le ciel est en vous. Soyez le ciel pour vos contemporains ».

Avec conférences:

  • Assise, lieu de pèlerinage
  • Le lien spirituel entre Saint François et Sainte Claire
  • La communion des saints (table ronde)
  • Saints pour tous
  • Témoins de la foi jusqu’à la croix (table ronde)
  • Sainteté et oecuménisme
  • Le nuage des témoins (témoignages sur des personnes saintes)
  • Lecto Divina


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ASSISE – LIEU DE PELERINAGE

stfrancis6wpLa ville médiévale d’Assise, lieu natal de Saint François, fondateur de l’ordre religieux des frères mineurs (ou ordre des franciscains), est inscrite depuis l’an 2000 dans la liste des sites UNESCO classés au «Patrimoine Mondial de l’Humanité».

En plus d’être la ville des Saints, Saint François et Sainte Claire et symbole de  leurs messages de paix, Assise est aussi une localité très accueillante et elle exprime au mieux l’esprit d’accueil des italiens. Architectes, constructeurs et tailleurs de pierres ont conféré à la ville d’Assise une physionomie incomparable. Cela dit, c’est sans aucun doute la figure de Saint François, le Saint qui parlait aux animaux, qui à marqué cet endroit et son destin, lui confèrent une place dans l’histoire. Au Saint est dédié le monument le plus important d’Assise: la Basilique de Saint François qui se compose de deux églises (l’Eglise Inférieure et l’Eglise Supérieure) et d’une crypte, creusée en 1818. Dans ces lieux est conservée la tombe du Saint, un simple sarcophage posé sur la (vive) roche nue.

Photos de la visite d’exploration à Assise (janvier 2013)

BASILICA OF ST. FRANCIS PICTURED IN ASSISI

LA 34e RENCONTRE A POMEYROL: «ECOUTE, DIEU NOUS PARLE ! LA PAROLE DE DIEU POUR LA VIE DU MONDE»

19 juillet 2012

La 34e Rencontre de l’Association internationale et interconfessionnelle de religieux et religieuses a eu lieu à la Communauté de Pomeyrol (France), du 12 au 18 juillet 2012. Bercés par le chant des cigales, à l’abri des grands pins du parc, dans la belle lumière inspiratrice des paysages de Van Gogh et la douceur du climat, les quelques 70 participants venant des Eglises et communautés catholiques, orthodoxes et protestantes, et de 12 pays (Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Italie, Pologne, Roumanie, Suisse, Tchéquie et Ukraine) ont vécu une semaine intense sur le thème de l’écoute de la Parole.

Durant ces quelques jours bénis nous avons participé au rythme de la vie de cette petite Communauté protestante de Pomeyrol (au sud d’Avignon), dont la vocation est la prière pour l’unité des chrétiens. Trois offices quotidiens, matin, midi et soir. Et celui des Complies qui conclut la journée. A la fin de chaque petit déjeuner, la lecture de la Règle de la Communauté nous introduit merveilleusement au thème de la Rencontre : la Parole de Dieu vivifiante :

«Prie et travaille pour qu’Il règne! Que dans ta journée, labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu! Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ! Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes: Joie, simplicité, miséricorde»!

Mgr Athénagoras Peckstadt, évêque orthodoxe du Patriarcat Œcuménique en Belgique et président de l’Association, introduit la Rencontre en remarquant qu’il s’agit d’un thème qui convient à tous les chrétiens.  «La Parole de Dieu, les Evangiles, nous donnent la direction pour cheminer vers Dieu» (CLIQUEZ ICI pour l’allocution du président). La prieure de Pomeyrol, Sœur Danièlesouhaite la bienvenue: «Vous voir ici est un avant-goût de la fête de la Transfiguration. Ces Rencontres sont un véritable tremplin de communion et nous poussent à dire que l’un sans l’autre nous ne pouvons rien».

La Parole, Perle précieuse

Un message du patriarche œcuménique Bartholomée est ensuite lu par le président: «L’homme moderne ne cherche pas dans les monastères des activités philanthropiques, mais la communion vivante avec la Parole de Dieu. Là, le logos humain est inutile, car Dieu y parle et on l’écoute. La Parole est la Perle précieuse qui nous fait trouver la paix». (CLIQUEZ ICI pour le message du patriarche).

Suivent des messages du Service des moniales en France et de la Conférence des religieux et religieuses de France: «Les moines sont serviteurs de la Parole de Dieu, ils ont à faire entendre ce que l’Esprit dit aux Eglises. Les communautés se doivent d’être des laboratoires œcuméniques… L’accueil des personnes doit toujours l’emporter sur le jugement des idées… L’unification de l’être passe par la rencontre».

Ecouter la Parole

Le premier exposé a été confié au pasteur Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l’Eglise réformée de France. Il rappelle que ce thème «Ecoute, Dieu nous parle» a été choisi par son Eglise suite à sa fusion avec l’Eglise luthérienne de France: «Devant l’ampleur des questions administratives, un retour à la source s’est fait sentir de manière impérative».

«Ecoute»: le peuple de Dieu devient peuple en écoutant dans le désert. Jésus appelle à l’écoute. L’Eglise est créature de la Parole.

«Dieu nous parle»: le nous indique l’importance du partage. Il s’agit de se mettre les uns à côté des autres pour écouter. Mais dans une société sécularisée et abasourdie de bruit, la question se pose : comment écouter Dieu aujourd’hui ?

Comme le prophète Jonas, on peut réagir à la Parole en ne lui faisant pas confiance. Or pour pouvoir écouter, il faut le silence. L. Schlumberger le souligne : « Le silence est la condition et l’essentiel de la Parole ». Il faut aussi du temps : «L’homme trop pressé n’a pas de disponibilité. C’est le sens du sabbat. Parfois il faut une panne pour que la parole de Dieu déploie son impact».

Le pasteur Schlumberger estime que «la lecture communautaire est la voie royale pour redécouvrir la lecture de la Bible. La plupart des textes ont été écrits pour être lus ensemble. Dans une telle lecture, on découvre qu’il y a des trésors insoupçonnés dans la vie de chacun».

Prier la Parole : la Lectio divina

Lire ensemble les Ecritures, c’est ce que trois lectio divina communautaires ont permis de vivre. Elles ont été animées par deux membres de l’Ecole de la Parole, le Père Rolf Zumthurm, prêtre dans le diocèse de Sion et le pasteur Martin Hoegger, pasteur de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud. L’Ecole de la Parole s’inspire de la « Scuola della Parola » du Cardinal Martini, bibliste et ancien archevêque de Milan. En Suisse romande, cette forme de lectio communautaire a été dès le début œcuménique. Les trois textes proposés ont été tirés de la brochure de cette année sur l’Evangile de Jean : à savoir le Prologue, la rencontre avec les premiers disciples et Jésus à Cana.

 Ces précieux moments ont permis de vivre ce qui était dit durant les conférences. Ainsi la forme n’a pas été séparée du fond : invocation de l’Esprit saint, écoute profonde de la Parole dans le silence, partage de la vie à la lumière de l’Evangile, prière en réponse à la visite du Verbe.

La protestation de la Parole

P. Grégoire Papathomas, archimandrite et professeur de théologie à l’Université d’Athènes et à l’Institut Saint Serge à Paris, donne la deuxième conférence de la Rencontre sur le thème Monachisme et Sécularisation.

Après l’édit de Milan en 313, année clé dont nous célébrons les 1700 ans l’année prochaine, les persécutions ont cessé, mais un relâchement s’est fait sentir dans l’Eglise. C’est alors qu’est né le monachisme afin de maintenir l’orientation eschatologique de l’Eglise. C’est «sa seule et unique raison», car «la sécularisation est une menace permanente de l’Eglise et même du Monachisme». Les moines transformèrent alors «le martyre du sang» du temps des persécutions en un «martyre de la conscience».

Face à la tendance de la société post-moderne qui marche vers une coupure totale de la communion avec Dieu, la réponse des chrétiens est de revenir à la Parole de Dieu. «Le chrétien croit en la Vérité révélée. Grâce à cette foi, il est convaincu de la vie eschatologique…Il espère et il attend et cet espoir ne faiblit pas».

Cela tous les chrétiens sont appelés à le vivre, mais en particulier le monachisme, qui est une protestation contre toute sorte de sécularisation. Il sait que le Royaume de Dieu est proche parce que le Christ ressuscité est parmi nous.

La Parole qui élargit

Au soir de ce samedi 14 juillet, nous nous retrouvons dans l’église de Saint-Etienne-du-Grès autour de l’archevêque du diocèse d’Aix en Provence, Mgr Christophe Dufour, qui lit la salutation des évêques de France. Dans son homélie il médite sur la prière du début de la lettre aux Ephésiens : Béni soit le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Il y découvre une fascinante vision: «Autour de cette vision du Christ comme point focal de l’histoire nous sommes un ! Si nous sommes divisés, la vision se brouille. La vision ne peut supporter la division sans s’effacer. Mais aucun, à lui seul, ne peut embrasser cette vision d’un regard qui soit total. Chacun a besoin des autres pour élargir le champ de sa vision».

L’après-midi nous écoutons Taras Dmytryk qui présente le travail de l’Institut d’études œcuméniques de l’Université catholique de Lviv, en Ukraine. Un travail important dans un contexte œcuménique plein de défis.

La lumière de la Parole

Tôt le dimanche matin, nous nous retrouvons dans la magnifique église romane de Saint Gabriel, à quelques pas de Pomeyrol. Pendant une heure et demie, sous la présidence du métropolite Stéphanos de Tallinn et de l’Estonie en concélébration avec l’évêque Athénagoras de Sinope et 4 prêtres, nous vivons une très belle liturgie orthodoxe dans cette chapelle aux murs nus, illuminée par des bougies et un rayon de soleil, éclairée par les icônes, et habitée par des chants en grec, roumain et français.

Le Père Syméon, supérieur du monastère de Saint Silouane, près du Mans (France), donne ce commentaire de l’Evangile: «Vous êtes la lumière du monde». «Pourquoi le Seigneur nous dit-il que nous sommes la lumière du monde, alors que la lumière c’est Lui ? La réponse est donnée à la fin de ce texte : nous sommes la lumière à condition de suivre ses commandements. Ils sont simples : «tu aimeras le Seigneur et ton prochain comme toi-même.». Pour être cette lumière, il nous faut donc aimer».

La radicalité de la Parole: Mérindol et les Vaudois

Après le petit déjeuner, départ pour Mérindol, dans le Lubéron, où le pasteur Horst Decker nous présente le Mouvement vaudois né au 12e siècle, qui se caractérisait par un fort attachement au texte biblique, en particulier au Sermon sur la montagne. Au 16e siècle, les Vaudois se rallièrent à la Réforme protestante. Mais les persécutions commencèrent et conduisirent à la destruction du village. Puis à sa reconstruction. Pendant la période qui a suivi la révocation de l’Edit de Nantes, la plupart des protestants pratiquèrent leur foi en cachette. Aujourd’hui la moitié du village est attachée à la foi protestante.

Qu’est-ce qui subsiste du témoignage des Vaudois dans cette région, se demande le vice-président de l’Association sur l’histoire des Vaudois du Lubéron, également diacre dans l’Eglise catholique? «Le fait d’approfondir leur message m’a aidé à retrouver les racines de ma foi. Cela m’a aussi ouvert à l’œcuménisme. Les Vaudois étaient attachés à la radicalité de l’Evangile, à le prêcher et à la liberté de conscience. Ils restaient attachés à leur Eglise, mais suivaient leur chemin. Ce sont des valeurs essentielles pour l’œcuménisme».


Vivre la Parole au quotidien: le Monastère de Sénanque

Après un repas fraternel dans un restaurant de Mérindol, nous visitons l’Abbaye de Sénanque, aux formes harmonieuses, qui se dresse fièrement, depuis plus de 850 ans, dans son vallon au milieu des lavandes en fleur. Frère Jean-Marie, son prieur, nous accueille et nous explique l’histoire de l’Abbaye et sa vie monastique: «Environ 300.000 personnes passent par l’abbaye. Cette réalité contraste avec la vie solitaire et d’union avec Dieu que cherchent les moines. Mais ils sont appelés à vivre ce contraste. En fait, il n’y a que deux choix possibles : soit fuir, soit accepter la réalité. Nous avons choisi de rester. C’est une occasion unique d’entrer en relation et de témoigner de notre vocation. Nous essayons de vivre de la Parole au quotidien par la prière continuelle et la lectio divina. C’est l’essentiel : rejoindre les gens au plus profond de leur être».

La Parole, ferment d’une vie

Le lendemain matin, nous reprenons l’approfondissement de notre thème de la Parole de Dieu pour la vie du monde, avec un témoin exceptionnel qui a cherché, sa vie durant, que la Parole de Dieu soit inspiratrice et critique: Michel Camdessus, ancien directeur de la Banque de France, du FMI et membre du gouvernement.

Celui-ci nous confie: «C’est l’occasion d’un retour sur ma vie et d’y découvrir les traces de la Parole…. J’ai appris à l’écouter dans les aumôneries d’étudiants. Trois dons m’ont été faits: le goût de la Parole, le sens de la communion avec les hommes et l’ouverture à leurs besoins».

Ce goût de la Parole l’a aidé à considérer le service de l’Etat comme un service à la communion. «Le monde du service public n’est pas facile : hostilités, inerties, incompréhensions, recherche de repères éthiques. L’Evangile ne donne pas de réponses directes, mais l’enseignement social chrétien m’a aidé à découvrir un trésor de références, comme de mettre au centre la personne humaine, la famille en tant que cellule fondamentale de la société, l’économie et la finance comme service, l’option préférentielle pour les pauvres… »

Après avoir proposé sept principes d’hygiène spirituelle, M. Camdessus conclut : «La Parole a été le ferment et l’instance critique de ma vie. Cette parole du prophète Michée m’a fait vivre: «On t’a fait savoir ce qui est bien, rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu» (Mich. 6,8).

L’âpreté de la Parole !

A la fin de cette journée, nous nous retrouvons dans la chapelle de Pomeyrol pour la célébration de la Sainte Cène. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, membre du comité de l’Association, la célèbre en apportant une méditation sur le « Soyez toujours joyeux » de Saint Paul (Philippiens 4,3). « Comment recevoir une telle parole, se demande-t-il ? Avec l’insouciance de la jeunesse, avec le grand âge, où chaque jour nouveau est une grâce ? Mais avec la perte d’un frère sauvagement assassiné ? Avec le poids d’un monde injuste où des multitudes d’hommes et de femmes n’ont pas d’eau pour se rafraîchir ?…Non, Seigneur…ou au moins non, Paul, je ne peux pas être toujours joyeux…Je veux pourtant recevoir cette Parole. Toute la Parole est pour moi, même si elle me révolte…Il n’y a pas d’autre issue que d’apprendre à être joyeux, de se savoir « appartenir au Seigneur ». Hier, avant que je sois né ! Demain, quand tout sera récapitulé dans son amour ! …»

Unis autour de la Parole?

Le Père Benoît Standaert, bénédictin de l’Abbaye Saint-André à Bruges (Belgique) et bibliste renommé, donne la dernière conférence : «Unis autour de la Parole ?» Il faut souligner le point d’interrogation, car on lui a demandé de traiter de sujets controversés tels l’inspiration, la tradition et la régulation dans la vie ecclésiale.

Mais avant de les aborder, il tient à souligner tout ce qui nous unit. D’abord la lecture priante des Ecritures, qui nourrissent notre rencontre avec Dieu. Il appelle à retrouver l’esprit de la lectio divina selon la maxime patristique: «Quand tu lis il te parle ; quand tu pries tu lui parles».

Il invite aussi à la lecture « à grande enjambée » d’année en année : «Cette pratique nous rapproche les uns les autres et de nos racines juives. Plus nous sommes proches de nos racines plus nous sommes proches les uns des autres : C’est une de mes rares convictions…car plus j’avance, moins j’en ai, mais plus elles s’approfondissent ». Pour cela, un renouveau du lectionnaire est nécessaire.

La place nous manque pour rendre compte de la richesse de sa réflexion. Nous renvoyons au site internet de l’Association qui a mis en ligne sa conférence.

Sa dernière question nous fait réfléchir. Comme Jésus est mort en prononçant des mots de l’Ecriture : «Père entre tes mains je remets mon Esprit» (Ps 31,6) ; «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné» ? (Ps 22,1), quel est le verset de l’Ecriture dans lequel nous allons mourir? « Notre vie est-elle autre chose qu’un entraînement continu à bien lire «de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre intelligence et de toutes nos forces?»

Sa conclusion peut aussi être celle de ces beaux jours où nous avons fait l’expérience de la force vivifiante de communion de la Parole de Dieu : « Le point d’interrogation qu’on m’a proposé comme titre de ma conférence – «Unis autour de la Parole » ? – n’est pas juste. Nous sommes tous sous la Parole et cela nous unit. Cela devrait être notre commune conviction ; nous pouvons croître ensemble sous la Parole». Le mardi 17 juillet, séance plénière pour l’évaluation de la Rencontre par les participant(e)s. Beaucoup relevèrent le positif des échanges, la qualité des conférenciers et l’accueil si fraternel des Soeurs de Pomeyrol.

Martin Hoegger, Le Mont sur Lausanne   –   martin.hoegger@eerv.ch

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POUR LE MESSAGE DU PATRIARCHE EN PDF:  CLIQUEZ ICI

POUR L’ALLOCUTION DU PRESIDENT EN PDF:  CLIQUEZ ICI

ANNONCE: LA 34ème RENCONTRE A POMEYROL (FRANCE) – 12 au 18 JUILLET 2012

6 février 2012

Le comité organisateur de l’E.I.I.R. (Association des Rencontres Interconfessionnelles de Religieux et Religieuses), fondée en 1970 par les regrettés Métropolite Emilianos (Timiadis) de Silyvrie (Patriarcat Oecuménique) et Monseigneur Julian Garcia Hernando (prêtre catholique-romain de Madrid), a l’honneur de vous inviter à participer à la 34ème Rencontre qui aura lieu du 12 au 18 juillet 2012 à la Communauté de Pomyerol (France).

Des religieuses, religieux, clercs et laïcs, hommes et femmes de confessions et de nationalités différentes sont invités à se rencontrer et à partager entre eux des expériences pour approfondir un thème essentiel de la foi chrétienne. Le but est donc essentiellement un dialogue spirituel entre chrétiens d’Orient et Occident.

Le thème de la Rencontre est: «Ecoute ! Dieu nous parle… La Parole de Dieu pour la vie du monde».

CLIQUEZ ICI: pour le programme de la Rencontre et l’EIIR News.

Quelques participants à la Rencontre à Bad Liebenzel, en Allemagne en 1999

LA XXXIIIème RENCONTRE DE L’EIIR AU MONASTERE SAINT JEAN DE RILA (BULGARIE) – 13-19 JUILLET 2010

20 juillet 2010


Rila
– Cette XXXIIIème Rencontre de l’EIIR a eu la joie de se vivre dans le prestigieux cadre du Monastère Saint Jean de Rila (Bulgarie). Le groupe des participants remercie l’Evêque Evlogij, higoumène de ce monastère, ainsi que tous les frères bulgares particulièrement le Hiérodiacre Petar Gramatikov et le Prof. Ivan Z. Dimitrov.

La disposition de “philadelphia” a rapidement permis des retrouvailles chaleureuses pour les habitués, et d’être vite intégrés pour les nouveaux. Venant de plusieurs pays et confessions (Allemagne, Belgique, Brésil, Bulgarie, Colombie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Norvège, Roumanie), les participants ont été attentifs à répondre au thème de réflexion: “La vie en Christ: défi et espérance”.

La conférence d’ouverture donnée par l’Evêque Athénagoras de Sinope (Patriarcat Œcuménique – Belgique), président de l’EIIR, a permis d’orienter les travaux: «regarder en face les difficultés, les défis que présente la vie en Christ… Le coeur de l’homme est le seul endroit où la véritable liberté prend son sens, où l’Amour véritable pour Lui et pour notre semblable peut croître et d’où la louange liturgique à Dieu peut s’élever». Tous ont été sensibles et honorés de l’attention portée à la Rencontre par le Patriarche Œcuménique Bartholomée de Constantinople, par les Cardinaux Walter Kasper (président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens – Vatican) et Franc Rodé (préfet de la Congrégation pour la vie consacrée – Vatican) et par Sa Majesté le Roi Siméon de Bulgarie. Leurs mots chaleureux d’encouragements ont permis de mieux saisir l’ampleur et la gravité des échanges.

Les temps de prières et de participation “liturgique” ont aidé à contempler le mystère de Notre Seigneur: le défiguré du Golgotha et le transfiguré du Thabor, clef et source de toute droiture anthropologique, en s’inspirant ici de Saint Irénée de Lyon.

Soeur GilChrist Lavigne (Mariakloster Tautra – Norvège) a ouvert le chemin. Insistant sur l’indispensable dynamique d’expérience et de compagnonnage avec le Christ; elle a invité l’assemblée à savoir oser passer de la crainte servile à la crainte constructive. Don, contredon et abandon, nous amènent à un décentrement pour vraiment participer à la perfection de Jésus. Il faut accepter nos fragilités pour laisser progressivement entrer en nous la force de miséricorde. Itinéraire que les participants ont retrouvé dans la conférence de l’Archimandrite Syméon (Monastère Saint Silouane – France). Fulgurence de la conversion de Saint Silouane de l’Athos: «Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas». Dans les larmes et les cris, l’orgueil qui semble fermer tout progrès spirituel, dans l’élan du désir du Christ, se mue en faiblesse reconnue pour se laisser aimer à la mesure du coeur d’Amour de Dieu. L’espace intérieur de Saint Silouane se dilate alors aux dimensions de la compassion pour tous les hommes de la terre. En complément de cet apport profond, Soeur Théosemnie (Monastère de Chrysopigi, Chania – Grèce) a rappelé la belle figure de Porphyre de Kafsokalyvia, avec l’intention de se reposer la question de notre propre attachement au Christ.

«Etre témoin du Christ». L’un des appels marqué par le Pasteur Jean-Arnold de Clermont (ancien président de la KEK – France). Dieu a contracté une alliance avec nous, il se fait proche. Nous sommes ainsi convoqués à une écoute et un partage. Une ouverture à l’insaisissable divin dans la diversité des modes culturels, à une Parole qui rend libre, qui travaille et demeure au plus intime de nous-mêmes, pour être partagée. Sœur Christiane Jouve (Pomeyrol – France) a présenté le projet des soeurs de Pomeyrol, à partir de l’expérience d’une quête intérieure de paix de leur fondatrice au coeur des affres de la Seconde Guerre Mondiale.

Ces lignes substantielles trop rapidement données ont été articulées à la situation concrète de la Bulgarie. Les conférences du Hiérodiacre Petar Gramatikov (Plovdiv – Bulgarie) et du Prof. Ivan Z. Dimitrov (Sofia – Bulgarie), ont permis de mieux considérer les enjeux et les espérances en cette terre bulgare. Pays européen où il semble que la diversité des religions se vivent dans l’harmonie, mais où une certaine désaffection pour la foi chrétienne n’est pas sans rappeler d’autres cas européens, évoqués lors des rencontres en carrefours. L’assemblée a aussi pu – avec une amertume certaine – constater que l’oecuménisme n’était pas toujours prioritaire et a prié pour que l’Esprit souffle aux pasteurs de se saisir plus profondément de ce mouvement essentiel pour la vie de l’Eglise.

Le Père Michel Van Parys (Monastère de Chevetogne – Belgique) a proposé cinq défis à relever dans l’espérance œcuménique: relever le désarroi des fidèles, retrouver le chemin avec les personnes qui ont besoin d’une foi qui console et d’une espérance chaleureuse, s’interroger sur l’hégémonie persistante du modèle occidental, réconcilier nos vieilles blessures, ne pas laisser l’oecuménisme s’endormir dans la diplomatie. Aussi faudrait-il nous mettre en obédience du Rabbi qui est Parole de Dieu, apprendre à mieux recevoir des autres traditions, recentré sur la présence du Règne de Dieu, être davantage attentifs à l’échange des dons.

La table ronde animée par le Père Franck Lemaître (Paris – France) a pu permettre d’entrer dans des éléments concrets, particulièrement la relation de la récente assemblée de la KEK à Lyon (Mgr Stephanos de Tallinn et de toute l’Estonie et le Pasteur Jean-Arnold de Clermont), ainsi que les efforts à poursuivre à l’aune de 100 ans de vie oecuménique (Dom Michel Van Parys).

Tout cela recentrer sur le mystère du Christ ressuscité où le Métropolite Stephanos de Tallinn et de toute l’Estonie, a livré une profonde méditation nouant toutes les lignes déjà évoquées: «l’espace mystérieux du coeur, lorsqu’il est habité par Jésus ressuscité ne connaît plus de limite». Témoignage de la joie pascale où, nous les baptisés, sommes plongés dans une configuration avec le Christ. Et dans son lien sponsal avec chacun d’entre nous, se révèle la proximité et la vérité. Nous retrouvons la nécessité du témoignage, de l’accompagnement, de la présence. Contemplons-nous assez ce mystère de l’Incarnation où «le but final est la destruction de la mort»? Le lien avec don, contredon, abandon, dans la foi, ne se retrouve-t-il pas ici?

L’après-midi de la journée finale fut consacrée, comme de coutume, à l’Assemblée Générale de l’EIIR, à l’évaluation de cette Rencontre, à un échange sur des projets d’avenir, ainsi qu’ à l’élection des membres du Comité Organisateur.

Mgr Stephanos et Mgr Ioan, auxiliaire du Patriarche de Bulgarie

Mgr Stephanos et Mgr Ioan, auxiliaire du Patriarche de Bulgarie

Il semble qu’entre Thabor et Golgotha, chacune des rencontres de l’EIIR, des prières, des temps de célébrations, a été traversée par cette tension entre douleur et transfiguration. C’est le chemin obligé de tout disciple du Seigneur, de celui qui désire la sainteté, que ce soit pour chaque baptisé ou pour chaque Eglise. Puisque le Christ époux est serviteur, l’assemblée a sans doute emprunté ce chemin diaconal, durant ces quelques jours. Espérons qu’il ne soit pas un simple tronçon de route vite délaissé, mais qu’il grandisse pour que s’intensifie l’autoroute de l’Unité. Osons rendre grâce pour ce temps que l’Esprit nous a donné pour bâtir ce bel échangeur.

Christ est ressuscité!

Alléluia.

P.S. La prochaine Rencontre est prévue chez les Soeurs Protestantes de Pomeyrol, en France, du 13 au 19 juillet 2012.


Les membres-élus du Conseil d'Administration de l'EIIR

Les membres-élus du Conseil d'Administration de l'EIIR

Cliquez ici pour:

les photos

discours d’ouverture du président (Mgr Athénagoras)

message du Patriarche Oecuménique Bartholomée

message du Patriarche Oecuménique Bartholomée (en grec)

message du Cardinal Walter Kasper

message du Cardinal Franc Rodé (en espagnol)

message du Roi Syméon de Bulgarie (en bulgare)


RENCONTRE OECUMENIQUE AU MONASTERE SAINT JEAN DE RILA (BULGARIE) – 13-19 JUILLET 2010

4 mars 2010

Le Monastère Saint Jean de Rila

THEME DE LA RENCONTRE: «LA VIE EN CHRIST: DEFI ET ESPERANCE»

Mardi 13 juillet 2010

Arrivée à l’aéroport international de Sofia

18h00: départ en autocar vers le Monastère St Jean de Rila

20h00: souper au Centre de Conférence

Mercredi 14 juillet 2010

08h00: Laudes

08h30: petit déjeuner

09h30: ouverture de la Rencontre

10h30: café

11h00: 1ère conférence – “Le Christ, notre espérance, dans la spiritualité chrétienne”, Soeur GilChrist Lavigne, ocso, (Mariakloster Tautra, Norvège)

13h00: déjeuner

15h30: café

16h00: présentation de la Communauté monastique de Saint Jean de Rila et visite du monastère

17h00: Vêpres

18h00: suite de la visite du monastère

19h30: souper

Jeudi 15 juillet 2010

07h30: Liturgie orthodoxe

08h30: petit déjeuner

09h30: 2ème conférence – “Défi et espérance dans la Parole de Dieu”, Pasteur Jean-Arnold de Clermont (protestant – ancien président de la KEK)

10h30: café

11h00: 3ème conférence – “La vie religieuse dans la Bulgarie d’aujourd’hui”, le Métropolite Nathanaël de Nevrokopi (Patriarcat de Bulgarie)

12h00: échanges

13h00: déjeuner

15h30: café

16h00: 4ème conférence – “La Bulgarie: rencontre entre chrétiens et musulmans”, Prof. Dr. Ivan Z. Dimitrov (Patriarcat de Bulgarie)

17h00: Vêpres

18h30: travail en petits groupes

19h30: souper

Vendredi 16 juillet 2010

08h00: petit déjeuner

08h30: départ pour la visite guidée à Sofia (cathédrale St Alexandre Nevski, églises, séminaire, musée, Patriarcat…)

18h30: retour au Monastère de Rila

20h00: souper

Samedi 17 juillet 2010

08h00: Laudes

08h30: petit déjeuner

09h30: 5ème conférence – “La résurrection du Christ, notre espérance”, Métropolite Stéphanos de Tallinn et de toute l’Estonie (orthodoxe).

10h30: café

11h00: 6ème conférence – “L’unité des chrétiens: poursuivre le chemin dans l’espérance”, Dom Michel Van Parys (Chevetogne)

12h00: échanges

13h00: déjeuner

15h00: café

15h30: 7ème conférence – “L’espérance dans les écrits de Saint Silouane l’Athonite”, l’Archimandrite Syméon Cossec (orthodoxe)

16h15: Table ronde – 1. “l’Assemblée de la KEK à Lyon – juillet 2009)”, Métropolite Stéphanos (orthodoxe) et Pasteur Jean-Arnold de Clermont (protestant); 2. “100 ans de parcours oecuméniques”, Dom Michel Van Parys (catholique)

17h00: Vêpres

18h00: Eucharistie (catholique)

19h30: souper

Dimanche 18 juillet 2010

08h00: petit déjeuner (pour ceux qui le désirent)

08h00: Matines

09h15: Divine Liturgie en l’église principale du Monastère

café autour de l’Higoumène, l’Evêque Evlogij

13h00: déjeuner

16h30: café

16h00: assemblée EIIR – élection du comité EIIR

17h00: Vêpres

18h00: évaluation

19h30: souper et soirée festive

Lundi 19 juillet 2010

08h30: Petit déjeuner

Départ en autocar pour l’aéroport de Sofia

LE MONASTERE SAINT JEAN DE RILA (BULGARIE)

4 mars 2010

L'église du Monastère Saint Jean de Rila

Le Monastère Saint Jean de Rila (en bulgare Рилски Манастир, Rilski Manastir) fut fondé au Xe siècle par Saint Jean de Rila, un ermite canonisé par l’Église Orthodoxe. Il est situé dans les montagnes de Rila en Bulgarie, en un lieu spectaculaire dans les gorges de la rivière Rilski. Ses loge-ments pour ascètes et ses caveaux devinrent des lieux sacrés et furent transformés en un complexe monastique qui joua un rôle important dans la vie sociale et spirituelle de la Bulgarie médiévale. Partiellement détruit au début du XIXe siècle, le complexe fut rebâti entre 1834 et 1862, les bâtiments ayant échappé aux incendies ayant été préservés. Les cloîtres autour de la cour centrale (gauche), et la tour médiévale (centre), la partie la plus ancienne du monastère de Rila. Le monument est caractéristique de la Renaissance bulgare (XVIIIe et XIXe siècles) et symbolise la prise de conscience des Slaves de leur identité culturelle après des siècles d’occupation ottomane. Le Monastère Saint Jean de Rila est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983.

Voir: video du Monastère.

LA VIE DU FONDATEUR DU MONASTERE: SAINT JEAN DE RILA

Saint Jean de Rila

Saint Jean de Rila (en bulgare Иван Рилски) (+ 946) était un moine, fondateur du monastère de Rila et protecteur de la Bulgarie. Fête principale le 19 octobre et fête secondaire le 18 août. Le futur Jean de Rila est né dans une famille pieuse près de Sofia. Très jeune, il se montre attiré par la vie angélique vers laquelle il entraîne son jeune neveu Luc ce qui déclenche la fureur du père du jeune garçon. Cherchant un lieu propice à la prière, il se retire dans des lieux toujours plus isolés jusqu’à parvenir dans la haute montagne de Rila au Sud-Ouest de la Bulgarie actuelle. Même là, il est persécuté par des brigands. Le Roi Pierre Ier de Bulgarie (927-968) entend parler de son ascèse et cherche à le prendre sous sa protection. Mais le saint ne voulut pas quitter sa grotte en Rila. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que, par compassion pour les nombreux disciples qui s’étaient rassemblés autour de lui, il construisit les premiers édifices d’un monastère. Le Monastère Saint Jean de Rila est aujourd’hui le plus haut lieu de l’Église et de la culture bulgares. L’Église célèbre sa mémoire le 19 octobre.

Le Monastère Saint Jean de Rila

LA XXXIIème RENCONTRE DE L’EIIR AU MONASTERE DE SOBRADO EN GALICE (ESPAGNE) – 12-18 JUILLET 2008

3 mars 2010

Sobrado – La XXXIIe Rencontre interconfessionnelle de religieux-ses de nationalités diverses s’est réunie au Monastère des Pères cisterciens, à Sobrado (Espagne), du 12 – 18 juillet 2008. Ce fut une semaine de prière commune, de rencontres fraternelles, d’enseignements et d’échanges.

Le thème de cette Rencontre était “La force du nom du Christ – coeur du monde”. Elle rassemblait une cinquantaine de participant(e)s, venant d’une grande diversité de pays, de confessions et de cultures (Allemagne, Belgique, Bulgarie, Croatie, Espagne, Estonie, France, Guatemala, Italie, Maroc, Pérou, Roumanie, Suisse, Tchéquie et Ukraine).

Dans son introduction de la Rencontre, le Président de l’E.I.I.R., Mgr Athénagoras Peckstadt, Evêque de Sinope (Patriarcat Oecuménique – Belgique), remarquait: «Si nous nous sommes réunis ici, c’est parce que nous croyons en l’idéal de l’unité des chrétiens, parce que nous voulons prier pour qu’elle advienne, parce que nous croyons que le dialogue nous fait plus avancer que d’être simplement et statiquement centrés sur nous-mêmes. Nous croyons aussi que Dieu Lui-même rendra possible l’unité visible des chrétiens. Ce qui nous unit déjà aujourd’hui, c’est notre foi commune en ‘La puissance du nom du Christ’. De là notre choix du thème de cette rencontre : “La puissance du nom du Christ – le cœur du monde”. (…) Je voudrais encore adresser quelques paroles de gratitude aux regrettés fondateurs de ces Rencontres, qui nous ont quittés au courant de cette année 2008: Mgr Emilianos Timiadis, Métropolite de Silyvria (Patriarcat Œcuménique), et Mgr Julian Garcia Hernando, tous deux de grandes figures contemporaines de l’œcuménisme».

Suivit la lecture des messages, envoyés en signe de communion, par le Patriarche Œcuménique de Constantinople Bartholomée, le Cardinal Walter Kasper (Président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens), le Cardinal Franc Rodé (Préfet de la Congrégation pour les Institutions de la Vie Consacrée), Mgr Julian Barrio, Archevêque de Santiago de Compostela, et le Métropolite Polycarpe d’Espagne et du Portugal (Patriarcat Oecuménique), transmettant leur bénédiction et leurs encouragements aux participants. Dans son message le Patriarche Œcuménique Bartholomée nous rappelle que: «la force et la puissance de Dieu sont présents dans le Nom de Jésus et agissent par son Nom. Un nouveau lien existe ainsi entre le Nom et la personne de Jésus Christ. La force du Nom est la force du Christ même. L’invocation de son nom rend le Christ véritablement présent en actes ou par grâce, comme c’est aussi le cas avec l’icône dans la tradition orthodoxe». Le Cardinal Walter Kasper soulignait: «la recherche de l’Unité est un service indispensable que nous devons toujours offrir à l’Eglise du Christ, parce que l’Unité appartient à son essence et à sa mission. (…) Pour cela les Rencontres peuvent être une façon efficace de stimuler une nouvelle énergie et une nouvelle initiative à l’intérieur des Communautés religieuses». Le Cardinal Franc Rodé encouragea les participants à toujours se souvenir que: «c’est le Christ qui donne le sens et la force à notre option de vie, qui dégage une impulsion vers l’œcuménisme, qui nourrit le désir d’une communion toujours plus complète entre les chrétiens, ‘pour que le monde croie’ (Jn 17,21)».

Ensuite le Prieur de la Communauté des Moines de Sobrado, le Révérend Père Carlos Cuartango, souhaitait la bienvenue aux participant(e)s par des paroles d’accueil très fraternelles et des souhaits pour une Rencontre fructueuse.

La première conférence fut donnée par le Rév. Frère Enrique Mirones (moine catholique du Monastère de Sobrado) avec pour thème: “Disciples du Christ, pèlerins du monde”. L’orateur rappela combien il est important «de se souvenir de notre condition de pèlerins (c’est à dire: en mouvement) à la suite de Jésus et c’est en tant que tels que nous formons Son Eglise. L’Esprit de Jésus est celui qui nous précède dans notre quête d’unité, dans un monde pluriel et changeant. L’unité voulue par Dieu pour les humains naîtra de la pluralité et de la différence».

Après une visite guidée du Monastère, suivait une communication des expériences œcuméniques en Galice, animée par le Pasteur Samuel Arnoso (évangélique), le Rév. Père Benito Gonzales Raposo (délégué de l’œcuménisme de l’Archevêché de Santiago) et Sœur Carmen Ordonez (catholique).

Le Rév. Père Santiago Madrigal s.j. (Doyen de la Faculté de Théologie Comillas – Madrid) donnait un remarquable exposé sur le thème “Mais pour vous, qui suis-je? (Mc 8,29)”. Passant en revue les diverses perceptions de l’Homme ‘Jésus de Nazareth’ dans les expressions multiples de notre société contemporaine, l’orateur montra combien l’interrogation au sujet de l’identité de Jésus demeure très actuelle, même pour les incroyants. Et aussi combien la lecture de l’expérience des grands mystiques hispaniques fait découvrir que l’humanité du Christ est chemin vers la connaissance de Dieu. «Le Christ est le Oui de Dieu à notre humanité».

Suivit une table ronde présentant “Le Rassemblement œcuménique européen à Sibiu, Roumanie, 4-9 septembre 2007”, animée par Mme Gloria Uribe (catholique), l’Archimandrite Dimitrios (Rogelio) Saez Carbo (orthodoxe) et le Pasteur Michael Riedel-Schneider (luthérien).

Dans sa communication intitulée “Le Christ, centre de la liturgie pour la transformation du monde” – au sujet de l’évolution de la Liturgie à travers l’histoire de l’Eglise – la Rév. Sœur Concepcion Gonzalez (catholique) rappela que la Constitution sur la Liturgie de Vatican II définit la Liturgie comme: «l’exercice du sacerdoce du Christ en lequel toute la Sainte Trinité associée à l’Eglise signifie et réalise le salut des hommes et la gloire de Dieu. Le Christ est présent en toute action liturgique comme sacrement, en tout le mystère pascal par le pouvoir de l’Esprit Saint».

Le Pasteur Alfredo Abad (secrétaire général de l’Eglise Espagnole Evangélique) présenta une conférence dont le thème était : ‘’Au commencement le Verbe était… et le Verbe s’est fait chair (Jn 1,1-14)’’. Partant de la relation des versets de l’Evangile de Saint Jean avec le thème de la Rencontre le pasteur développa combien «la confession de foi de l’Eglise primitive affirme que l’action de Dieu au milieu de nous se trouve en Jésus Christ. Le Nom de Jésus est expression du Mystère qui veut se transmettre et que les apôtres vivent dans le Ressuscité».

Le Métropolite Stéphanos (Charalambides) de Tallinn et de toute l’Estonie (Eglise Orthodoxe autonome), dont la conférence était intitulée “La force de Son Nom, la prière du cœur“, mit l’accent, sous forme de méditation, sur la puissance spirituelle de la prière de Jésus, Nom qui sauve. «Jésus est le Nom de Celui qui scellera le terme de l’Humanité, tout part de Jésus et tout aboutit à Lui. Le Nom de Jésus porte en soit une authentique dimension sacramentelle et mystique. La pratique du Nom de Jésus communique la force de la déification. Jésus est Présence dans son Nom».

Enfin l’Hiéromoine Christophore Panaitescu (orthodoxe) fit lecture de la conférence préparée par l’Archimandrite Job Getcha (professeur de l’Institut Orthodoxe Saint Serge à Paris – empêché) intitulée «Comment témoigner du Christ dans un monde qui ne croit pas». Dans sa réflexion il releva combien «sans expérience métaphysique il est difficile de comprendre la transcendance de Dieu, sans révélation divine personne ne peut connaître Dieu. (…) Il y a quatre grandes souffrances dans le monde actuel: matérialisme, relativisme, individualisme et l’hédonisme. (…) L’Eglise offre l’amitié des chrétiens comme aide spirituelle».

Le Rév. Père André Louf (moine catholique et ancien abbé du Monastère du Mont-des-Cats – France) a souligné lors de son excellente présentation de la synthèse du Colloque – “que nos Rencontres expriment combien la vie monastique de l’Orient et de l’Occident sont nées d’une même tradition. Les liens d’amitiés entre les participant(e)s repoussent les murs de la division et hâtent l’advenir de la réconciliation ecclésiale. Notre vocation est de servir l’Eglise en étant présent à la Présence du Christ”.

Les temps de prière commune dans les célébrations quotidiennes, où la pluralité des traditions pouvaient s’exprimer de manière très visible (catholique, protestant et orthodoxe) révélèrent la richesse de la diversité ecclésiale.

Les témoignages entendus, les relations nouées au fil des jours ont été d’une grande richesse.  D’abord, le témoignage de l’Hiérodiacre Petar Gramatikov (orthodoxe), qui parla de la christianisation du peuple bulgare, de la tradition monastique à partir des disciples des Saints Cyrille et Méthode, à travers l’icônographie et de la situation actuelle de l’Eglise Orthodoxe de Bulgarie. Ensuite les Rév. Sœurs Sistina (catholique – Pérou) et Hélèna (catholique – Guatemala), étudiantes de l’Institut Œcuménique de Bossey (Suisse), témoignèrent de leur profonde joie de partager l’expérience œcuménique avec leurs frères et sœurs des diverses Eglises. «L’œcuménisme est un parcours important dans la recherche de la vérité et de la charité».

Le 15 juillet, les participants se rendirent en pèlerinage à Santiago de Compostela où, avec des milliers des pèlerins du monde entier, ils participèrent à l’Eucharistie solennelle à la Cathédrale Saint Jacques. Mgr Stéphanos, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie (orthodoxe) a été invité à prendre la parole devant la foule et insista sur le thème de la Rencontre en rappelant combien le nom du Christ nous rassemble tous. Il remercia ensuite le Doyen de la Cathédrale pour la qualité de son accueil fraternel. En fin de journée la Communauté des Sœurs Bénédictines de Sainte Pelayo (Santiago de Compostela) nous accueillait pour une célébration œcuménique des Vêpres.

L’après-midi de la journée finale fut consacrée à l’Assemblée Générale de l’E.I.I.R., à l’évaluation de cette Rencontre et à un échange sur des projets d’avenir.  La Rencontre se clôtura par une célébration d’action de grâce.

La profonde communion dans la prière et le partage fraternel entre les participant(e)s au cours de ces jours, témoignent combien l’Esprit Saint est à l’œuvre dans les cœurs et nous conduit peu à peu et patiemment vers l’espérance de l’Unité. Les participants gardent de cette Rencontre le souvenir reconnaissant de l’accueil généreux et constamment attentif de la Communauté des Moines de Sobrado.