Archive for the ‘RENCONTRES’ Category

LA 36e RENCONTRE EIIR A TALLINN EN ESTONIE – JUILLET 2016

1 août 2016

 

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36° RENCONTRE DE L’E.I.I.R. NELIJÄRVE – TALLINN (Estonie)
5-10 juillet 2016

Compte-rendu, par le Pasteur Martin Hoëgger

 


OUVERTURE OFFICIELLE DE LA RENCONTRE

Mgr Athénagoras, Président de l’E.I.I.R.

«L’enseignement du Christ peut se résumer en deux sentences : Glorifie le Seigneur et aime ton prochain! C’est humblement que nous devons prier. Cela nécessite de nombreux combats. Dans ses Béatitudes le Christ renverse toutes les idées de bonheur qu’on cherche dans le pouvoir et la richesse». C’est avec ces paroles que le Président de l’E.I.I.R., Mgr Athenagoras (orthodoxe, Métropolite de Belgique et Exarque des Pays-Bas et du Luxembourg, Patriarcat œcuménique), a ouvert cette rencontre sur le thème de la Béatitude «Heureux les miséricordieux».

Nous sommes à Nelijärve, au bord d’un lac, au milieu d’une forêt (où rodent loups et ours !) dans un Centre de vacances près d’Aegviidu, à 40 km de la capitale Tallinn. Un lieu splendide qui témoigne de la grandeur de la création de Dieu et rappelle l’importance du silence et de la vie intérieure.

Trois messages sont lus : celui du Secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, Martin Junge. Il dit, entre autres, que la célébration du 500e anniversaire de la Réforme se fera de manière œcuménique. Puis celui du Cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens : « Le dialogue œcuménique n’est pas seulement un échange d’idées, mais aussi un échange d’expériences spirituelles ». Dans son message le Patriarche Bartholoméos relie la miséricorde de Dieu et le témoignage : « Un aspect essentiel de la Vie religieuse – aussi bien dans la communauté d’un monastère qu’au cœur de la société – est la révélation de Dieu dans le monde. Dieu est reflété par la miséricorde (…). Elle est l’expérience personnelle et l’expression concrète de l’amour de Dieu».

Cette rencontre a lieu suite à une invitation du Métropolite Stephanos de Tallinn et de toute l’Estonie: «Elle a été reçue avec beaucoup de joie par le Conseil des Eglises chrétiennes d’Estonie, dit-il. Chaque fois que nous accueillons un groupe œcuménique, et c’est très rare en Estonie, nous sentons que nous faisons partie du Corps du Christ. Votre présence est un témoignage très fort pour la vie œcuménique de notre pays. Nous avons besoin de votre recherche de l’unité dans l’Esprit–Saint».

Durant le premier office des vêpres, cette belle prière à la Trinité nous rappelle que nous sommes ici pour prier pour l’Unité visible des chrétiens:

Trinité Sainte, Père, Fils et Esprit Saint, Lumière au triple rayonnement, Tu nous révèles combien ton Unité est communion et amour dans le partage d’une riche diversité. Aide nos Eglises à cheminer vers la réconciliation en contemplant, ensemble, Ta vie Trinitaire, en se laissant transfigurer par son rayonnement miséricordieux. Toi qui habites dans nos cœurs comme une semence d’Unité, pour les siècles des siècles. Amen

 

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LA SPIRITUALITE DES BEATITUDES

 

Pasteur Christian Tanon

Le Pasteur réformé français Christian Tanon, de La Fraternité des Veilleurs prononce la première conférence sur l’esprit des Béatitudes. Celles-ci sont au cœur de la spiritualité des Veilleurs, un tiers ordre protestant fondé il y a bientôt 100 ans par le pasteur Wilfred Monod. Elle se résume en trois mots : joie, simplicité et miséricorde. Sous l’impulsion du Pasteur Daniel Bourguet un nouvel élan se vit depuis 1990. Les Veilleurs comptent aujourd’hui 450 membres et autant de sympathisants.

Le Veilleur participe activement à la vie de la communauté locale et y renouvelle la vie de prière. Il s’exerce à maintenir le silence intérieur et est d’abord veilleur de son âme. Il veille sur soi-même et sur ses propres pensées : « Garde ton cœur, car c’est de lui que jaillit la vie »! (Proverbes 5). La Règle comporte trois engagements : a) trois moments de prière par jour, b) consacrer le vendredi par un hommage au Crucifié en se plaçant devant la croix pour méditer le don total de Dieu, c) participer au culte de sa communauté locale.

La JOIE est un don de Dieu : « Heureux ces serviteurs qui veillent ! » (Luc 12). Secrète et profonde, même dans les circonstances difficiles, la joie a ses racines en Dieu. Là où est l’Esprit de Dieu, là est la joie.

La SIMPLICITÉ a deux aspects : sobriété et relation à l’autre considéré comme un frère, une sœur en Christ. Elle s’oppose à la duplicité : « Que ton oui soit oui ! » Pour cela il faut l’aide de l’Esprit-Saint. Elle recherche l’unité intérieure. Son corollaire est l’humilité. Le petit enfant est simple car il place sa confiance dans ses parents (Mat 18). « Garde-nous tout petits devant ta face » : ce chant reflète l’état d’esprit du Veilleur.

 

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La MISÉRICORDE comprend le pardon et la compassion. Dieu fait parfaitement miséricorde. Jésus a touché le lépreux, marché avec nous. Sa miséricorde est pleine de tendresse et de tact. Il la donne sans être intrusif. Avec lui nous sommes à l’école de la compassion de proximité. Il n’a pas cessé d’aimer même ceux qui le renient ou le trahissent. Il faut sans cesse se remettre à son école. Il n’y a pas de miséricorde sans justice. Il faut beaucoup de temps pour vivre le pardon. Il est essentiel d’insister sur la nécessité du temps pour vivre un pardon. Ne pas aller plus vite que Dieu.

Ces trois vertus vont à contre-courant de l’esprit du monde. Il y a une circularité entre elles et elles produisent la lumière quand on les vit (cf. Esaïe 58).

Les BÉATITUDES sont le Credo des Veilleurs. Seul Jésus peut vraiment les dire et il les a toutes vécues. Les dire chaque jour, c’est se rapprocher de Lui. Elles sont un programme de toute une vie. D’autres communautés protestantes chantent chaque jour les Béatitudes: Taizé, Grandchamp, Pomeyrol, les Diaconesses de Reuilly et de Strasbourg.

Les mendiants de l’Esprit font descendre une pluie de grâce.

Les affligés font avancer le Royaume, de manière mystérieuse. La souffrance n’est pas un bien, mais Dieu veut en faire un bien.

La douceur : quoi de moins naturel en nous ? Devant la douceur on est attiré. Les violents n’héritent rien, sinon ce que le monde offre.

La soif de justice met en marche. La soif la plus douloureuse, celle de Jésus, fut aussi la plus féconde.

La Miséricorde rappelle que le non pardon est l’obstacle majeur à l’avance du Royaume. Il est le trophée du Malin. Mais chaque pardon donné est une victoire.

Les cœurs purs. Comment discerner le Royaume au milieu de tant de voix dissonantes? Nous avons besoin de la prière des cœurs purs, qui ne détournent pas la lumière divine.

 

Les artisans de paix ne se contentent pas d’enterrer la hache de discorde. Ils suivent Jésus, le Prince de la paix.

Les persécutés récapitulent tous les fruits de l’Esprit. Leur témoignage fait avancer le Royaume de Dieu à grand pas.

 

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BIENVENUE EN ESTONIE

Mgr Stéphanos, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie

Mgr Stephanos commence par dire que la langue estonienne est d’origine fino-hongroise. Elle a su garder son identité alors que l’Estonie a vécu plusieurs occupations (Allemagne, Danemark, Suède, Russie) qui menaçaient son identité.

Au16e siècle l’Eglise catholique d’Estonie passa à la Réforme luthérienne. En 1721 l’Estonie tomba sous domination russe. La présence orthodoxe devint alors plus forte, mais avec la tentation de russifier le pays.

La deuxième guerre mondiale a été terrible. L’Estonie a été ravagée et a perdu son indépendance. Le joug communiste a duré 47 ans. Le régime communiste instrumentalisa l’Eglise orthodoxe russe pour parvenir à des fins politiques. De manière anti-canonique il plaça l’Estonie sous la juridiction du Patriarcat de Moscou, ce qui ne fut jamais accepté. Le 9 mars 1945, le Saint-Synode russe décida la dissolution de l’Eglise orthodoxe d’Estonie. Le patriarcat de Constantinople n’a jamais accepté cela et a rétabli cette Eglise en 1996.

Mgr Stephanos espère de tout son cœur que le Patriarcat de Constantinople, en communion avec celui de Moscou, finira par trouver une solution satisfaisante pour rassembler en une seule les deux juridictions de l’Eglise orthodoxe en Estonie. Le Concile orthodoxe qui vient d’avoir lieu a appelé à cela.

L’Eglise orthodoxe d’Estonie a quelque chose à dire à toute l’Eglise orthodoxe car elle est minoritaire, comme l’Eglise orthodoxe de Finlande. Elles ont la capacité de dialoguer avec la culture occidentale et avec le protestantisme luthérien en particulier, car elles ont vécu en tant que minorité dans de grands empires.

Pour en savoir plus: http://www.orthodoxa.org/FR/accueil_FR.htm et en particulier l’article de Mgr Stephanos «Une si petite Eglise dans la grande Europe».

 

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LE VECU CHRETIEN DANS LES PAYS BALTES

Table ronde

1) Mgr Urmas Viilma, archevêque luthérien d’Estonie

Mgr Urmas Viilma, archevêque luthérien d’Estonie partage l’expérience de l’Eglise dans les Pays baltes. Bien que les pays soient très proches, il y a plus de différences que de similarités historiques.

L’Estonie et la Lettonie ont été christianisées ensemble au 11e siècle, alors que la Lituanie l’a été au 14e. Celle-ci échappa à la russification du 18e siècle. La Lituanie est largement catholique. En Lettonie, il y a quatre groupes: luthériens (légèrement majoritaires), catholiques, orthodoxes, et les sans religion. En Estonie, l’Eglise orthodoxe rassemble 16% de la population et les luthériens 10%. Les non-religieux sont largement majoritaires: plus de 70%.

 

Un signe positif est la bonne collaboration œcuménique en Estonie. Les chrétiens sont une minorité, un tiers de la population. Ils n’ont pas le temps et le besoin de se battre entre eux. Les Eglises doivent parler d’une seule voix dans la société. Chaque mois, les responsables des dix Eglises membres du Conseil des Eglises chrétiennes se rencontrent, depuis 1991. Les jeunes ont aussi leur Conseil.

 

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L’Eglise luthérienne couvre tout le territoire avec 161 paroisses. Elle est considérée comme l’Eglise historique. Par exemple le jour de l’indépendance est célébré dans une église luthérienne. Mais les autres Eglises sont invitées. Mgr Urmas Viilma conclut par ces paroles fortes.

«Le monde moderne attend que le point focal de chaque changement soient les besoins, les désirs et les droits des personnes. Les Ecritures, cependant, enseignent que le point focal de chaque changement doit être le Christ. Si le point focal de l’action et de la proclamation de l’Eglise n’est plus le Christ, alors nous ne sommes plus l’Eglise du Christ».

«L’année dernière, dans le cadre du Conseil des Eglises d’Estonie, nous avons célébré de manière oecuménique les 800 ans de la consécration de l’Estonie à la Vierge Marie. Nous allons aussi commémorer ensemble les 500 ans de la Réforme. J’ai été invité à participer à la rencontre avec le Pape François à Lund, le 31 octobre prochain, en compagnie de mon frère évêque catholique».

2) Sœur Helvi Pulla, Diaconesse de Reuilly, Finlande

Sœur Helvi Pulla, Diaconesse de Reuilly d’origine finnoise, témoigne de la vie de l’Eglise luthérienne. Contrairement à l’Eglise luthérienne de Lettonie, celle d’Estonie ordonne les femmes. Plus de 20% des pasteurs sont des femmes. Plusieurs paroisses sont jumelées avec des paroisses de Finlande avec beaucoup de visites.

L’estonien chante beaucoup dans de nombreuses chorales. Un festival de musique à Tallin avec 30.000 chanteurs a lieu tous les 3 ans ! Le mouvement des frères de Hernhut est bien développé en Estonie.

 

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3) Père Mattias Palli, orthodoxe, Estonie

Père Mattias Palli, de Tallinn, parle du diocèse orthodoxe. Un diocèse en croissance avec beaucoup d’activités. La collaboration œcuménique est bonne. L’Eglise orthodoxe a trois évêques, 36 prêtres, 8 diacres avec 62 paroisses. Une partie parle estonien, l’autre russe. Certains sont de nouveaux convertis après la chute du régime communiste. Il y a deux monastères sous la juridiction du Patriarcat de Moscou. Un Institut théologique vient d’ouvrir ses portes avec une Ecole théologique complète en collaboration avec l’Eglise luthérienne. Le diplôme, un master, est reconnu par l’Etat.

 

L’Eglise orthodoxe d’Estonie a un caractère unique : elle est un lien entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud. Elle est enracinée dans un mouvement de conversion populaire.

« Tous les intervenants ont montré le désir des Eglises de construire ensemble. La quantité n’est pas déterminante mais ce qui est important est le cœur, le désir de communion. Plus il y a d’échanges vrais, de rencontres personnelles, plus l’Eglise grandit», conclut l’Archimandrite Syméon, le modérateur de cette table ronde.

 

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ECHOS DU CONCILE PAN-ORTHODOXE

Mgr Stéphanos, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie

(Echange libre avec l’assemblée)

Mgr Stephanos parle avec beaucoup d’enthousiasme de sa participation au Concile orthodoxe qui vient d’avoir lieu en Crête: «L’Esprit-Saint était là. Il nous a conduits. On a eu des moments très difficiles, en particulier sur le thème des relations œcuméniques. Cela a failli faire sauter le Concile. On est sorti sur les rotules ! C’était d’une telle puissance, intensité et spontanéité. On ne peut pas sortir ses tripes sans l’Esprit. J’ai senti deux fois dans ma vie cette puissance de l’Esprit. Une première fois en ordonnant un prêtre. La deuxième fois à ce Concile».

Quel est le principal acquis? «L’Eglise orthodoxe a montré qu’elle est une Eglise qui prend à bras le corps les problèmes actuels». Un autre acquis est celui de l’unité de l’Eglise orthodoxe : « Nous ne sommes pas une Fédération de 14 Eglises mais une seule Eglise. Tous les Primats ont célébré ensemble la liturgie. Notre plaie est l’ethnophilétisme et aussi pour une certaine part le principe de l’autocéphalie, telle qu’elle est pratiquée de nos jours par telle ou telle de nos Eglises.

Quelle est la décision qui l’a le plus réjoui? «J’ai connu les pires angoisses, mais aussi une grande joie sur le thème des relations avec les autres Eglises. Tout a tourné autour de la question : est-ce que ces autres Eglises sont de vraies Eglises ? Pour certains, seule l’Eglise orthodoxe peut porter le titre d’Eglise. Ce fut le cas de cet évêque qui pendant tout un jour, à chacune de ses interventions, n’a pas démordu de cette idée. Une joute stérile avec la majorité des Pères conciliaires présents !… Heureusement que l’Archevêque de Chypre et quelques autres évêques ont soutenu et proposé une autre vision des choses avec pour conséquence de faire fléchir positivement l’Archevêque d’Athènes et son groupe. Je me souviens encore de l’intervention du Patriarche d’Alexandrie qui disait ceci : lorsque je sors de chez moi et que je rencontre mon ami l’évêque copte, comment ne pas voir en lui un frère alors que ni lui ni moi ne savons si, à la fin de la journée et après avoir vaqué à nos affaires, nous serons à même de revenir sains et saufs chez nous!»

Un Concile aura-t-il lieu tous les dix ans? Cela n’a pas été décidé, mais proposé. Il faut laisser décanter maintenant. Un tel événement demande un investissement énorme. Comment la réception du Concile se fera-t-elle ? Voilà la question importante. Le Concile est la fin d’une époque et le commencement d’une génération nouvelle. Il faut maintenant assainir la situation avant d’en convoquer un autre. L’Eglise orthodoxe ne doit pas changer sa foi, mais la vivre autrement.

Le Patriarche Bartholomeos a mis sur le tapis la question des empêchements au mariage. Aujourd’hui, selon la discipline de l’Eglise orthodoxe, un prêtre qui perd sa femme ne peut pas se remarier. Le Patriarche a remis cela en question. Un geste d’ouverture fort, selon Mgr Stephanos ! Le scandale de la richesse des palais épiscopaux a été aussi discuté!

«Le but du Concile était de manifester l’unité de l’orthodoxie : nous sommes une seule et même Eglise. C’est pourquoi les thèmes choisis n’étaient pas provocateurs. Le Concile a réussi, tout le monde est reparti avec la conviction que nous avons fait ce que Dieu voulait. Et c’est une grande joie», ajoute le Métropolite.

Une question qui a agité la presse est l’absence de l’Eglise orthodoxe russe au Concile. Mgr Stephanos rappelle que le projet d’un Concile a commencé il y a 100 ans. Le Patriarche Athénagoras a lancé sa préparation en 1961. Au début on avait répertorié cent questions. On en a retenu dix. En 2014 tous les Patriarches se réunissent. On se met d’accord sur la date et le lieu. Six questions sont finalement retenues qui ont toutes une dimension pastorale. Les textes ont été étudiés par les 14 Eglises.

En janvier 2016 ces Eglises étaient d’accord pour y participer, mais 10 jours avant son commencement, l’Eglise orthodoxe russe s’est retirée, ainsi que trois autres Eglises. « Je suis sévère avec les russes, mais ils le méritent, dit Mgr Stephanos. Que l’Europe occidentale arrête de voir l’orthodoxie à travers l’Eglise orthodoxe russe. Tout le peuple de Crête s’est mis au service du Concile, et à la dernière minute, Moscou veut l’arrêter. Comment peut-on se permettre d’agir comme si les autres n’existaient pas? Mgr Daniel de Roumanie a eu raison de dire: «Quand on commence un jeu, on ne change pas les règles du jeu en cours de route».

Le Patriarcat de Moscou est une des 14 Eglises orthodoxes. Il n’a pas de supériorité. On dit que l’Eglise orthodoxe russe compte 140 millions de fidèles mais combien sont-ils pratiquants ? Ce qui compte est la qualité de la voix de l’Eglise ; chaque Eglise a une voix. Ce qui se passe entre Moscou et Constantinople est la rivalité de la troisième Rome. Or cette thématique a été condamnée par Moscou même au 18e siècle. Les prétentions de pouvoir ne doivent pas exister dans l’Eglise.

Et Mgr Stephanos de conclure: «Dieu travaille. L’homme soupire, Dieu transpire. C’est Lui qui dira le dernier mot. Il travaille aussi dans le cœur de ceux qui ont refusé de participer au Concile. Il veut transfigurer ce que le péché de l’homme a défiguré».

 

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LA MISERICORDE DANS LA VIE MONASTIQUE

Témoignage de l’Archimandrite Syméon
Higoumène du Monastère Saint Silouane, près du Mans (France)

«Jeune moine je pensais que je devais être le mieux possible pour rencontrer Dieu. Je luttais avec un certain orgueil. Je considérais que je devais le faire pour être accueilli par lui. Mais un jour Dieu décida de me convertir ! Un prêtre est venu au monastère et nous a raconté ce qu’il vivait. C’était il y a 50 ans. Il visitait les marginaux et les rejetés. Il allait voir les condamnés à mort et leur disait qu’ils étaient aimés de Dieu. Aux prostituées il disait également cela en leur affirmant qu’elles seraient les premières à entrer dans le Royaume de Dieu.

J’ai alors compris que Dieu m’aimait tel que j’étais, avec mes chutes et mes faiblesses. Il y a eu un retournement dans ma vie monastique, grâce à ces paroles. Ma vie a alors changé. A partir de ce moment, j’étais quelqu’un d’autre. Je vivais autrement ma vie quotidienne. Jusqu’à la fin de ma vie, cette grâce de la miséricorde sera la clé de ma vie. Et je dirais de la vie chrétienne tout court. Le Seigneur sur la croix a étendu ses bras et nous aime tous, nous embrasse. C’était une sorte de révolution spirituelle, et cela le reste encore.

 

Cette expérience a donné le vrai sens de ma vie. Lorsque Jésus dit: «Venez à moi vous tous qui peinez et je vous soulagerai», il le dit à tous, pas seulement aux chrétiens. Si nous avons reçu sa grâce, nous l’avons reçue pour l’humanité tout entière. Dans la prière de Jésus, «Seigneur Jésus, fils de Dieu ai pitié de moi», je mets dans ce «moi» toute l’humanité. L’essentiel est de vivre sa miséricorde, d’en être l’icône. Ma responsabilité est de vivre ce que j’ai reçu. Il n’y a pas de condition pour vivre la miséricorde de Dieu, sinon de l’accepter.

Cette expérience a eu une résonnance dans ma vie. Je vis avec 13 frères et sœurs, de plusieurs nationalités, jeunes et vieux. Tous ont une personnalité unique. Mon travail, mon service de père spirituel est d’abord de les aimer comme ils sont et de leur apprendre à s’aimer mutuellement. L’ascèse la plus difficile est de vivre ensemble, avec des caractères tellement différents. Apprendre à vivre la miséricorde dans l’expérience de la rencontre avec l’autre. « Aimez-vous les uns et les autres, comme je vous ai aimés », c’est le centre de l’Evangile. Les « autres » sont ceux qui sont différents de moi. Si je n’ai pas expérimenté ce qu’est la miséricorde de Dieu, c’est difficile d’aimer les autres.

Le premier homme qui est venu au monastère avait commis un meurtre. Le juge m’avait demandé de l’accueillir. Il a vécu avec nous puis il a été en prison. Quand je le visitais, le gardien m’a dit combien ce prisonnier était lumineux. Il a été condamné seulement à 5 ans. Il s’est marié et on a baptisé son enfant. Je suis resté en contact avec lui.

Trois femmes nous ont été confiées, elles voulaient sortir de la prostitution. Elles vivaient dans la peur des souteneurs qui voulaient les tuer. On ne leur a jamais demandé quoi que ce soit sur leur vie passée. On les a aidées à se réinsérer et elles ont trouvé des formations.

La miséricorde que Dieu nous offre, nous en avons la responsabilité pour l’autre, pour celui qui vient frapper à notre porte. C’est banal. Ce qui l’est moins est que Dieu a réussi à me changer après m’avoir dit qu’il m’aimait comme j’étais. Et il a encore du travail…! »

 

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«J’ETAIS ETRANGER ET VOUS M’AVEZ ACCUEILLI»

Table ronde
1) Père Firas A Khider, Rogationiste du Cœur de Jésus

Le Père Firas A Khider est irakien et vient d’être ordonné prêtre. Il nous parle du drame de son peuple. Il y avait 1,4 million de chrétiens en Irak… 260.000 aujourd’hui. De nombreux martyrs et parmi eux des ecclésiastiques de diverses confessions. Aucune miséricorde n’est manifestée de la part du soi-disant Etat islamique. C’est une période comparable à celle du génocide arménien et syriaque par les turcs en 1915 !

J’étais étranger et vous m’avez accueilli. Le peuple irakien vit un exode de plus de 4,2 millions de réfugiés hors de l’Irak, toutes religions confondues. Où loger toutes ces personnes ? Dans une chambre il y avait plus de 50 personnes. La fuite était si inattendue qu’on ne savait pas où les mettre. Ils se réfugiaient dans les églises.

On a dit que les chrétiens se mettaient du côté du pouvoir dictatorial. N’y a-t-il pas quelque chose à repenser dans leur attitude ? Mais il faut voir que les chrétiens ne s’engagent pas en politique. Ils sont bien vus car ils sont pacifiques et loyaux. Ils mènent une vie simple et ont ouvert leurs maisons à tous lors de la première guerre du Golfe en 1991.

Le Frère Firas a lui-même vécu une tentative d’enlèvement de la part d’extrémistes : « Je n’ai pas peur, car j’appartiens au Christ. Je n’enlève pas mon col romain. Si le Christ est avec nous, qui sera contre nous ? Les prêtres et les religieux n’enlèvent pas leur habit. Notre gloire est le Christ, il est notre espoir et notre salut… »

Il nous partage aussi ses convictions œcuméniques : « Je respecte les responsables des Eglises. Mais souvent ils ne pensent qu’aux fidèles de leur propre Eglise. Nous sommes Eglise ensemble. L’Eglise se sont les chrétiens tous ensemble. Leur vie doit être protégée, elle est un don de Dieu ».

Firas cite la dernière Béatitude: «Heureux les persécutés Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse…! » et la Lettre à Diognète qui s’en inspire : « Les chrétiens résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés… Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas mais on les condamne ; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie et ils y trouvent leur justification. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu’on les châtie, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie.»

 

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2) Pasteure Florence Taubmann : L’accueil des réfugiés en France
La Pasteure Florence Taubmann travaille au Département d’entraide de la Fédération

protestante de France (Défap) et a la responsabilité de l’action auprès des réfugiés.

Elle commence son exposé par une réflexion sur ce que signifie accueillir celui qui est éprouvé et malheureux. «N’oubliez pas l’hospitalité, car certains ont accueilli des anges», dit la lettre aux Hébreux (chapitre 13). Par l’étranger nous pouvons donc être évangélisés.

Avec l’épitre aux Ephésiens nous nous rappelons que nous étions étrangers et que nous sommes devenus concitoyens des saints. Nous sommes dans ce monde et pas de ce monde, donc nous sommes aussi étrangers par rapport à ce monde. Cette condition du croyant remonte jusqu’à Abraham.

Cette étrangeté est aussi celle de notre mémoire d’Egypte : « Vous avez vous-mêmes été étrangers en Egypte ». Ne pas opprimer l’étranger, car nous l’avons aussi été ! On pense en effet à toute l’exploitation dont l’étranger est victime.

Celui-ci a droit à une intégration : la loi sur le glanage le dit clairement (Lévitique 19,10). Le shabbat parle aussi d’intégration : « Le 7e jour tu te reposeras…afin que l’étranger qui réside chez toi ait du repos ». Intégrer, accueillir, aider, nourrir : c’est toute cette préoccupation que nous avons par rapport aux migrants qui arrivent en Europe.

La phrase de Michel Rocard (homme politique français) a souvent été tronquée de sa seconde partie : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part ». C’est une éthique à la fois de conviction et de responsabilité.

La Fédération protestante de France a lancé un appel au logement. La réponse a été donnée aussi de manière œcuménique. Accueillir ne suffit pas, il faut aussi accompagner et orienter.

Devant les personnes en détresse, un groupe de paroissiens s’est exclamé : « C’était comme si Jésus nous le demandait ». Ils se sont engagés dans un camp de Grande Saintes. La rencontre personnelle avec les migrants change tout, même si les difficultés culturelles, de communication demeurent.

Le Bon Samaritain s’arrête mais il va aussi jusqu’à prendre soin du blessé après l’avoir amené à l’auberge. Cela fait réfléchir dans notre relation avec les migrants. Toutefois dans leur cas, c’est le nombre qui fait peur. Nous savons que chaque personne est unique, mais on se sent menacé par la foule des migrants. Cependant les choses commencent à changer quand on entre en relation personnellement. Cela demande tout un travail.

NAITRE A LA MISERICORDE

Sœur Anne Lécu, Dominicaine de la Présentation, médecin de prison

La pratique de médecin de prison de Sœur Anne Lécu lui a fait lire la Bible autrement. Sa manière de prêcher, en tant que Dominicaine, a complètement changé après cette expérience.

Dans sa lettre sur la miséricorde le Pape François a eu cette intuition qu’une personne en prison qui passe par sa porte de cellule, c’est comme si elle passait par une Porte sainte, si elle en est consciente.

Or une cellule est un enfermement. Le Christ s’est identifié avec les coupables. Les gens qui passaient à côté de sa croix ne savaient pas qu’il était innocent. Il a pris sur lui la malédiction du péché. Les prisonniers savent cela de manière intuitive.

Le texte d’Apocalypse 3 parle d’une porte : « Je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui… » Dieu est dans nos vies comme un détenu qui n’a pas la clé. C’est à nous, personnes croyantes, d’ouvrir cette porte pour que d’autres soient rejointes par le Christ.

« Dieu ne nous demande pas ce que nous fûmes, il n’est touché que par ce que nous sommes », affirmait le Père Lataste, un Dominicain aumônier de prison au 19e siècle. Marie et Marie Madeleine vivent de la même innocence quand elles regardent vers le Christ. Ainsi en va-t-il de chaque prisonnier, aussi coupable soit-il ! Le péché ne peut que recouvrir l’image de Dieu, il ne nous fait jamais la perdre. Sœur Anne croit que l’innocence originelle n’est jamais perdue pour personne. Les personnes en prison le lui rappellent chaque jour. Le Christ nous la restitue entièrement. « Venez à Jésus, il a du baume pour toutes les blessures », disait le Père Lataste.

La honte est un des pires sentiments qui abime l’homme. Elle est mortifère. Après la création, le second geste de miséricorde que Dieu fait est de couvrir Adam avec une tunique de peau pour qu’il puisse vivre. Quelle discrétion en Dieu qui couvre le péché d’Adam ! Est-ce un agneau qui est sacrifié – préfiguration de l’agneau pascal ?

Le contraire de la miséricorde est d’exposer la faute de l’autre. On le voit dans l’histoire de Cham, fils de Noé. En hébreu le pardon (la racine kpr) c’est recouvrir la faute des hommes. Découvrir la nudité, ce que fait le fils de Noé avec son père, cela veut dire violer la personne. Recouvrir la faute c’est lui offrir un abri, être hospitalier. Revêtir la tunique du Christ c’est faire que ce qui est mortel soit revêtu par la vie, le Christ. « Faites comme si le Christ est votre capuchon », disait un autre dominicain. « Ils ont lavé leur robe dans le sang de l’agneau », dit l’Apocalypse : ces personnes, ce sont nous.

La violence de la prison est la même que celle que l’on vit en communauté. « Paradoxalement, avoue Anne Lécu, j’ai beaucoup plus de difficulté à fermer les yeux sur les fautes de mes sœurs Dominicaines, que sur celles des prisonnières. Celles-ci m’enseignent à être davantage miséricordieuse ! »

LA PROCHAINE RENCONTRE DE L’E.I.I.R. aura lieu dans une communauté luthérienne, la Christusbruderschaft à Selbitz, non loin d’Erfurt, en Allemagne, du 4 juillet 2018 soir au 10 juillet matin.

 

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LECTIO DIVINA

avec le Pasteur Martin Hoegger

Le Pasteur suisse Martin Hoegger a animé deux Lectio divina participatives sur le thème de la miséricorde, au moyen d’un livret de l’Ecole de la Parole en Suisse romande « A table. Les récits de repas dans l’évangile de Luc » (Cf. http://www.ecole-de-la-parole.ch).

Chez les Pères de l’Eglise, la recommandation aux moines de prier sans cesse (1 Th 5,17) est jointe à celle de consulter assidûment la Bible. Jérôme exhortait la vierge Démetriade, une des jeunes romaines appartenant à son Eglise de maison : « Que l’amour de la Lectio divina occupe totalement ton âme ». Un autre Père, Ambroise de Milan, donne ce conseil : «Tout le jour, médite la Parole de Dieu. Prends comme conseillers Moïse, Esaïe, Jérémie, Pierre, Paul, Jean. Prends comme conseiller suprême Jésus-Christ, afin d’acquérir le Père. Parle avec eux, médite avec eux tout le jour». Les Pères de l’Eglise d’Orient et d’Occident ont prié ainsi, en s’imprégnant de l’Ecriture par une méditation continuelle. «Applique-toi avec constance et assiduité à la lecture sacrée jusqu’à ce qu’une incessante méditation imprègne ton esprit et, pour ainsi dire, que l’Ecriture te transforme à sa ressemblance», recommande Cassien. Pour Chrysostome, cette familiarité avec la Bible n’est pas réservée aux moines, elle est pour chaque fidèle: «Quand vous rentrez à la maison, vous devriez prendre l’Ecriture et, avec votre épouse et vos enfants, relire et répéter ensemble la Parole écoutée (à l’église). […] Qui vit au milieu du monde et y reçoit chaque jour des blessures a bien plus grand besoin de remèdes. Ainsi y a- t-il encore un plus grand mal que de ne pas lire, c’est de croire la lecture vaine et inutile».

La Lectio divina est une lecture entrée sur le Christ. Elle consiste à chercher le Christ, « Lui que je cherche dans les livres », comme l’écrit Augustin ; elle signifie « consommer mystérieusement la Parole rompue », selon Origène, et encore « consommer l’agneau pascal », comme le dit Grégoire de Naziance. Durant ces temps de Lectio divina, notre désir a été de rencontrer le Christ ressuscité à travers sa Parole. Et il s’est donné à nous à travers l’écoute de sa Parole, le silence, la prière et l’écho de sa Parole dans le frère et ma sœur qui sont à nos côtés et en qui il nous attend. Nous avons ainsi fait l’expérience d’une profonde rencontre en Lui.

 

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LITURGIES

Cette communion profonde dans la Parole de Dieu accroît encore notre aspiration à une pleine communion eucharistique. Nous avons assisté aux liturgies de nos Eglises sans recevoir le sacrement. Une Sainte Cène protestante présidée par le Pasteur Jean-Philippe Calame (réformé, Suisse) a été célébrée dans l’Eglise évangélique luthérienne d’Aegviidu, en présence du Pasteur du lieu et d’une laïque engagée dans la paroisse. Le samedi, après que nous ayons visité cette belle ville médiévale de Tallinn, classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, notre groupe a rejoint le soir la communauté paroissiale catholique dans la cathédrale, pour l’Eucharistie. Le dimanche, dans la cathédrale orthodoxe Saint-Siméon de Tallinn nous étions rassemblés pour la Liturgie, en estonien, présidée par le Métropolite Stephanos. L’archevêque luthérien, Mgr Urmas Viilma a tenu à être présent à nouveau, avec notre groupe. Après les salutations fraternelles plus officielles qui ont suivi cette liturgie, la paroisse a offert à tous un verre d’amitié.

 

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Trois autres beaux moments ont été : le concert donné par la chorale de la paroisse orthodoxe Saint Paul de Vändra, le spectacle offert par le groupe folklorique de Sétoma et le repas préparé et partagé à la Métropole.

 

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TEXTES DES CONFERENCES ET TABLES RONDES DE LA RENCONTRE

 

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LA 35e RENCONTRE EIIR A ASSISE EN ITALIE – JUILLET 2014

24 octobre 2014

Notre grand groupe – plus d’une cinquantaine – était presque au complet le premier soir, samedi 12 juillet, quand Son Eminence le Métropolite Athénagoras Peckstadt, Métropolite de Belgique et président de l’EIIR, nous a salués.

Ce fut l’occasion d’une courte présentation d’un chacun et la découverte rapide de l’énorme variété que nous représentons: outre les pays fort bien représentés comme l’Espagne, la France, l’Italie et la petite Belgique, il y a la Roumanie, la Tchèquie, la Bulgarie, l’Oucraine et même le Liban avec l’Archimandrite Kassianos, formé au Mont Athos. La petite Soeur Paola Francesca, Italienne, nous vient de la Syrie. Mgr Stéphanos de Tallin (Estonie) s’excuse par lettre: pour des raisons de santé il ne pourra pas être des nôtres. On attend encore trois membres de la Hongrie, pour le même soir.

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Le lendemain – dimanche 13 juillet – il y eût l’eucharistie dominicale dans la cathédrale Saint Rufin. L’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino, absent, nous a laissé un message chaleureux, épiloguant sur la centralité du thème choisi de la sainteté, non seulement entre les confessions chrétiennes mais aussi comme “le meilleur billet de présentation de notre foi dans le dialogue avec les frères d’autres religions”.

Avant comme après la messe on a découvert la ville – “ville haute” des classes supérieures, dont faisait partie la famille de Claire, et “ville basse” des minores, avec la position intermédiaire de la famille de François, milieu marchand, groupe social montant. François va s’en distancier radicalement en faisant une ferme option pour les minores. Ses frères seront “frères mineurs”, sans autre ambition.

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A 16h, à la Domus Laetitiae, a lieu l’ouverture officielle, par le Métropolite Athenagoras de Belgique. Il introduit le thème par une réflexion personnelle, où il souligne combien “l’appel à la sainteté” est central dans toutes les premières catéchèses chrétiennes et monastiques. Nous avons là un heritage commun et des sources communes. C’est en repassant par les Pères de l’Eglise primitive que nous pouvons retouver l’art de témoigner – sans prosélytisme – de notre foi commune dans un monde de plus en plus sécularisé qui ignore le Christ.

La première heure fut aussi l’occasion d’écouter différents messages venant de Sa Toute-Sainteté le Patriarche Oecuménique Bartholomée de Constantinople, du cardinal Kurt Koch (secrétariat pour l’Unité des chrétiens. Son délégué était ce jour-là parmi nous, le P. Hyacinthe Destivelle, dominicain français), du Métropolite Stéphanos de Tallin et de tout l’Estonie et du Métropolite Gennadios d’Italie et de Malte, Exarque pour l’Europe méridionale; son délégué, l’Archimandrite Syméon Katsinas, nous rejoindra le lendemain, depuis Rome). Tous soulignent le lien entre vocation monastique et sainteté, avec l’implication oecuménique de cet appel central. Chacun le fait en se référant à sa manière aux Ecritures, aux écrits des Pères comme saint Grégoire de Nazianze, ou aux textes concilaires de Vatican II. Ensemble, ces messages nous interpellent: ils sont bien plus qu’un bel éloge du moine, chercheur de Dieu, ascète qui, tournant le dos au monde, vit exclusivement pour Dieu. Dans l’éloge on entend l’appel et la responsabilité qui nous incombent d’aller jusqu’au bout de notre vocation, sans retour en arrière, pour le bien des Eglises et pour le salut même du monde.

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La soirée fut poursuivie par le témoignage d’une sœur franciscaine d’Assise, Sr Elisa Carta. Elle a parlé de sa ville: “Ville sainte, en raison de Claire et de François, et Ville de pèlerinage”. Son témoignage fut illustré par bien des exemples poignants. La ville n’est sainte que par la présence des saints. Et les saints le sont chacun à sa manière, diversifiée, en progression et stimulés les uns par les autres. L’échange avec le groupe a permis d’enrichir encore le portrait de Claire, femme forte, et la portée christologique du choix de François pour les pauvres, sans idéaliser la pauvreté.

Le lundi matin 14 juillet on écoute l’exposé de sr Katia Roncalli, franciscaine. Elle porte le même nom que le pape, canonisé il y a quelques semaines à peine, saint Jean XXIII car elle est sa parente. Elle a voulu creuser l’expérience de la relation d’amitié entre François et Claire.

En un premier temps elle a clarifié le vocabulaire employé : “amitié spirituelle”, et notamment le terme “spirituel”, comme ce qui relève de l’Esprit et illustre sa présence. Elle note: amour, créativité, l’art de ressusciter des morts, de faire l’unité intérieure, unissant toutes les dimensions de la personne humaine.

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            En un deuxième temps elle a retracé l’historique bien concrète de cette amitié – les tout premiers contacts entre François et Claire, les grandes différences sociales et culturelles entre eux, leur unité malgré des parcours personnels fort contrastés.

            Enfin elle a retenu cinq traits caractéristiques de leur amitié spirituelle:

  1. La liberté; 2. La fidélité; 3. l’intimité; 4. le discernement réciproque; 5. l’ouvertre sur l’éternité.

En conclusion elle est revenue sur le verset de saint Paul: “… il m’a aimé et s’est livré pour moi” (Ga 2,20). Ce que Paul dit du Christ, l’ami(e) le dit de l’ami(e).

La deuxième partie de la matinée a consisté en une visite guidée de la basilique saint François avec le P. Antonello Fanelli. Histoire politique et ecclésiastique, histoire de l’iconographie, et surtout histoire où la vie et l’inspiration de saint François en viennent à affecter l’art même et son expression: le Christ byzantin qui est Dieu et Seigneur avant tout, dans un réflexe fermement anti-Arien, cède progressivement la place à un Christ humain, fils d’homme qui souffre au milieu d’une humanité partagée entre le bon larron et l’autre. Surgissent les noms de Cimabue, Giotto, Lorenzetti, Simone Martini. Ils retraduisent la foi avec simplicité et non sans grandeur, comme on le voit dans les fresques de Giotto (+1337), de la basilique supérieure (1290-1295): elles retracent en vingt-huit tableaux toutes les étapes de la vie de François.

Le lundi après-midi voulait offrir un temps de méditation sur le thème choisi. Les saints sont parmi nous. Ils nous illuminent, nous interpellent, nous attirent tels des aimants, nous accompagnent et témoignent de la réalité palpable de la communion des saints.

L’archimandrite Syméon du monastère saint Silouane près du Mans (France), a raconté ses premiers contacts avec la communauté monastique de saint Jean Baptiste à Maldon, près de Londres. Il se souvient de plusieurs paroles clefs du P. Sophrony (+ 11/07/1993; disciple de saint Silouane au Mont Athos) qui l’ont orienté et soutenu, notamment pour la fondation d’un monastère. Que pensait-il de ce projet, fonder un monastère? “C’est impossibile! Mais fais-le!” “Et sache que cela ne se fait que dans les larmes et le sang!” Des années plus tard il y a l’aveu: “C’est dur!” Réponse: “Alors, c’est très bien!”

Mme Jocelyne Wullschleger (Lille, France) dans son témoignage a retenu quatre figures qui marquent sa vie. Parmi elles il y a le peintre Jan van Eyck (voir l’Agneau mystique), son mari Gérard, protestant, mort après quinze ans de vie conjugale et le pape Jean XXIII. Egalement un jeune qui vit toujours: Jean-Baptiste, un de ceux qu’elle accompagne dans une des trois institutions qu’elle dirige. Tout son témoignage, poignant, atteste la réalité effective parce que transformante de la dite “communion des saints”.

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Plusieurs voix ont été ensuite entendues. Les saints nous unissent également au plan interculturel et inter-ecclésial, comme on le voit avec des saints comme François ou Isaac le Syrien. Quelqu’un affirme: “Nous sommes unis. Nos différences disent la richesse surabondante de Dieu”. La réalité effective dépasse et anticipe le contenu de nos discours timides.   Ce soir-là on a dû renoncer à la présence de Guido Roncalli, artiste, acteur, parent lui aussi du saint pape Roncalli, Jean XXIII. Il a été retenu par les funérailles d’un de ses amis les plus proches, ce même jour. Son absence ne nous a pas empêché de communier à son deuil. On conclut ce long moment ensemble avec le chant de la grande page de l’épître aux Hébreux, chapitre 11, appelé chez les protestantes de Reuilly: “Le Cantique de la Foi” (mélodie de sr Myriam).

Dans la soirée deux membres de notre association racontent, images à l’appui, ce qu’ils ont vécu à Séoul (Corée du Sud) lors de la dixième assemblée du COE (Conseil Oecuménique des Eglises): du 30 octobre au 8 novembre 2013. Il s’agit du P. Michel Malève (dominicain, revue Istina) et du P. José Maria Hernandez (Clarétain, maintenant missionnaire au Zimbabwe). Le thème était formulé sous forme de prière: Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix. Cette assemblée représente formellement un tiers des chrétiens de par le monde, plus ou moins un demi-milliard. Sur place il y avait 900 délégués et quelque 4.000 participants, le tout organisé à la perfection! Le climat fut celui d’une grande fête. Les questions d’actualité ont dominé les échanges et débats. L’hémisphère Sud en vient à prendre le dessus sur l’hémisphère Nord, au plan du contenu comme de la méthode. Les questions de théologie, certaines très bien traitées, passent toutefois à l’arrière-plan, vue l’actualité, perçue comme urgente, des questions politiques ou sociales. Ce lieu de rencontre entre Eglises est indispensable, on ne peut s’en passer. Que la formule ait besoin d’être reprécisée, c’est également un fait (comment être plus didactique, notamment). Une acquisition de poids est qu’on ne se contente pas de voter pour avoir la majorité: on veut le consensus, en laissant aux minorités chaque fois le droit de s’exprimer.

Mardi 15 juillet (saint Bonaventure (1221-‘74), le premier grand théologien du mouvement franciscain). La journée commence par un moment de lectio divina, proposée par le fr. Rupert de la communauté de Bose (dans le Piémont (Italie); voir toutefois la toute récente fondation en bas dans la plaine d’Assise, monastero di San Masseo). Il nous a choisi la page de Luc 15 et nous a commenté verset par verset ce chapitre, après avoir expliqué l’image de Dieu saint et donc séparé que nous transmet le Premier Testament. Jésus, en langage imagé, nous raconte comment Dieu se fait proche et abolit la séparation avec l’homme, même avec l’homme pécheur. Il vient combler la distance qui sépare le père du fils perdu comme du fils aîné, et des deux frères entre eux.

La seconde partie de la matinée le pasteur suisse Jean-Philippe Calame (qui est là avec France, son épouse catholique), nous a exposé un essai de synthèse théologique sur la communauté des saints – un des articles de foi du credo traditionnel commun. Il a commencé avec un aveu courageux et une humble prière: les Eglises de la Réforme ont dans leur mémoire une vraie blessure quant à la valorisation juste des saints, et il nous demande de leur venir en aide, ce qui signifie aussi un véritable défi pour nos Eglises. Arriverons-nous à proposer aux protestants une foi dans la communion des saints qui puisse les rejoindre et les guérir, comme il nous le demande? L’exposé était centré sur l’eucharistie comme le lieu par excellence de communion et de mémoire, d’anticipation de l’eschatologie et d’entrée dans le milieu où les saints sont nos prédécesseurs et nos compagnons actuels. Un beau fascicule de 15 pages, distribué à tous, permet de tout relire à tête reposée.

L’après-midi fut l’occasion d’un échange par groupes linguistiques. Dans notre groupe – italophone – on a signalé que les protestants, attachés qu’ils sont à la Bible, pourraient trouver de saines amorces d’une estime renouvelée des saints dans le cycle des patriarches et matriarches, honorés déjà dans la suite de la Bible même (voir Is 51,1s. ; Ben Sira 44s. ; 1-2 Maccabées), et surtout Hébreux 11 (Le Cantique de la Foi, signalé à la dernière page et que nous avions chanté la veille, selon une version des diaconesses de Reuilly).

La soirée nous a réunis pour écouter les témoignages de Taras Dmytryk et de la petite Sœur Paola-Francesca, l’un nous éclairant pour comprendre ce qui se passe en réalité en Ukraine – non pas une guerre civile mais une volonté du voisin de l’Est de déstabiliser le pays à tout prix, l’autre témoignant à la fois de l’horreur de la guerre actuelle en Syrie et des signes d’espérance malgré tout. Nous sommes remontés en un grand silence, lourd de la souffrance rapportée et criant vers Dieu notre supplication au nom des plus petits.

Mercredi 16 juillet

La journée commence à nouveau par un moment de lectio divina, présenté par le même fr. Rupert de Bose. Il considère cette fois le passage de Mt 9,9-13, avec ses deux tableaux: la vocation de Matthieu et la fête dans sa maison, suivie de l’intervention des Pharisiens qui murmurent. C’était l’occasion pour lui d’éclairer notre thème de la sainteté à partir de l’homme. La veille il l’avait éclairé à partir de Dieu. L’homme change de vie et renie son passé; il ne change pas pour autant d’amis et ne les renie pas… Comment bien vivre entre frères la révélation de miséricorde que Jésus introduit, non sans scandale pour l’homme religieux dont la référence est la règle et sa rigidité? Celles-ci peuvent faire des autres mes victimes. Dieu veut la miséricorde. L’homme selon le projet de Dieu est un homme de communion.

Dans la deuxième partie de la matinée l’Archimandrite Syméon nous emmène à réfléchir sur les deux notions clefs du sujet qui lui a été confié: œcuménisme et sainteté. Son accès à la thématique est le cœur, l’expérience, les exemples vécus, l’amour en acte dans la vie – la vie des saints qui viennent à nous et le plus souvent nous choisissent plutôt que nous eux. Avec réalisme il nous renvoie au lieu où nous vivons, à la nécessité de la conversion et du repentir, de la prière, de l’exercice de la charité mutuelle, en vivant de façon sainte et saine la tension entre le péché et la grâce, jour après jour. Le péché est bienvenu, l’idéal de perfection est un piège. Le début et la fin de son exposé étaient illustrées par des rencontres et des enseignements de saints contemporains – notamment Fr. Roger Schutz, dom André Louf, Yvonne Aimée de Jésus.

L’après-midi nous a réunis autour de trois voix – qui chacune interprétaient l’expression «la communion des saints», telle qu’elle apparaît dans le symbole du Credo commun. Sabino Chialà, moine de Bose, prieur d’Ostuni, près de Bari (It.), catholique romain; Sr Ekatarina Rotaru, moniale orthodoxe de Roumanie (monastère de Govora), et sr Bénédicte Girard, protestante des Diaconesses de Reuilly. Sabino s’interroge : Qui sont «les saints»? Il distingue trois niveaux de signification, déjà présents dans l’Ecriture (Rm 1,7 ; Hébr 3,1 ; Apoc. passim ; Lv 11,44 ; 1 Pi 1,16 ; cf. Mt 5,48). Il s’agit de tous les croyants (1), notamment ceux qui ont mené une vie conformément à l’évangile (2), ou encore (3) ceux qui participent aux choses saintes, à la réalité du Corps saint du Christ. Deuxième interrogation : qu’est-ce «croire à la communion des saints»? La foi se vit dans un contexte de communion, elle est plus que seulement personnelle. Elle suppose toujours un corps ecclésial. Cette communion par la sainteté est toujours là, antérieure à nos fractures et divisions et au-delà de celles-ci.

            Sr Ekatarina était comme saisie par l’image du cercle et de son centre (voir Dorothée de Gaza, VIe conférence, §78). Le centre du cercle qui est le monde, est Dieu, qui est amour. Se référant à plusieurs maîtres à penser (Dumitru Staniloae, saint Silouane, Saint Porphyrios) et à des personnes bien concrètes, rencontrées comme M. Marie Madeleine (ermite au Sinaï), elle a fait, comme dit Pascal, «une digression sur chaque point pour montrer toujours la même fin»: l’amour nous débarrasse du petit moi et nous pousse à l’ultime vérification qu’est l’ «amour des ennemis».

            Sr Bénédicte, protestante, comme le pasteur J.-Ph. Calame, a avoué une certaine hésitation en face du thème proposé, mais elle a été puiser dans la grande mémoire de sa congrégation des Diaconesses et de sa tradition ecclésiale. Chez la sœur fondatrice, chez des sœurs en mission au Cameroun, chez Calvin comme dans le catéchisme d’Heidelberg, elle a repêché en eau profonde de multiples perles, les unes plus belles que les autres et dont elle fut la première à s’en émerveiller. Elle peut témoigner avec sérénité: il y a une riche réflexion chez les protestants sur les saints, sur la communion avec eux, et sur le cordage – belle image – qui existe entre «la famille du ciel» et «la famille de la terre». Son exposé complète et vient enrichir le texte déjà bien riche du pasteur suisse Calame sur la question.

La soirée nous a permis de voir la cathédrale à taille humaine, tout à fait renouvelée, qu’est celle du Métropolite Stephanos de Tallin (Estonie: cathédrale près du port de la ville, lieu de rencontre des marins. Voilà un apéritif qui donne goût ; qui ne voudrait voir davantage? Sœur Agueda Garcia de Antonio a présenté l’œuvre des missionnaires de l’Unité et évoqué leurs multiples engagements récents et concrets en contexte espagnol. La soirée s’est terminée par un reportage, merveilleusement illustré, par les deux sœurs de Voronet, sur leur monastère en Roumanie, actuellement le plus grand de tous.

Jeudi 17 juillet, le matin, après la liturgie orthodoxe, présidée par le P. Syméon (Le Mans, France), nous avons écouté le P. Kassianos Inati, Libanais, moine du Mont-Athos, disciple un temps du très célèbre P. Païssios, et actuellement archimandrite d’un monastère au Nord du Liban. Il est parmi nous comme délégué du patriarche d’Antioche, sa béatitude Jean X. Il nous a offert un témoignage vibrant, appuyé par l’évocation des faits les plus récents de la guerre en Syrie, et des initiatives courageuses au Liban même. «Témoin» et «martyr» ne font qu’un même mot en grec (martys) et une même racine en arabe, mais en outre il s’agit d’une seule réalité dans l’univers chrétien d’aujourd’hui, pour tout le Moyen-Orient.

L’après-midi, avant l’assemblée générale, le frère mineur Tècle Vetrali de Vérone, bibliste de formation et oecuméniste de profession, nous a communiqué que la Congrégation des religieux au Vatican prépare la Semaine de prière pour l’Unité du mois de janvier prochain (2015) en invitant les religieux à s’y associer le plus possible. Une invitation formelle sera adressée à l’EIIR. La conviction de base qui anime les responsables de la Congrégation est que les religieux vivent entre eux le mystère de l’unité et sont en position idéale pour animer de l’intérieur ce qui doit habiter tout le mouvement œcuménique comme tel. Cette intuition rejoint très directement celle qui présida à la naissance même de l’EIIR. Indirectement ceci, peut-on dire, constitue une remarquable confirmation de toutes ces années de travail œcuménique soutenu.

A l’assemblée générale même, les cinq membres du bureau ont été reconduits, à une exception près: outre Son Eminence le Métropolite Athénagoras de Belgique, sr Bénédicte Girard, sr Bernadette Delizy, P. José Maria Hernandez Martinez, c’est l’Archimandrite Syméon qui a été choisi, avec un peu plus de voix que l’hiérodiacre Petar Gramatikov.

Un long moment de prière, ce même jeudi soir, nous a permis d’évoquer, grâce à la médiation de M. Marco Bartoli, de la communauté de Sant’Egidio (Rome), les témoins-martyrs de notre temps. On a parcouru les cinq continents, avec une liste qui embrassait plus de cent noms propres, toutes les confessions réunies… L’autel se remplissait de lumière : un large feu ardent devant le Très-Haut. Les Kyrie, eleison traversaient les cœurs et toutes les frontières.

Le soir, au cours du moment récréatif, on a pu se faire une idée, grâce à l’évocation faite par l’évêque de Hajdudorog, Mgr Fulop Kocsis (Hongrie) et des deux moniales de Damoc qui l’accompagnaient, de la réalité de ces chrétiens hongrois de rite grec mais de communion catholique. Lors de l’évaluation une voix du groupe orthodoxe s’était levée pour exprimer sa reconnaissance d’avoir pu prier avec des membres d’une Eglise dite «uniate», de rite oriental mais en lien avec l’Eglise catholique.

Tout au long de la semaine on a prié en plusieurs langues et rites et traditions différentes, avec ou sans mots. Ces moments ont permis à chacun de respirer en profondeur, entre les conférences et les échanges ou visites. Ils ont soudé notre groupe, plus que les mots ne peuvent le dire. En bordure de la ville du Poverello, c’étaient des liturgies de pauvres qui, tout en priant, creusaient leur pauvreté et laissaient l’Esprit les sanctifier toujours davantage – Dieu seul sait jusqu’où. Il n’y a aucun regret de sortir d’une liturgie avec une douleur au cœur quand celle-ci provient de ce qui sous le ciel n’est pas encore possible entre nos institutions. Si le visible est encore fragmenté, qui ose douter que l’invisible vers lequel on marche et dans lequel on est, le soit pour autant? Les saints comme François ou Claire, Silouane ou Isaac de Ninive, ne nous ont-ils pas illustré par tout leur rayonnement une unité qui dépasse de loin certaines séparations pourtant bien visibles ? Plusieurs sont revenus sur ce thème bien connu de la «douloureuse joie». Jean Climaque, cité par Nil Sorski, parle pour le moine en prière d’un état d’esprit qui rappelle celui d’ «un enfant qui pleure et qui rit à travers ses larmes».

Au terme de ces journées bien pleines, comment ne pas rendre grâces et comment ne pas poursuivre avec une ardeur renouvelée notre intercession pour un monde de justice de paix?

Rapport rédigé par le fr Benoît Standaert, osb

LA 34e RENCONTRE A POMEYROL: «ECOUTE, DIEU NOUS PARLE ! LA PAROLE DE DIEU POUR LA VIE DU MONDE»

19 juillet 2012

La 34e Rencontre de l’Association internationale et interconfessionnelle de religieux et religieuses a eu lieu à la Communauté de Pomeyrol (France), du 12 au 18 juillet 2012. Bercés par le chant des cigales, à l’abri des grands pins du parc, dans la belle lumière inspiratrice des paysages de Van Gogh et la douceur du climat, les quelques 70 participants venant des Eglises et communautés catholiques, orthodoxes et protestantes, et de 12 pays (Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Italie, Pologne, Roumanie, Suisse, Tchéquie et Ukraine) ont vécu une semaine intense sur le thème de l’écoute de la Parole.

Durant ces quelques jours bénis nous avons participé au rythme de la vie de cette petite Communauté protestante de Pomeyrol (au sud d’Avignon), dont la vocation est la prière pour l’unité des chrétiens. Trois offices quotidiens, matin, midi et soir. Et celui des Complies qui conclut la journée. A la fin de chaque petit déjeuner, la lecture de la Règle de la Communauté nous introduit merveilleusement au thème de la Rencontre : la Parole de Dieu vivifiante :

«Prie et travaille pour qu’Il règne! Que dans ta journée, labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu! Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ! Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes: Joie, simplicité, miséricorde»!

Mgr Athénagoras Peckstadt, évêque orthodoxe du Patriarcat Œcuménique en Belgique et président de l’Association, introduit la Rencontre en remarquant qu’il s’agit d’un thème qui convient à tous les chrétiens.  «La Parole de Dieu, les Evangiles, nous donnent la direction pour cheminer vers Dieu» (CLIQUEZ ICI pour l’allocution du président). La prieure de Pomeyrol, Sœur Danièlesouhaite la bienvenue: «Vous voir ici est un avant-goût de la fête de la Transfiguration. Ces Rencontres sont un véritable tremplin de communion et nous poussent à dire que l’un sans l’autre nous ne pouvons rien».

La Parole, Perle précieuse

Un message du patriarche œcuménique Bartholomée est ensuite lu par le président: «L’homme moderne ne cherche pas dans les monastères des activités philanthropiques, mais la communion vivante avec la Parole de Dieu. Là, le logos humain est inutile, car Dieu y parle et on l’écoute. La Parole est la Perle précieuse qui nous fait trouver la paix». (CLIQUEZ ICI pour le message du patriarche).

Suivent des messages du Service des moniales en France et de la Conférence des religieux et religieuses de France: «Les moines sont serviteurs de la Parole de Dieu, ils ont à faire entendre ce que l’Esprit dit aux Eglises. Les communautés se doivent d’être des laboratoires œcuméniques… L’accueil des personnes doit toujours l’emporter sur le jugement des idées… L’unification de l’être passe par la rencontre».

Ecouter la Parole

Le premier exposé a été confié au pasteur Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l’Eglise réformée de France. Il rappelle que ce thème «Ecoute, Dieu nous parle» a été choisi par son Eglise suite à sa fusion avec l’Eglise luthérienne de France: «Devant l’ampleur des questions administratives, un retour à la source s’est fait sentir de manière impérative».

«Ecoute»: le peuple de Dieu devient peuple en écoutant dans le désert. Jésus appelle à l’écoute. L’Eglise est créature de la Parole.

«Dieu nous parle»: le nous indique l’importance du partage. Il s’agit de se mettre les uns à côté des autres pour écouter. Mais dans une société sécularisée et abasourdie de bruit, la question se pose : comment écouter Dieu aujourd’hui ?

Comme le prophète Jonas, on peut réagir à la Parole en ne lui faisant pas confiance. Or pour pouvoir écouter, il faut le silence. L. Schlumberger le souligne : « Le silence est la condition et l’essentiel de la Parole ». Il faut aussi du temps : «L’homme trop pressé n’a pas de disponibilité. C’est le sens du sabbat. Parfois il faut une panne pour que la parole de Dieu déploie son impact».

Le pasteur Schlumberger estime que «la lecture communautaire est la voie royale pour redécouvrir la lecture de la Bible. La plupart des textes ont été écrits pour être lus ensemble. Dans une telle lecture, on découvre qu’il y a des trésors insoupçonnés dans la vie de chacun».

Prier la Parole : la Lectio divina

Lire ensemble les Ecritures, c’est ce que trois lectio divina communautaires ont permis de vivre. Elles ont été animées par deux membres de l’Ecole de la Parole, le Père Rolf Zumthurm, prêtre dans le diocèse de Sion et le pasteur Martin Hoegger, pasteur de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud. L’Ecole de la Parole s’inspire de la « Scuola della Parola » du Cardinal Martini, bibliste et ancien archevêque de Milan. En Suisse romande, cette forme de lectio communautaire a été dès le début œcuménique. Les trois textes proposés ont été tirés de la brochure de cette année sur l’Evangile de Jean : à savoir le Prologue, la rencontre avec les premiers disciples et Jésus à Cana.

 Ces précieux moments ont permis de vivre ce qui était dit durant les conférences. Ainsi la forme n’a pas été séparée du fond : invocation de l’Esprit saint, écoute profonde de la Parole dans le silence, partage de la vie à la lumière de l’Evangile, prière en réponse à la visite du Verbe.

La protestation de la Parole

P. Grégoire Papathomas, archimandrite et professeur de théologie à l’Université d’Athènes et à l’Institut Saint Serge à Paris, donne la deuxième conférence de la Rencontre sur le thème Monachisme et Sécularisation.

Après l’édit de Milan en 313, année clé dont nous célébrons les 1700 ans l’année prochaine, les persécutions ont cessé, mais un relâchement s’est fait sentir dans l’Eglise. C’est alors qu’est né le monachisme afin de maintenir l’orientation eschatologique de l’Eglise. C’est «sa seule et unique raison», car «la sécularisation est une menace permanente de l’Eglise et même du Monachisme». Les moines transformèrent alors «le martyre du sang» du temps des persécutions en un «martyre de la conscience».

Face à la tendance de la société post-moderne qui marche vers une coupure totale de la communion avec Dieu, la réponse des chrétiens est de revenir à la Parole de Dieu. «Le chrétien croit en la Vérité révélée. Grâce à cette foi, il est convaincu de la vie eschatologique…Il espère et il attend et cet espoir ne faiblit pas».

Cela tous les chrétiens sont appelés à le vivre, mais en particulier le monachisme, qui est une protestation contre toute sorte de sécularisation. Il sait que le Royaume de Dieu est proche parce que le Christ ressuscité est parmi nous.

La Parole qui élargit

Au soir de ce samedi 14 juillet, nous nous retrouvons dans l’église de Saint-Etienne-du-Grès autour de l’archevêque du diocèse d’Aix en Provence, Mgr Christophe Dufour, qui lit la salutation des évêques de France. Dans son homélie il médite sur la prière du début de la lettre aux Ephésiens : Béni soit le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Il y découvre une fascinante vision: «Autour de cette vision du Christ comme point focal de l’histoire nous sommes un ! Si nous sommes divisés, la vision se brouille. La vision ne peut supporter la division sans s’effacer. Mais aucun, à lui seul, ne peut embrasser cette vision d’un regard qui soit total. Chacun a besoin des autres pour élargir le champ de sa vision».

L’après-midi nous écoutons Taras Dmytryk qui présente le travail de l’Institut d’études œcuméniques de l’Université catholique de Lviv, en Ukraine. Un travail important dans un contexte œcuménique plein de défis.

La lumière de la Parole

Tôt le dimanche matin, nous nous retrouvons dans la magnifique église romane de Saint Gabriel, à quelques pas de Pomeyrol. Pendant une heure et demie, sous la présidence du métropolite Stéphanos de Tallinn et de l’Estonie en concélébration avec l’évêque Athénagoras de Sinope et 4 prêtres, nous vivons une très belle liturgie orthodoxe dans cette chapelle aux murs nus, illuminée par des bougies et un rayon de soleil, éclairée par les icônes, et habitée par des chants en grec, roumain et français.

Le Père Syméon, supérieur du monastère de Saint Silouane, près du Mans (France), donne ce commentaire de l’Evangile: «Vous êtes la lumière du monde». «Pourquoi le Seigneur nous dit-il que nous sommes la lumière du monde, alors que la lumière c’est Lui ? La réponse est donnée à la fin de ce texte : nous sommes la lumière à condition de suivre ses commandements. Ils sont simples : «tu aimeras le Seigneur et ton prochain comme toi-même.». Pour être cette lumière, il nous faut donc aimer».

La radicalité de la Parole: Mérindol et les Vaudois

Après le petit déjeuner, départ pour Mérindol, dans le Lubéron, où le pasteur Horst Decker nous présente le Mouvement vaudois né au 12e siècle, qui se caractérisait par un fort attachement au texte biblique, en particulier au Sermon sur la montagne. Au 16e siècle, les Vaudois se rallièrent à la Réforme protestante. Mais les persécutions commencèrent et conduisirent à la destruction du village. Puis à sa reconstruction. Pendant la période qui a suivi la révocation de l’Edit de Nantes, la plupart des protestants pratiquèrent leur foi en cachette. Aujourd’hui la moitié du village est attachée à la foi protestante.

Qu’est-ce qui subsiste du témoignage des Vaudois dans cette région, se demande le vice-président de l’Association sur l’histoire des Vaudois du Lubéron, également diacre dans l’Eglise catholique? «Le fait d’approfondir leur message m’a aidé à retrouver les racines de ma foi. Cela m’a aussi ouvert à l’œcuménisme. Les Vaudois étaient attachés à la radicalité de l’Evangile, à le prêcher et à la liberté de conscience. Ils restaient attachés à leur Eglise, mais suivaient leur chemin. Ce sont des valeurs essentielles pour l’œcuménisme».


Vivre la Parole au quotidien: le Monastère de Sénanque

Après un repas fraternel dans un restaurant de Mérindol, nous visitons l’Abbaye de Sénanque, aux formes harmonieuses, qui se dresse fièrement, depuis plus de 850 ans, dans son vallon au milieu des lavandes en fleur. Frère Jean-Marie, son prieur, nous accueille et nous explique l’histoire de l’Abbaye et sa vie monastique: «Environ 300.000 personnes passent par l’abbaye. Cette réalité contraste avec la vie solitaire et d’union avec Dieu que cherchent les moines. Mais ils sont appelés à vivre ce contraste. En fait, il n’y a que deux choix possibles : soit fuir, soit accepter la réalité. Nous avons choisi de rester. C’est une occasion unique d’entrer en relation et de témoigner de notre vocation. Nous essayons de vivre de la Parole au quotidien par la prière continuelle et la lectio divina. C’est l’essentiel : rejoindre les gens au plus profond de leur être».

La Parole, ferment d’une vie

Le lendemain matin, nous reprenons l’approfondissement de notre thème de la Parole de Dieu pour la vie du monde, avec un témoin exceptionnel qui a cherché, sa vie durant, que la Parole de Dieu soit inspiratrice et critique: Michel Camdessus, ancien directeur de la Banque de France, du FMI et membre du gouvernement.

Celui-ci nous confie: «C’est l’occasion d’un retour sur ma vie et d’y découvrir les traces de la Parole…. J’ai appris à l’écouter dans les aumôneries d’étudiants. Trois dons m’ont été faits: le goût de la Parole, le sens de la communion avec les hommes et l’ouverture à leurs besoins».

Ce goût de la Parole l’a aidé à considérer le service de l’Etat comme un service à la communion. «Le monde du service public n’est pas facile : hostilités, inerties, incompréhensions, recherche de repères éthiques. L’Evangile ne donne pas de réponses directes, mais l’enseignement social chrétien m’a aidé à découvrir un trésor de références, comme de mettre au centre la personne humaine, la famille en tant que cellule fondamentale de la société, l’économie et la finance comme service, l’option préférentielle pour les pauvres… »

Après avoir proposé sept principes d’hygiène spirituelle, M. Camdessus conclut : «La Parole a été le ferment et l’instance critique de ma vie. Cette parole du prophète Michée m’a fait vivre: «On t’a fait savoir ce qui est bien, rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu» (Mich. 6,8).

L’âpreté de la Parole !

A la fin de cette journée, nous nous retrouvons dans la chapelle de Pomeyrol pour la célébration de la Sainte Cène. Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, membre du comité de l’Association, la célèbre en apportant une méditation sur le « Soyez toujours joyeux » de Saint Paul (Philippiens 4,3). « Comment recevoir une telle parole, se demande-t-il ? Avec l’insouciance de la jeunesse, avec le grand âge, où chaque jour nouveau est une grâce ? Mais avec la perte d’un frère sauvagement assassiné ? Avec le poids d’un monde injuste où des multitudes d’hommes et de femmes n’ont pas d’eau pour se rafraîchir ?…Non, Seigneur…ou au moins non, Paul, je ne peux pas être toujours joyeux…Je veux pourtant recevoir cette Parole. Toute la Parole est pour moi, même si elle me révolte…Il n’y a pas d’autre issue que d’apprendre à être joyeux, de se savoir « appartenir au Seigneur ». Hier, avant que je sois né ! Demain, quand tout sera récapitulé dans son amour ! …»

Unis autour de la Parole?

Le Père Benoît Standaert, bénédictin de l’Abbaye Saint-André à Bruges (Belgique) et bibliste renommé, donne la dernière conférence : «Unis autour de la Parole ?» Il faut souligner le point d’interrogation, car on lui a demandé de traiter de sujets controversés tels l’inspiration, la tradition et la régulation dans la vie ecclésiale.

Mais avant de les aborder, il tient à souligner tout ce qui nous unit. D’abord la lecture priante des Ecritures, qui nourrissent notre rencontre avec Dieu. Il appelle à retrouver l’esprit de la lectio divina selon la maxime patristique: «Quand tu lis il te parle ; quand tu pries tu lui parles».

Il invite aussi à la lecture « à grande enjambée » d’année en année : «Cette pratique nous rapproche les uns les autres et de nos racines juives. Plus nous sommes proches de nos racines plus nous sommes proches les uns des autres : C’est une de mes rares convictions…car plus j’avance, moins j’en ai, mais plus elles s’approfondissent ». Pour cela, un renouveau du lectionnaire est nécessaire.

La place nous manque pour rendre compte de la richesse de sa réflexion. Nous renvoyons au site internet de l’Association qui a mis en ligne sa conférence.

Sa dernière question nous fait réfléchir. Comme Jésus est mort en prononçant des mots de l’Ecriture : «Père entre tes mains je remets mon Esprit» (Ps 31,6) ; «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné» ? (Ps 22,1), quel est le verset de l’Ecriture dans lequel nous allons mourir? « Notre vie est-elle autre chose qu’un entraînement continu à bien lire «de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre intelligence et de toutes nos forces?»

Sa conclusion peut aussi être celle de ces beaux jours où nous avons fait l’expérience de la force vivifiante de communion de la Parole de Dieu : « Le point d’interrogation qu’on m’a proposé comme titre de ma conférence – «Unis autour de la Parole » ? – n’est pas juste. Nous sommes tous sous la Parole et cela nous unit. Cela devrait être notre commune conviction ; nous pouvons croître ensemble sous la Parole». Le mardi 17 juillet, séance plénière pour l’évaluation de la Rencontre par les participant(e)s. Beaucoup relevèrent le positif des échanges, la qualité des conférenciers et l’accueil si fraternel des Soeurs de Pomeyrol.

Martin Hoegger, Le Mont sur Lausanne   –   martin.hoegger@eerv.ch

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LA 33e RENCONTRE DE L’EIIR AU MONASTERE SAINT JEAN DE RILA (BULGARIE) – 13-19 JUILLET 2010

20 juillet 2010


Rila
– Cette 33ème Rencontre de l’EIIR a eu la joie de se vivre dans le prestigieux cadre du Monastère Saint Jean de Rila (Bulgarie). Le groupe des participants remercie l’Evêque Evlogij, higoumène de ce monastère, ainsi que tous les frères bulgares particulièrement le Hiérodiacre Petar Gramatikov et le Prof. Ivan Z. Dimitrov.

La disposition de “philadelphia” a rapidement permis des retrouvailles chaleureuses pour les habitués, et d’être vite intégrés pour les nouveaux. Venant de plusieurs pays et confessions (Allemagne, Belgique, Brésil, Bulgarie, Colombie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Norvège, Roumanie), les participants ont été attentifs à répondre au thème de réflexion: “La vie en Christ: défi et espérance”.

La conférence d’ouverture donnée par l’Evêque Athénagoras de Sinope (Patriarcat Œcuménique – Belgique), président de l’EIIR, a permis d’orienter les travaux: «regarder en face les difficultés, les défis que présente la vie en Christ… Le coeur de l’homme est le seul endroit où la véritable liberté prend son sens, où l’Amour véritable pour Lui et pour notre semblable peut croître et d’où la louange liturgique à Dieu peut s’élever». Tous ont été sensibles et honorés de l’attention portée à la Rencontre par le Patriarche Œcuménique Bartholomée de Constantinople, par les Cardinaux Walter Kasper (président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens – Vatican) et Franc Rodé (préfet de la Congrégation pour la vie consacrée – Vatican) et par Sa Majesté le Roi Siméon de Bulgarie. Leurs mots chaleureux d’encouragements ont permis de mieux saisir l’ampleur et la gravité des échanges.

Les temps de prières et de participation “liturgique” ont aidé à contempler le mystère de Notre Seigneur: le défiguré du Golgotha et le transfiguré du Thabor, clef et source de toute droiture anthropologique, en s’inspirant ici de Saint Irénée de Lyon.

Soeur GilChrist Lavigne (Mariakloster Tautra – Norvège) a ouvert le chemin. Insistant sur l’indispensable dynamique d’expérience et de compagnonnage avec le Christ; elle a invité l’assemblée à savoir oser passer de la crainte servile à la crainte constructive. Don, contredon et abandon, nous amènent à un décentrement pour vraiment participer à la perfection de Jésus. Il faut accepter nos fragilités pour laisser progressivement entrer en nous la force de miséricorde. Itinéraire que les participants ont retrouvé dans la conférence de l’Archimandrite Syméon (Monastère Saint Silouane – France). Fulgurence de la conversion de Saint Silouane de l’Athos: «Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas». Dans les larmes et les cris, l’orgueil qui semble fermer tout progrès spirituel, dans l’élan du désir du Christ, se mue en faiblesse reconnue pour se laisser aimer à la mesure du coeur d’Amour de Dieu. L’espace intérieur de Saint Silouane se dilate alors aux dimensions de la compassion pour tous les hommes de la terre. En complément de cet apport profond, Soeur Théosemnie (Monastère de Chrysopigi, Chania – Grèce) a rappelé la belle figure de Porphyre de Kafsokalyvia, avec l’intention de se reposer la question de notre propre attachement au Christ.

«Etre témoin du Christ». L’un des appels marqué par le Pasteur Jean-Arnold de Clermont (ancien président de la KEK – France). Dieu a contracté une alliance avec nous, il se fait proche. Nous sommes ainsi convoqués à une écoute et un partage. Une ouverture à l’insaisissable divin dans la diversité des modes culturels, à une Parole qui rend libre, qui travaille et demeure au plus intime de nous-mêmes, pour être partagée. Sœur Christiane Jouve (Pomeyrol – France) a présenté le projet des soeurs de Pomeyrol, à partir de l’expérience d’une quête intérieure de paix de leur fondatrice au coeur des affres de la Seconde Guerre Mondiale.

Ces lignes substantielles trop rapidement données ont été articulées à la situation concrète de la Bulgarie. Les conférences du Hiérodiacre Petar Gramatikov (Plovdiv – Bulgarie) et du Prof. Ivan Z. Dimitrov (Sofia – Bulgarie), ont permis de mieux considérer les enjeux et les espérances en cette terre bulgare. Pays européen où il semble que la diversité des religions se vivent dans l’harmonie, mais où une certaine désaffection pour la foi chrétienne n’est pas sans rappeler d’autres cas européens, évoqués lors des rencontres en carrefours. L’assemblée a aussi pu – avec une amertume certaine – constater que l’oecuménisme n’était pas toujours prioritaire et a prié pour que l’Esprit souffle aux pasteurs de se saisir plus profondément de ce mouvement essentiel pour la vie de l’Eglise.

Le Père Michel Van Parys (Monastère de Chevetogne – Belgique) a proposé cinq défis à relever dans l’espérance œcuménique: relever le désarroi des fidèles, retrouver le chemin avec les personnes qui ont besoin d’une foi qui console et d’une espérance chaleureuse, s’interroger sur l’hégémonie persistante du modèle occidental, réconcilier nos vieilles blessures, ne pas laisser l’oecuménisme s’endormir dans la diplomatie. Aussi faudrait-il nous mettre en obédience du Rabbi qui est Parole de Dieu, apprendre à mieux recevoir des autres traditions, recentré sur la présence du Règne de Dieu, être davantage attentifs à l’échange des dons.

La table ronde animée par le Père Franck Lemaître (Paris – France) a pu permettre d’entrer dans des éléments concrets, particulièrement la relation de la récente assemblée de la KEK à Lyon (Mgr Stephanos de Tallinn et de toute l’Estonie et le Pasteur Jean-Arnold de Clermont), ainsi que les efforts à poursuivre à l’aune de 100 ans de vie oecuménique (Dom Michel Van Parys).

Tout cela recentrer sur le mystère du Christ ressuscité où le Métropolite Stephanos de Tallinn et de toute l’Estonie, a livré une profonde méditation nouant toutes les lignes déjà évoquées: «l’espace mystérieux du coeur, lorsqu’il est habité par Jésus ressuscité ne connaît plus de limite». Témoignage de la joie pascale où, nous les baptisés, sommes plongés dans une configuration avec le Christ. Et dans son lien sponsal avec chacun d’entre nous, se révèle la proximité et la vérité. Nous retrouvons la nécessité du témoignage, de l’accompagnement, de la présence. Contemplons-nous assez ce mystère de l’Incarnation où «le but final est la destruction de la mort»? Le lien avec don, contredon, abandon, dans la foi, ne se retrouve-t-il pas ici?

L’après-midi de la journée finale fut consacrée, comme de coutume, à l’Assemblée Générale de l’EIIR, à l’évaluation de cette Rencontre, à un échange sur des projets d’avenir, ainsi qu’ à l’élection des membres du Comité Organisateur.

Mgr Stephanos et Mgr Ioan, auxiliaire du Patriarche de Bulgarie

Mgr Stephanos et Mgr Ioan, auxiliaire du Patriarche de Bulgarie

Il semble qu’entre Thabor et Golgotha, chacune des rencontres de l’EIIR, des prières, des temps de célébrations, a été traversée par cette tension entre douleur et transfiguration. C’est le chemin obligé de tout disciple du Seigneur, de celui qui désire la sainteté, que ce soit pour chaque baptisé ou pour chaque Eglise. Puisque le Christ époux est serviteur, l’assemblée a sans doute emprunté ce chemin diaconal, durant ces quelques jours. Espérons qu’il ne soit pas un simple tronçon de route vite délaissé, mais qu’il grandisse pour que s’intensifie l’autoroute de l’Unité. Osons rendre grâce pour ce temps que l’Esprit nous a donné pour bâtir ce bel échangeur.

Christ est ressuscité!

Alléluia.

P.S. La prochaine Rencontre est prévue chez les Soeurs Protestantes de Pomeyrol, en France, du 13 au 19 juillet 2012.


Les membres-élus du Conseil d'Administration de l'EIIR

Les membres-élus du Conseil d’Administration de l’EIIR

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les photos

discours d’ouverture du président (Mgr Athénagoras)

message du Patriarche Oecuménique Bartholomée

message du Patriarche Oecuménique Bartholomée (en grec)

message du Cardinal Walter Kasper

message du Cardinal Franc Rodé (en espagnol)

message du Roi Syméon de Bulgarie (en bulgare)


LA 32e RENCONTRE DE L’EIIR AU MONASTERE DE SOBRADO EN GALICE (ESPAGNE) – 12-18 JUILLET 2008

3 mars 2010

Sobrado – La 32ème Rencontre interconfessionnelle de religieux-ses de nationalités diverses s’est réunie au Monastère des Pères cisterciens, à Sobrado (Espagne), du 12 – 18 juillet 2008. Ce fut une semaine de prière commune, de rencontres fraternelles, d’enseignements et d’échanges.

Le thème de cette Rencontre était “La force du nom du Christ – coeur du monde”. Elle rassemblait une cinquantaine de participant(e)s, venant d’une grande diversité de pays, de confessions et de cultures (Allemagne, Belgique, Bulgarie, Croatie, Espagne, Estonie, France, Guatemala, Italie, Maroc, Pérou, Roumanie, Suisse, Tchéquie et Ukraine).

Dans son introduction de la Rencontre, le Président de l’E.I.I.R., Mgr Athénagoras Peckstadt, Evêque de Sinope (Patriarcat Oecuménique – Belgique), remarquait: «Si nous nous sommes réunis ici, c’est parce que nous croyons en l’idéal de l’unité des chrétiens, parce que nous voulons prier pour qu’elle advienne, parce que nous croyons que le dialogue nous fait plus avancer que d’être simplement et statiquement centrés sur nous-mêmes. Nous croyons aussi que Dieu Lui-même rendra possible l’unité visible des chrétiens. Ce qui nous unit déjà aujourd’hui, c’est notre foi commune en ‘La puissance du nom du Christ’. De là notre choix du thème de cette rencontre : “La puissance du nom du Christ – le cœur du monde”. (…) Je voudrais encore adresser quelques paroles de gratitude aux regrettés fondateurs de ces Rencontres, qui nous ont quittés au courant de cette année 2008: Mgr Emilianos Timiadis, Métropolite de Silyvria (Patriarcat Œcuménique), et Mgr Julian Garcia Hernando, tous deux de grandes figures contemporaines de l’œcuménisme».

Suivit la lecture des messages, envoyés en signe de communion, par le Patriarche Œcuménique de Constantinople Bartholomée, le Cardinal Walter Kasper (Président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens), le Cardinal Franc Rodé (Préfet de la Congrégation pour les Institutions de la Vie Consacrée), Mgr Julian Barrio, Archevêque de Santiago de Compostela, et le Métropolite Polycarpe d’Espagne et du Portugal (Patriarcat Oecuménique), transmettant leur bénédiction et leurs encouragements aux participants. Dans son message le Patriarche Œcuménique Bartholomée nous rappelle que: «la force et la puissance de Dieu sont présents dans le Nom de Jésus et agissent par son Nom. Un nouveau lien existe ainsi entre le Nom et la personne de Jésus Christ. La force du Nom est la force du Christ même. L’invocation de son nom rend le Christ véritablement présent en actes ou par grâce, comme c’est aussi le cas avec l’icône dans la tradition orthodoxe». Le Cardinal Walter Kasper soulignait: «la recherche de l’Unité est un service indispensable que nous devons toujours offrir à l’Eglise du Christ, parce que l’Unité appartient à son essence et à sa mission. (…) Pour cela les Rencontres peuvent être une façon efficace de stimuler une nouvelle énergie et une nouvelle initiative à l’intérieur des Communautés religieuses». Le Cardinal Franc Rodé encouragea les participants à toujours se souvenir que: «c’est le Christ qui donne le sens et la force à notre option de vie, qui dégage une impulsion vers l’œcuménisme, qui nourrit le désir d’une communion toujours plus complète entre les chrétiens, ‘pour que le monde croie’ (Jn 17,21)».

Ensuite le Prieur de la Communauté des Moines de Sobrado, le Révérend Père Carlos Cuartango, souhaitait la bienvenue aux participant(e)s par des paroles d’accueil très fraternelles et des souhaits pour une Rencontre fructueuse.

La première conférence fut donnée par le Rév. Frère Enrique Mirones (moine catholique du Monastère de Sobrado) avec pour thème: “Disciples du Christ, pèlerins du monde”. L’orateur rappela combien il est important «de se souvenir de notre condition de pèlerins (c’est à dire: en mouvement) à la suite de Jésus et c’est en tant que tels que nous formons Son Eglise. L’Esprit de Jésus est celui qui nous précède dans notre quête d’unité, dans un monde pluriel et changeant. L’unité voulue par Dieu pour les humains naîtra de la pluralité et de la différence».

Après une visite guidée du Monastère, suivait une communication des expériences œcuméniques en Galice, animée par le Pasteur Samuel Arnoso (évangélique), le Rév. Père Benito Gonzales Raposo (délégué de l’œcuménisme de l’Archevêché de Santiago) et Sœur Carmen Ordonez (catholique).

Le Rév. Père Santiago Madrigal s.j. (Doyen de la Faculté de Théologie Comillas – Madrid) donnait un remarquable exposé sur le thème “Mais pour vous, qui suis-je? (Mc 8,29)”. Passant en revue les diverses perceptions de l’Homme ‘Jésus de Nazareth’ dans les expressions multiples de notre société contemporaine, l’orateur montra combien l’interrogation au sujet de l’identité de Jésus demeure très actuelle, même pour les incroyants. Et aussi combien la lecture de l’expérience des grands mystiques hispaniques fait découvrir que l’humanité du Christ est chemin vers la connaissance de Dieu. «Le Christ est le Oui de Dieu à notre humanité».

Suivit une table ronde présentant “Le Rassemblement œcuménique européen à Sibiu, Roumanie, 4-9 septembre 2007”, animée par Mme Gloria Uribe (catholique), l’Archimandrite Dimitrios (Rogelio) Saez Carbo (orthodoxe) et le Pasteur Michael Riedel-Schneider (luthérien).

Dans sa communication intitulée “Le Christ, centre de la liturgie pour la transformation du monde” – au sujet de l’évolution de la Liturgie à travers l’histoire de l’Eglise – la Rév. Sœur Concepcion Gonzalez (catholique) rappela que la Constitution sur la Liturgie de Vatican II définit la Liturgie comme: «l’exercice du sacerdoce du Christ en lequel toute la Sainte Trinité associée à l’Eglise signifie et réalise le salut des hommes et la gloire de Dieu. Le Christ est présent en toute action liturgique comme sacrement, en tout le mystère pascal par le pouvoir de l’Esprit Saint».

Le Pasteur Alfredo Abad (secrétaire général de l’Eglise Espagnole Evangélique) présenta une conférence dont le thème était : ‘’Au commencement le Verbe était… et le Verbe s’est fait chair (Jn 1,1-14)’’. Partant de la relation des versets de l’Evangile de Saint Jean avec le thème de la Rencontre le pasteur développa combien «la confession de foi de l’Eglise primitive affirme que l’action de Dieu au milieu de nous se trouve en Jésus Christ. Le Nom de Jésus est expression du Mystère qui veut se transmettre et que les apôtres vivent dans le Ressuscité».

Le Métropolite Stéphanos (Charalambides) de Tallinn et de toute l’Estonie (Eglise Orthodoxe autonome), dont la conférence était intitulée “La force de Son Nom, la prière du cœur“, mit l’accent, sous forme de méditation, sur la puissance spirituelle de la prière de Jésus, Nom qui sauve. «Jésus est le Nom de Celui qui scellera le terme de l’Humanité, tout part de Jésus et tout aboutit à Lui. Le Nom de Jésus porte en soit une authentique dimension sacramentelle et mystique. La pratique du Nom de Jésus communique la force de la déification. Jésus est Présence dans son Nom».

Enfin l’Hiéromoine Christophore Panaitescu (orthodoxe) fit lecture de la conférence préparée par l’Archimandrite Job Getcha (professeur de l’Institut Orthodoxe Saint Serge à Paris – empêché) intitulée «Comment témoigner du Christ dans un monde qui ne croit pas». Dans sa réflexion il releva combien «sans expérience métaphysique il est difficile de comprendre la transcendance de Dieu, sans révélation divine personne ne peut connaître Dieu. (…) Il y a quatre grandes souffrances dans le monde actuel: matérialisme, relativisme, individualisme et l’hédonisme. (…) L’Eglise offre l’amitié des chrétiens comme aide spirituelle».

Le Rév. Père André Louf (moine catholique et ancien abbé du Monastère du Mont-des-Cats – France) a souligné lors de son excellente présentation de la synthèse du Colloque – “que nos Rencontres expriment combien la vie monastique de l’Orient et de l’Occident sont nées d’une même tradition. Les liens d’amitiés entre les participant(e)s repoussent les murs de la division et hâtent l’advenir de la réconciliation ecclésiale. Notre vocation est de servir l’Eglise en étant présent à la Présence du Christ”.

Les temps de prière commune dans les célébrations quotidiennes, où la pluralité des traditions pouvaient s’exprimer de manière très visible (catholique, protestant et orthodoxe) révélèrent la richesse de la diversité ecclésiale.

Les témoignages entendus, les relations nouées au fil des jours ont été d’une grande richesse.  D’abord, le témoignage de l’Hiérodiacre Petar Gramatikov (orthodoxe), qui parla de la christianisation du peuple bulgare, de la tradition monastique à partir des disciples des Saints Cyrille et Méthode, à travers l’icônographie et de la situation actuelle de l’Eglise Orthodoxe de Bulgarie. Ensuite les Rév. Sœurs Sistina (catholique – Pérou) et Hélèna (catholique – Guatemala), étudiantes de l’Institut Œcuménique de Bossey (Suisse), témoignèrent de leur profonde joie de partager l’expérience œcuménique avec leurs frères et sœurs des diverses Eglises. «L’œcuménisme est un parcours important dans la recherche de la vérité et de la charité».

Le 15 juillet, les participants se rendirent en pèlerinage à Santiago de Compostela où, avec des milliers des pèlerins du monde entier, ils participèrent à l’Eucharistie solennelle à la Cathédrale Saint Jacques. Mgr Stéphanos, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie (orthodoxe) a été invité à prendre la parole devant la foule et insista sur le thème de la Rencontre en rappelant combien le nom du Christ nous rassemble tous. Il remercia ensuite le Doyen de la Cathédrale pour la qualité de son accueil fraternel. En fin de journée la Communauté des Sœurs Bénédictines de Sainte Pelayo (Santiago de Compostela) nous accueillait pour une célébration œcuménique des Vêpres.

L’après-midi de la journée finale fut consacrée à l’Assemblée Générale de l’E.I.I.R., à l’évaluation de cette Rencontre et à un échange sur des projets d’avenir.  La Rencontre se clôtura par une célébration d’action de grâce.

La profonde communion dans la prière et le partage fraternel entre les participant(e)s au cours de ces jours, témoignent combien l’Esprit Saint est à l’œuvre dans les cœurs et nous conduit peu à peu et patiemment vers l’espérance de l’Unité. Les participants gardent de cette Rencontre le souvenir reconnaissant de l’accueil généreux et constamment attentif de la Communauté des Moines de Sobrado.