LA RENCONTRE DE 2016 EN ESTONIE

4 février 2016

LA 36° RENCONTRE EIIR  

TALLINN (ESTONIE) 5-10 JUILLET 2016

«HEUREUX LES MISERICORDIEUX»

3 Conférences

La spiritualité des Béatitudes
Mme Claude Caux, protestante, Prieure de la Fraternité Spirituelle des Veilleurs,

La miséricorde dans la vie monastique, témoignage
Archimandrite Syméon, orthodoxe, monastère Saint Silouane (France)

Le don de miséricorde, une source d’inspiration toujours renouvelée
Sœur Anne Lécu, catholique, dominicaine de la Présentation de Tours, médecin en prison

2 Table-rondes

avec des délégués catholiques, orthodoxes, protestants

  • Le vécu chrétien dans les pays baltes
  • J’étais étranger et vous m’avez accueilli

Temps de prière

Lectio divina, avec le Pasteur Martin Hoegger (Ecole de la Parole, Lausanne)
Sainte Cène protestante, Messe catholique, Divine Liturgie orthodoxe

Ecoute mutuelle

Travail de groupe et temps de partage de nouvelles et d’expériences

Découverte de Tallinn et de l’Estonie

Conférence
Monseigneur Stéphanos, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie

Visite de la ville

 

POUR TOUTE INFORMATIONS VOIR LE BULLETIN E.I.I.R. N°16 – février 2016

BULLETIN D’INSCRIPTION

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LE LAC

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12525501_10153314220786074_7454013198398435363_oLes Métropolites Stéphanos et Athenagoras et l’Archimandrite Syméon
réunis pour préparer la Rencontre en Estonie

12493530_10153314221576074_6078894700778141083_oLe père Syméon devant l’entrée du Centre de la prochaine Rencontre EIIR

12615775_10153314222566074_9078191702591352104_o.jpgLe Centre d’accueil pour la prochaine Rencontre EIIR

LE BULLETIN ‘EIIR NEWS’ N°15

30 janvier 2015

Voici le bulletin ‘EIIR NEWS’ N°15 de janvier 2015: bulletin n°15.

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LA 35e RENCONTRE EIIR A ASSISE EN ITALIE – JUILLET 2014

24 octobre 2014

Notre grand groupe – plus d’une cinquantaine – était presque au complet le premier soir, samedi 12 juillet, quand Son Eminence le Métropolite Athénagoras Peckstadt, Métropolite de Belgique et président de l’EIIR, nous a salués.

Ce fut l’occasion d’une courte présentation d’un chacun et la découverte rapide de l’énorme variété que nous représentons: outre les pays fort bien représentés comme l’Espagne, la France, l’Italie et la petite Belgique, il y a la Roumanie, la Tchèquie, la Bulgarie, l’Oucraine et même le Liban avec l’Archimandrite Kassianos, formé au Mont Athos. La petite Soeur Paola Francesca, Italienne, nous vient de la Syrie. Mgr Stéphanos de Tallin (Estonie) s’excuse par lettre: pour des raisons de santé il ne pourra pas être des nôtres. On attend encore trois membres de la Hongrie, pour le même soir.

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Le lendemain – dimanche 13 juillet – il y eût l’eucharistie dominicale dans la cathédrale Saint Rufin. L’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino, absent, nous a laissé un message chaleureux, épiloguant sur la centralité du thème choisi de la sainteté, non seulement entre les confessions chrétiennes mais aussi comme “le meilleur billet de présentation de notre foi dans le dialogue avec les frères d’autres religions”.

Avant comme après la messe on a découvert la ville – “ville haute” des classes supérieures, dont faisait partie la famille de Claire, et “ville basse” des minores, avec la position intermédiaire de la famille de François, milieu marchand, groupe social montant. François va s’en distancier radicalement en faisant une ferme option pour les minores. Ses frères seront “frères mineurs”, sans autre ambition.

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A 16h, à la Domus Laetitiae, a lieu l’ouverture officielle, par le Métropolite Athenagoras de Belgique. Il introduit le thème par une réflexion personnelle, où il souligne combien “l’appel à la sainteté” est central dans toutes les premières catéchèses chrétiennes et monastiques. Nous avons là un heritage commun et des sources communes. C’est en repassant par les Pères de l’Eglise primitive que nous pouvons retouver l’art de témoigner – sans prosélytisme – de notre foi commune dans un monde de plus en plus sécularisé qui ignore le Christ.

La première heure fut aussi l’occasion d’écouter différents messages venant de Sa Toute-Sainteté le Patriarche Oecuménique Bartholomée de Constantinople, du cardinal Kurt Koch (secrétariat pour l’Unité des chrétiens. Son délégué était ce jour-là parmi nous, le P. Hyacinthe Destivelle, dominicain français), du Métropolite Stéphanos de Tallin et de tout l’Estonie et du Métropolite Gennadios d’Italie et de Malte, Exarque pour l’Europe méridionale; son délégué, l’Archimandrite Syméon Katsinas, nous rejoindra le lendemain, depuis Rome). Tous soulignent le lien entre vocation monastique et sainteté, avec l’implication oecuménique de cet appel central. Chacun le fait en se référant à sa manière aux Ecritures, aux écrits des Pères comme saint Grégoire de Nazianze, ou aux textes concilaires de Vatican II. Ensemble, ces messages nous interpellent: ils sont bien plus qu’un bel éloge du moine, chercheur de Dieu, ascète qui, tournant le dos au monde, vit exclusivement pour Dieu. Dans l’éloge on entend l’appel et la responsabilité qui nous incombent d’aller jusqu’au bout de notre vocation, sans retour en arrière, pour le bien des Eglises et pour le salut même du monde.

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La soirée fut poursuivie par le témoignage d’une sœur franciscaine d’Assise, Sr Elisa Carta. Elle a parlé de sa ville: “Ville sainte, en raison de Claire et de François, et Ville de pèlerinage”. Son témoignage fut illustré par bien des exemples poignants. La ville n’est sainte que par la présence des saints. Et les saints le sont chacun à sa manière, diversifiée, en progression et stimulés les uns par les autres. L’échange avec le groupe a permis d’enrichir encore le portrait de Claire, femme forte, et la portée christologique du choix de François pour les pauvres, sans idéaliser la pauvreté.

Le lundi matin 14 juillet on écoute l’exposé de sr Katia Roncalli, franciscaine. Elle porte le même nom que le pape, canonisé il y a quelques semaines à peine, saint Jean XXIII car elle est sa parente. Elle a voulu creuser l’expérience de la relation d’amitié entre François et Claire.

En un premier temps elle a clarifié le vocabulaire employé : “amitié spirituelle”, et notamment le terme “spirituel”, comme ce qui relève de l’Esprit et illustre sa présence. Elle note: amour, créativité, l’art de ressusciter des morts, de faire l’unité intérieure, unissant toutes les dimensions de la personne humaine.

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            En un deuxième temps elle a retracé l’historique bien concrète de cette amitié – les tout premiers contacts entre François et Claire, les grandes différences sociales et culturelles entre eux, leur unité malgré des parcours personnels fort contrastés.

            Enfin elle a retenu cinq traits caractéristiques de leur amitié spirituelle:

  1. La liberté; 2. La fidélité; 3. l’intimité; 4. le discernement réciproque; 5. l’ouvertre sur l’éternité.

En conclusion elle est revenue sur le verset de saint Paul: “… il m’a aimé et s’est livré pour moi” (Ga 2,20). Ce que Paul dit du Christ, l’ami(e) le dit de l’ami(e).

La deuxième partie de la matinée a consisté en une visite guidée de la basilique saint François avec le P. Antonello Fanelli. Histoire politique et ecclésiastique, histoire de l’iconographie, et surtout histoire où la vie et l’inspiration de saint François en viennent à affecter l’art même et son expression: le Christ byzantin qui est Dieu et Seigneur avant tout, dans un réflexe fermement anti-Arien, cède progressivement la place à un Christ humain, fils d’homme qui souffre au milieu d’une humanité partagée entre le bon larron et l’autre. Surgissent les noms de Cimabue, Giotto, Lorenzetti, Simone Martini. Ils retraduisent la foi avec simplicité et non sans grandeur, comme on le voit dans les fresques de Giotto (+1337), de la basilique supérieure (1290-1295): elles retracent en vingt-huit tableaux toutes les étapes de la vie de François.

Le lundi après-midi voulait offrir un temps de méditation sur le thème choisi. Les saints sont parmi nous. Ils nous illuminent, nous interpellent, nous attirent tels des aimants, nous accompagnent et témoignent de la réalité palpable de la communion des saints.

L’archimandrite Syméon du monastère saint Silouane près du Mans (France), a raconté ses premiers contacts avec la communauté monastique de saint Jean Baptiste à Maldon, près de Londres. Il se souvient de plusieurs paroles clefs du P. Sophrony (+ 11/07/1993; disciple de saint Silouane au Mont Athos) qui l’ont orienté et soutenu, notamment pour la fondation d’un monastère. Que pensait-il de ce projet, fonder un monastère? “C’est impossibile! Mais fais-le!” “Et sache que cela ne se fait que dans les larmes et le sang!” Des années plus tard il y a l’aveu: “C’est dur!” Réponse: “Alors, c’est très bien!”

Mme Jocelyne Wullschleger (Lille, France) dans son témoignage a retenu quatre figures qui marquent sa vie. Parmi elles il y a le peintre Jan van Eyck (voir l’Agneau mystique), son mari Gérard, protestant, mort après quinze ans de vie conjugale et le pape Jean XXIII. Egalement un jeune qui vit toujours: Jean-Baptiste, un de ceux qu’elle accompagne dans une des trois institutions qu’elle dirige. Tout son témoignage, poignant, atteste la réalité effective parce que transformante de la dite “communion des saints”.

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Plusieurs voix ont été ensuite entendues. Les saints nous unissent également au plan interculturel et inter-ecclésial, comme on le voit avec des saints comme François ou Isaac le Syrien. Quelqu’un affirme: “Nous sommes unis. Nos différences disent la richesse surabondante de Dieu”. La réalité effective dépasse et anticipe le contenu de nos discours timides.   Ce soir-là on a dû renoncer à la présence de Guido Roncalli, artiste, acteur, parent lui aussi du saint pape Roncalli, Jean XXIII. Il a été retenu par les funérailles d’un de ses amis les plus proches, ce même jour. Son absence ne nous a pas empêché de communier à son deuil. On conclut ce long moment ensemble avec le chant de la grande page de l’épître aux Hébreux, chapitre 11, appelé chez les protestantes de Reuilly: “Le Cantique de la Foi” (mélodie de sr Myriam).

Dans la soirée deux membres de notre association racontent, images à l’appui, ce qu’ils ont vécu à Séoul (Corée du Sud) lors de la dixième assemblée du COE (Conseil Oecuménique des Eglises): du 30 octobre au 8 novembre 2013. Il s’agit du P. Michel Malève (dominicain, revue Istina) et du P. José Maria Hernandez (Clarétain, maintenant missionnaire au Zimbabwe). Le thème était formulé sous forme de prière: Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix. Cette assemblée représente formellement un tiers des chrétiens de par le monde, plus ou moins un demi-milliard. Sur place il y avait 900 délégués et quelque 4.000 participants, le tout organisé à la perfection! Le climat fut celui d’une grande fête. Les questions d’actualité ont dominé les échanges et débats. L’hémisphère Sud en vient à prendre le dessus sur l’hémisphère Nord, au plan du contenu comme de la méthode. Les questions de théologie, certaines très bien traitées, passent toutefois à l’arrière-plan, vue l’actualité, perçue comme urgente, des questions politiques ou sociales. Ce lieu de rencontre entre Eglises est indispensable, on ne peut s’en passer. Que la formule ait besoin d’être reprécisée, c’est également un fait (comment être plus didactique, notamment). Une acquisition de poids est qu’on ne se contente pas de voter pour avoir la majorité: on veut le consensus, en laissant aux minorités chaque fois le droit de s’exprimer.

Mardi 15 juillet (saint Bonaventure (1221-‘74), le premier grand théologien du mouvement franciscain). La journée commence par un moment de lectio divina, proposée par le fr. Rupert de la communauté de Bose (dans le Piémont (Italie); voir toutefois la toute récente fondation en bas dans la plaine d’Assise, monastero di San Masseo). Il nous a choisi la page de Luc 15 et nous a commenté verset par verset ce chapitre, après avoir expliqué l’image de Dieu saint et donc séparé que nous transmet le Premier Testament. Jésus, en langage imagé, nous raconte comment Dieu se fait proche et abolit la séparation avec l’homme, même avec l’homme pécheur. Il vient combler la distance qui sépare le père du fils perdu comme du fils aîné, et des deux frères entre eux.

La seconde partie de la matinée le pasteur suisse Jean-Philippe Calame (qui est là avec France, son épouse catholique), nous a exposé un essai de synthèse théologique sur la communauté des saints – un des articles de foi du credo traditionnel commun. Il a commencé avec un aveu courageux et une humble prière: les Eglises de la Réforme ont dans leur mémoire une vraie blessure quant à la valorisation juste des saints, et il nous demande de leur venir en aide, ce qui signifie aussi un véritable défi pour nos Eglises. Arriverons-nous à proposer aux protestants une foi dans la communion des saints qui puisse les rejoindre et les guérir, comme il nous le demande? L’exposé était centré sur l’eucharistie comme le lieu par excellence de communion et de mémoire, d’anticipation de l’eschatologie et d’entrée dans le milieu où les saints sont nos prédécesseurs et nos compagnons actuels. Un beau fascicule de 15 pages, distribué à tous, permet de tout relire à tête reposée.

L’après-midi fut l’occasion d’un échange par groupes linguistiques. Dans notre groupe – italophone – on a signalé que les protestants, attachés qu’ils sont à la Bible, pourraient trouver de saines amorces d’une estime renouvelée des saints dans le cycle des patriarches et matriarches, honorés déjà dans la suite de la Bible même (voir Is 51,1s. ; Ben Sira 44s. ; 1-2 Maccabées), et surtout Hébreux 11 (Le Cantique de la Foi, signalé à la dernière page et que nous avions chanté la veille, selon une version des diaconesses de Reuilly).

La soirée nous a réunis pour écouter les témoignages de Taras Dmytryk et de la petite Sœur Paola-Francesca, l’un nous éclairant pour comprendre ce qui se passe en réalité en Ukraine – non pas une guerre civile mais une volonté du voisin de l’Est de déstabiliser le pays à tout prix, l’autre témoignant à la fois de l’horreur de la guerre actuelle en Syrie et des signes d’espérance malgré tout. Nous sommes remontés en un grand silence, lourd de la souffrance rapportée et criant vers Dieu notre supplication au nom des plus petits.

Mercredi 16 juillet

La journée commence à nouveau par un moment de lectio divina, présenté par le même fr. Rupert de Bose. Il considère cette fois le passage de Mt 9,9-13, avec ses deux tableaux: la vocation de Matthieu et la fête dans sa maison, suivie de l’intervention des Pharisiens qui murmurent. C’était l’occasion pour lui d’éclairer notre thème de la sainteté à partir de l’homme. La veille il l’avait éclairé à partir de Dieu. L’homme change de vie et renie son passé; il ne change pas pour autant d’amis et ne les renie pas… Comment bien vivre entre frères la révélation de miséricorde que Jésus introduit, non sans scandale pour l’homme religieux dont la référence est la règle et sa rigidité? Celles-ci peuvent faire des autres mes victimes. Dieu veut la miséricorde. L’homme selon le projet de Dieu est un homme de communion.

Dans la deuxième partie de la matinée l’Archimandrite Syméon nous emmène à réfléchir sur les deux notions clefs du sujet qui lui a été confié: œcuménisme et sainteté. Son accès à la thématique est le cœur, l’expérience, les exemples vécus, l’amour en acte dans la vie – la vie des saints qui viennent à nous et le plus souvent nous choisissent plutôt que nous eux. Avec réalisme il nous renvoie au lieu où nous vivons, à la nécessité de la conversion et du repentir, de la prière, de l’exercice de la charité mutuelle, en vivant de façon sainte et saine la tension entre le péché et la grâce, jour après jour. Le péché est bienvenu, l’idéal de perfection est un piège. Le début et la fin de son exposé étaient illustrées par des rencontres et des enseignements de saints contemporains – notamment Fr. Roger Schutz, dom André Louf, Yvonne Aimée de Jésus.

L’après-midi nous a réunis autour de trois voix – qui chacune interprétaient l’expression «la communion des saints», telle qu’elle apparaît dans le symbole du Credo commun. Sabino Chialà, moine de Bose, prieur d’Ostuni, près de Bari (It.), catholique romain; Sr Ekatarina Rotaru, moniale orthodoxe de Roumanie (monastère de Govora), et sr Bénédicte Girard, protestante des Diaconesses de Reuilly. Sabino s’interroge : Qui sont «les saints»? Il distingue trois niveaux de signification, déjà présents dans l’Ecriture (Rm 1,7 ; Hébr 3,1 ; Apoc. passim ; Lv 11,44 ; 1 Pi 1,16 ; cf. Mt 5,48). Il s’agit de tous les croyants (1), notamment ceux qui ont mené une vie conformément à l’évangile (2), ou encore (3) ceux qui participent aux choses saintes, à la réalité du Corps saint du Christ. Deuxième interrogation : qu’est-ce «croire à la communion des saints»? La foi se vit dans un contexte de communion, elle est plus que seulement personnelle. Elle suppose toujours un corps ecclésial. Cette communion par la sainteté est toujours là, antérieure à nos fractures et divisions et au-delà de celles-ci.

            Sr Ekatarina était comme saisie par l’image du cercle et de son centre (voir Dorothée de Gaza, VIe conférence, §78). Le centre du cercle qui est le monde, est Dieu, qui est amour. Se référant à plusieurs maîtres à penser (Dumitru Staniloae, saint Silouane, Saint Porphyrios) et à des personnes bien concrètes, rencontrées comme M. Marie Madeleine (ermite au Sinaï), elle a fait, comme dit Pascal, «une digression sur chaque point pour montrer toujours la même fin»: l’amour nous débarrasse du petit moi et nous pousse à l’ultime vérification qu’est l’ «amour des ennemis».

            Sr Bénédicte, protestante, comme le pasteur J.-Ph. Calame, a avoué une certaine hésitation en face du thème proposé, mais elle a été puiser dans la grande mémoire de sa congrégation des Diaconesses et de sa tradition ecclésiale. Chez la sœur fondatrice, chez des sœurs en mission au Cameroun, chez Calvin comme dans le catéchisme d’Heidelberg, elle a repêché en eau profonde de multiples perles, les unes plus belles que les autres et dont elle fut la première à s’en émerveiller. Elle peut témoigner avec sérénité: il y a une riche réflexion chez les protestants sur les saints, sur la communion avec eux, et sur le cordage – belle image – qui existe entre «la famille du ciel» et «la famille de la terre». Son exposé complète et vient enrichir le texte déjà bien riche du pasteur suisse Calame sur la question.

La soirée nous a permis de voir la cathédrale à taille humaine, tout à fait renouvelée, qu’est celle du Métropolite Stephanos de Tallin (Estonie: cathédrale près du port de la ville, lieu de rencontre des marins. Voilà un apéritif qui donne goût ; qui ne voudrait voir davantage? Sœur Agueda Garcia de Antonio a présenté l’œuvre des missionnaires de l’Unité et évoqué leurs multiples engagements récents et concrets en contexte espagnol. La soirée s’est terminée par un reportage, merveilleusement illustré, par les deux sœurs de Voronet, sur leur monastère en Roumanie, actuellement le plus grand de tous.

Jeudi 17 juillet, le matin, après la liturgie orthodoxe, présidée par le P. Syméon (Le Mans, France), nous avons écouté le P. Kassianos Inati, Libanais, moine du Mont-Athos, disciple un temps du très célèbre P. Païssios, et actuellement archimandrite d’un monastère au Nord du Liban. Il est parmi nous comme délégué du patriarche d’Antioche, sa béatitude Jean X. Il nous a offert un témoignage vibrant, appuyé par l’évocation des faits les plus récents de la guerre en Syrie, et des initiatives courageuses au Liban même. «Témoin» et «martyr» ne font qu’un même mot en grec (martys) et une même racine en arabe, mais en outre il s’agit d’une seule réalité dans l’univers chrétien d’aujourd’hui, pour tout le Moyen-Orient.

L’après-midi, avant l’assemblée générale, le frère mineur Tècle Vetrali de Vérone, bibliste de formation et oecuméniste de profession, nous a communiqué que la Congrégation des religieux au Vatican prépare la Semaine de prière pour l’Unité du mois de janvier prochain (2015) en invitant les religieux à s’y associer le plus possible. Une invitation formelle sera adressée à l’EIIR. La conviction de base qui anime les responsables de la Congrégation est que les religieux vivent entre eux le mystère de l’unité et sont en position idéale pour animer de l’intérieur ce qui doit habiter tout le mouvement œcuménique comme tel. Cette intuition rejoint très directement celle qui présida à la naissance même de l’EIIR. Indirectement ceci, peut-on dire, constitue une remarquable confirmation de toutes ces années de travail œcuménique soutenu.

A l’assemblée générale même, les cinq membres du bureau ont été reconduits, à une exception près: outre Son Eminence le Métropolite Athénagoras de Belgique, sr Bénédicte Girard, sr Bernadette Delizy, P. José Maria Hernandez Martinez, c’est l’Archimandrite Syméon qui a été choisi, avec un peu plus de voix que l’hiérodiacre Petar Gramatikov.

Un long moment de prière, ce même jeudi soir, nous a permis d’évoquer, grâce à la médiation de M. Marco Bartoli, de la communauté de Sant’Egidio (Rome), les témoins-martyrs de notre temps. On a parcouru les cinq continents, avec une liste qui embrassait plus de cent noms propres, toutes les confessions réunies… L’autel se remplissait de lumière : un large feu ardent devant le Très-Haut. Les Kyrie, eleison traversaient les cœurs et toutes les frontières.

Le soir, au cours du moment récréatif, on a pu se faire une idée, grâce à l’évocation faite par l’évêque de Hajdudorog, Mgr Fulop Kocsis (Hongrie) et des deux moniales de Damoc qui l’accompagnaient, de la réalité de ces chrétiens hongrois de rite grec mais de communion catholique. Lors de l’évaluation une voix du groupe orthodoxe s’était levée pour exprimer sa reconnaissance d’avoir pu prier avec des membres d’une Eglise dite «uniate», de rite oriental mais en lien avec l’Eglise catholique.

Tout au long de la semaine on a prié en plusieurs langues et rites et traditions différentes, avec ou sans mots. Ces moments ont permis à chacun de respirer en profondeur, entre les conférences et les échanges ou visites. Ils ont soudé notre groupe, plus que les mots ne peuvent le dire. En bordure de la ville du Poverello, c’étaient des liturgies de pauvres qui, tout en priant, creusaient leur pauvreté et laissaient l’Esprit les sanctifier toujours davantage – Dieu seul sait jusqu’où. Il n’y a aucun regret de sortir d’une liturgie avec une douleur au cœur quand celle-ci provient de ce qui sous le ciel n’est pas encore possible entre nos institutions. Si le visible est encore fragmenté, qui ose douter que l’invisible vers lequel on marche et dans lequel on est, le soit pour autant? Les saints comme François ou Claire, Silouane ou Isaac de Ninive, ne nous ont-ils pas illustré par tout leur rayonnement une unité qui dépasse de loin certaines séparations pourtant bien visibles ? Plusieurs sont revenus sur ce thème bien connu de la «douloureuse joie». Jean Climaque, cité par Nil Sorski, parle pour le moine en prière d’un état d’esprit qui rappelle celui d’ «un enfant qui pleure et qui rit à travers ses larmes».

Au terme de ces journées bien pleines, comment ne pas rendre grâces et comment ne pas poursuivre avec une ardeur renouvelée notre intercession pour un monde de justice de paix?

Rapport rédigé par le fr Benoît Standaert, osb

ANNONCE: LA 35ème RENCONTRE A ASSISE (ITALIE) – 12 au 18 JUILLET 2014

18 février 2014

oikoumeneLe comité organisateur de l’E.I.I.R. (Association des Rencontres Interconfessionnelles de Religieux et Religieuses), fondée en 1970 par les regrettés Métropolite Emilianos (Timiadis) de Silyvrie (Patriarcat Oecuménique) et Monseigneur Julian Garcia Hernando (prêtre catholique-romain de Madrid), a l’honneur de vous inviter à participer à la 35ème Rencontre qui aura lieu du 12 au 18 juillet 2014 à  Assise (Italie).

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Des religieuses, religieux, clercs et laïcs, hommes et femmes de confessions et de nationalités différentes sont invités à se rencontrer et à partager entre eux des expériences pour approfondir un thème essentiel de la foi chrétienne. Le but est donc essentiellement un dialogue spirituel entre chrétiens d’Orient et Occident.

Le thème de la Rencontre est: «Appelés à la Sainteté – Le ciel est en vous. Soyez le ciel pour vos contemporains».

CLIQUEZ ICI: pour le dernier numéro de l’EIIR-NEWS et le programme.

CLIQUEZ ICI: pour le bulletin d’inscription.

 

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MGR ATHENAGORAS ELU ET INTRONISE METROPOLITE DE BELGIQUE ET EXARQUE DES PAYS-BAS ET DU LUXEMBOURG

24 décembre 2013

Bruxelles – Des moments historiques à la Sainte Métropole de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg. Suite à la démission volontaire de l’ancien Métropolite de Belgique Mgr Panteleimon et  l’élection unanime (le 27 novembre 2013) par le Saint Synode Patriarcal du Patriarcat Œcuménique de Constantinople de Mgr Athénagoras en tant que nouveau Métropolite-Archevêque de Belgique et Exarque des Pays-Bas et du Luxembourg, une cérémonie d’Intronisation eut lieu le samedi 21 décembre. Mgr Athénagoras est depuis l’an 2000 le président de l’EIIR. L’Association y fut représentée par Soeur Bernadette Delizy, secrétaire de l’EIIR.

La Cathédrale orthodoxe à Bruxelles (Rue de Stalingrad), dûment aménagé pour l’événement était plein de monde. Une foule de fidèles orthodoxes sont venus pour voir le nouveau Métropolite, l’honorer, le saluer et partager sa joie. En fait, Mgr Athénagoras n’était pas un inconnu pour les fidèles. Il sert plus de 24 ans au sein de la Sainte Métropole Orthodoxe de Belgique et les dix dernières années fut l’évêque auxiliaire de Son Éminence Mgr Panteleimon sous le titre d’Évêque de Sinope. Il est donc quelqu’un de connu et très apprécié par les fidèles.

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Sa Toute-Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée fut représenté par Son Éminence le Métropolite Augustin d’Allemagne qui a intronisé Mgr Athénagoras en lui remettant la crosse pastorale. Des représentants religieux, civils et militaires étaient présents, plusieurs hiérarques orthodoxes appartenant à diverses juridictions ecclésiales, Son Excellence M. Constantin Chalastanis, Ambassadeur de la Grèce en Belgique, le Cardinal Mgr Godfried Danneels, le Nonce Apostolique en Belgique, d’autres haut représentants d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions, des clercs, des moines du Mont Athos, et beaucoup d’autres.

Sa Béatitude l’Archevêque Jérôme d’Athènes et de toute la Grèce fut représente par le Très Révérend Archiprêtre Adamantios Avgoustidis, professeur à l’Université d’Athènes. Le Métropolite Athanase d’Achaïe a représenté, quant à lui, le Saint Synode de l’Église de Grèce. Plusieurs évêques, membres de la Conférence Épiscopale Orthodoxe du Benelux, étaient également présents. L’État Belge fut représenté en la personne de M. Eric Ghysselinckx, (haut fonctionnaire du Ministère de la Justice).

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Juste après la lecture de la décision Patriarcale et Synodale par laquelle Mgr Athénagoras fut élu Métropolite-Archevêque de Belgique, un discours inspiré prononcé par Son Éminence le Métropolite Augustin d’Allemagne a rendu hommage à Mgr Panteleimon pour l’œuvre immense effectuée sous son pastorat. Mgr Panteleimon, en effet, durant 56 ans (dont 30 en sa qualité de Métropolite de Belgique) a durement travaillé en développant une action admirable dont les fruits sont abondants. Il n’a presque rien trouvé de concret concernant l’Église orthodoxe à sa venue en Belgique, et maintenant, à son départ, donne en héritage une Orthodoxie bien établie aux trois Pays du Benelux avec plusieurs paroisses organisées et une reconnaissance officielle par les États Belge et Luxembourgeois. Mgr Augustin, dans son discours, a fait également l’éloge du Nouveau Métropolite Athénagoras, en se référant à sa personnalité extraordinaire, à son riche savoir, à son expérience pastorale et à ses nombreux talents qui vont lui assurer un pontificat brillant suivant les pas de son illustre prédécesseur.                

D’autres discours, notamment ceux de l’Ambassadeur de Grèce, du représentant de la Conférence Épiscopale Orthodoxe du Benelux Mgr Simon (Patriarcat de Moscou), de l’Évêque Catholique d’Anvers Mgr Johan Bonny (qui à la surprise de beaucoup a fait une grande partie de son discours en grec !),  du représentant du Ministère belge de la Justice, du représentant de l’Église de Grèce, et du Vicaire général de l’Archevêché orthodoxe de Belgique qui a offert de la part de tout le clergé de l’Archevêché une crosse pastorale au Nouveau Métropolite-Archevêque. Tous ont insisté sur les qualités exceptionnelles de Mgr Athénagoras et lui ont souhaité le «Axios» (Digne !) que tous les fidèles le répétaient spontanément.

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Dans le discours de son Intronisation Mgr Athénagoras s’adressant avec beaucoup de respect et d’amour fraternel aux Éminents Métropolites Augustin d’Allemagne et Panteleimon, les a remerciés de tout cœur. Il a également exprimé sa gratitude, son respect et son amour filial pour Sa Toute Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée. Il a remercié tous pour leurs discours et leur présence. Ensuite, il a relaté quelques priorités de son pastorat qui commence et dont le fil rouge sera le salut des hommes:  le soutien et la formation du clergé orthodoxe, la coordination avec les communautés grecques pour le maintien des us et coutumes des grecs résidant en Benelux, la bonne collaboration avec les représentants diplomatiques de Grèce, l’intensification des efforts pour que la jeunesse orthodoxe participe plus activement à la vie et aux activités de l’Église, la poursuite active des efforts pour l’unité visible des chrétiens, dans le cadre de la participation au mouvement œcuménique, aux contacts, aux dialogues et aux relations amicales avec les représentants des diverses confessions chrétiennes d’après la vision du grand Patriarche Athénagoras dont le nom porte avec fierté le nouveau Métropolite. Mgr Athénagoras a réitéré son dévouement absolu à l’Institution et aux objectifs du Patriarcat Œcuménique de Constantinople. Un moment particulièrement émouvant était lorsqu’il a énoncé en présence de ses parents, l’Archiprêtre Ignace Peckstadt (une figure emblématique et respecté dans l’Orthodoxie) et Mme Marie-Thérèse Janssens, le rôle décisif qu’ils ont joué dans son parcours personnel dans la foi orthodoxe.

Et il a conclu disant: «Je puise mon inspiration dans la charité évangélique “qui est patiente et pleine de bonté, qui n’envie pas, qui ne se vante pas”, mais “qui supporte tout” (1 Cor. 13,4-6). C’est ainsi que je mettrai mes pas dans ceux du Christ comme l’ont fait mes deux illustres prédécesseurs : le regretté Métropolite Emilianos Zacharopoulos et notre très respecté Géronda le Métropolite Pantéléimon. A vos côtés, je vais œuvrer pour le bien de notre Eglise, tant celle d’ici, que celle de notre Eglise-Mère, le Patriarcat Œcuménique de Constantinople. Avec nos prêtres, je vais m’investir pour le salut de chacun. Ce n’est qu’alors que je pourrai dire avec fierté que vous êtes “ma joie et mon couronnement”. Car je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir (Mat. 20,28). Je resterai toujours à vos côtés, comme le bon berger près de son troupeau. Priez pour moi et offrez-moi votre amour. Je vous offre la bénédiction du Seigneur».  

Le soir de ce même jour un dîner officiel fut donné à l’Hôtel Sheraton de Bruxelles où, outre les personnes mentionnées, la Commissaire Européenne Mme Maria Damanaki a honoré par sa présence le nouveau Prélat.

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Le dimanche 22 décembre Mgr Athénagoras a présidé sa première liturgie pontificale en la Cathédrale des Saints Archanges. Cinq autres Évêques (l’Archevêque Simon- Patriarcat de Moscou, le Métropolite de Kydonias et Apokoronou Damascène- Église de Crête, l’Évêque d’Evmenie Maximos-Métropole de Belgique, l’Évêque de Remeziana André-Patriarcat de Serbie, l’Évêque d’Arianzos Bartholomée-Métropole d’Allemagne), quatorze prêtres et quatre diacres ont concélébré avec lui. La Divine Liturgie fut célébrée en grec, en français, en néerlandais, en allemand, en slavon et en serbe. Le Métropolite Panteleimon ainsi que le Métropolite d’Achaïe Athanase étaient aussi présents dans le sanctuaire.

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Dans l’église qui était pleine de fidèles, et parmi eux l’Ambassadeur de Grèce en Belgique M. Chalastanis, la représentante du Ministère grec d’Education et de Cultes, le Conseiller d’Éducation Grecque en Belgique. Très remarquable la présence de Mgr Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège accompagné par son Vicaire général l’Abbé Alphonse Borras.

Le Métropolite Athénagoras a chaleureusement remercié tous d’être présents à ce jour si important pour lui et pour l’Église Orthodoxe en Belgique et a adressé ses vœux pour la grande fête de la Nativité du Seigneur.

Les photos de l’intronisation et les photos de la première Liturgie présidée par le nouveau métropolite.

 

IN MEMORIAM: SOEUR MINKE DE GRANDCHAMP

29 octobre 2013

une_minkeEn ce 19  octobre 2013,  jour du Shabbat qui s’ouvre sur celui de la Résurrection,  Soeur Minke De Vries, de la Communauté des Soeurs Protestantes de Grandchamp, (Areuse, Suisse ) a rejoint le sein du Père. Ses funérailles furent célébrées le 23 octobre, à l’Arche, chapelle de Grandchamp, en présence d’une assemblée de grande diversité ecclésiale.

Née au Pays-Bas en 1929, Soeur Minke a été la Prieure de sa Communauté de 1970 à 1999. Elle avait un grand souci de la réconciliation des Eglises et a organisé de nombreuses Rencontres oecuméniques à Grandchamp. En 1995 le Pape Jean-Paul II lui confia la préparation des textes pour le Chemin de Croix du Vendredi Saint, à Rome.

Soeur Minke a participé plusieurs fois à nos Rencontres EIIR et avait aussi été élue membre de notre comité organisateur. Ce service oecuménique, toujours rendu avec joie et compétence, lui permettait de créer des  échanges  et des liens d’unité avec tous les participants. Nous lui restons profondément reconnaissants pour son partage oecuménique et celui de ses Soeurs. Nous demeurons en communion priante avec la Communauté de Grandchamp, dans le Coeur du Ressuscité d’où nous recevons la source de notre UNITE.

Mémoire éternelle à notre soeur!

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Interview – Soeur Minke: «Une vie de prière, c’est une aventure»!

Vous êtes protestante, comment avez-vous pu devenir sœur?
Sœur Minke: Les réformateurs avaient rejeté cette forme de vie. Mais l’Esprit a su susciter pendant et après les guerres mondiales des communautés d’inspiration monastique dans les Eglises de la Réforme. Bouleversée par une rencontre importante avec la réalité de Dieu, j’ai voulu lui donner ma vie. J’ai rencontré la communauté de Grandchamp par une amie: j’y suis allée, j’y suis encore et ne regrette pas mon choix. D’autres personnes avec le même désir de donner leur vie à Dieu se sont engagées dans la mission ou ont étudié la théologie. Pour moi, c’était cette vie-là, de prière, de communauté et d’accueil.

Qu’est-ce qui vous a attirée vers la vie monastique?
C’est vraiment le Christ. Etudiante, j’étais active, engagée parmi les étudiants chrétiens. En découvrant Grandchamp, et aussi Taizé, j’ai su: «C’est là que je dois aller.» La prière en commun de la communauté et son ouverture m’ont plu. J’avais à cœur d’être dans un lieu d’Eglise ouvert au monde.

Recommanderiez-vous ce choix à une jeune femme aujourd’hui?
Après plus de cinquante ans, je suis encore là, encore pleinement d’accord avec mon choix d’origine. Pour une jeune femme d’aujourd’hui? Si je perçois une soif de Dieu, un désir de prière et une ouverture au monde, alors oui. Mais si je ne vois que le souhait de trouver un refuge, d’être tranquille, cela ne va pas jouer. Nous ne sommes pas un lieu tranquille.Nous accueillons des retraites. A partir de notre vie intérieure et de notre prière et en échangeant avec nous, des personnes de toute confession peuvent découvrir le Christ. Notre vie de prière montre qu’il est possible à des personnes venues des quatre coins du monde de vivre ensemble, en amitié, toute une vie. C’est une aventure, un défi loin d’être évident. Ce n’est possible qu’à partir du Christ et de l’Evangile, pas de notre seule bonne volonté, car cela nous dépasse.

Vous avez été trente ans prieure de la communauté. Quel a été le moment le plus fort?
Je pourrais faire une long collier avec toutes les perles glanées lorsque j’étais prieure. Un peu comme le ravi de la crèche de Noël. Chaque fois que je vois une personne retrouver la vie, la joie, je suis dans l’émerveillement. Une jeune femme qui a prononcé un oui pour toujours à notre vie avec le Christ et qui tient bon: une merveille! Et quand une autre s’en va vers le Seigneur, sur son visage une grande paix, la sainte cène ensuite est une célébration de Pâques. Il y a aussi eu les voyages pleins de découvertes, la grande assemblée de Vancouver en 1983 du Conseil œcuménique des Eglises, manifestation de l’universalité de notre foi et de solidarité. Evidemment avoir été invitée à écrire le chemin de Croix pour le pape Jean-Paul II, en 1995, cela reste inouï pour moi.

Que représente Noël pour vous?
Dans notre prière liturgique, nous suivons la vie du Christ. L’année liturgique débute avec l’Avent. Nous commençons par la lecture de l’Apocalypse, qui accomplit toute promesse de la venue du Christ, signe de combien Dieu aime l’humanité. C’était déjà exprimé par l’alliance avec son peuple élu. Puis Dieu a envoyé son fils, par Marie, une jeune femme d’Israël. C’est prodigieux et Dieu essuiera toute larme de nos yeux.
Depuis Noël, Dieu est avec nous, en Christ. Noël n’est pas juste un événement commercial ou sentimental. Le cœur de la fête est que Jésus est venu vivre parmi nous. Nous avons pu le toucher, le regarder, l’entendre. La compassion du cœur de Dieu est devenue tangible, toute proche. Nous l’approfondissons chaque année par la prière et la célébration de Noël.

Comment Dieu agit-il dans les hommes?
C’est le plus important de notre foi. Dieu chemine avec nous, les humains. Son énergie d’amour travaille en nous. Une transformation se réalise dans le sens de la simplicité, de l’ouverture aux autres, et aussi de prendre moins au sérieux ce petit moi qui veut toujours se montrer. Il faut sans cesse recommencer, avec confiance. J’espère avoir confiance jusqu’au bout. J’ai vu des personnes arriver à Grandchamp complètement abattues et repartir debout. Elles ont retrouvé leur dignité, grâce à la résurrection du Christ qui renouvelle notre vie, à ce Dieu vivant qui agit et peut, à partir d’une situation désespérée, nous faire aller vers quelque chose de positif.

Que dites-vous à ceux qui s’éloignent de l’Eglise?
Quoi dire? Je souffre de toute cette perte de sens, les gens ne comprennent plus la bonne nouvelle apportée par le Christ vivant! Je les respecte de tout mon cœur et je prie. Des hôtes en recherche viennent à Grandchamp et découvrent quelque chose. Nous essayons de vivre ce qui nous a été donné, grâce à la venue du Christ qui nous a rendu le Père si proche, comme une source d’espérance. Des visiteurs peuvent alors y trouver une réponse. Dieu est plus grand que notre cœur.

Que nous apprend Jésus d’essentiel aujourd’hui?
Jésus parle d’un Père qui est accueillant. Jésus regarde et voit l’autre. Il manifeste de la solidarité et montre le Royaume. Quand Jésus dit: «Suis-moi!» c’est sérieux, comme un amour dans lequel nous entrons. En même temps, Jésus nous dit de ne pas nous faire de souci. Il y a une énorme confiance dans sa vie. Il nous invite à faire comme lui, à être cohérents, à voir les autres. Il y a quelque chose de simple dans son enseignement. Nous demandons dans nos prières de pouvoir accueillir l’autre, de le regarder avec le cœur. Notre vie en communauté est un bon lieu d’exercice. La réconciliation est au cœur de cette vie.

Où en sont les relations entre les communautés chrétiennes?
A un certain moment, nous pensions que l’unité était une question d’années. Aujourd’hui où il y a tant de peur et d’incertitudes, notre communauté œcuménique de Grandchamp espère  être une oasis où rayonne le Christ. Nous accueillons des personnes de toute confession et vivons tournées avec confiance vers ce que sera l’Eglise de demain. Comme nous ne pouvons pas rester figées sur ce qui a été normatif autrefois, mais désirons avancer dans la confiance que Dieu est à l’œuvre dans les changements que nous vivons actuellement. Car Dieu tient à son Eglise.

source: Bonne Nouvelle (Suisse)

E.I.I.R. NEWS – le bulletin N°13

12 août 2013

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LE PRESIDENT DE L’EIIR EN VISITE OFFICIELLE AU VATICAN

2 juillet 2013

Vatican – Aussi cette année le président de l’EIIR, l’Evêque Athénagoras de Sinope fut membre de La délégation officielle, envoyée cette année par le Patriarche Œcuménique Bartholomée I. La délégation était conduite par le Métropolite de Pergame Mgr Jean Zizioulas, coprésident de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, accompagné par Mgr Athénagoras Peckstadt (évêque auxiliaire du Métropolite de Belgique) et l’Archimandrite Prodromos Xenakis, vice-secrétaire du Saint-Synode de l’Eglise de Crète.  Le Pape a reçu la délégation le 28 juin 2013 au Palais Apostolique du Vatican. A l’issue de cette rencontre, la les envoyés de l’Eglise de Constantinople ont été invités à déjeuner avec Sa Sainteté le Papedans le Domus Sanctae Marthae, honneur plutôt exceptionnel.

article_14462_39043«Nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du vrai dialogue. Celui-ci ne nous éloigne pas de la vérité; à travers un échange de dons, il nous conduit plutôt, sous la conduite de l’Esprit de Vérité, à toute la vérité», a déclaré le Pape François à la délégation officielle du Patriarcat Œcuménique. C’est désormais une tradition et cela depuis 1969: une délégation du Patriarcat Œcuménique de Constantinople se rend chaque année à Rome à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin, et une délégation du Vatican se rend chaque année à Constantinople pour la fête du Saint Apôtre André.

Le 29 juin 2013 la délégation a assisté à la célébration eucharistique en la Basilique Saint-Pierre.  A l’issue de la célébration, le Pape et le Métropolite Jean de Pergame sont descendus ensemble se recueillir auprès de la tombe de l’Apôtre Pierre et ont échangé quelques mots.

La délégation s’est également entretenue avec le Cardinal Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens et des membres de ce dicastère.

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L’URGENCE DE L’UNITE – nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du véritable dialogue  

«Nous ne devons pas avoir peur de la rencontre et du véritable dialogue». C’est ce qu’a dit le Pape François aux membres de la délégation. Dans son discours, le Saint-Père a souligné le «lien profond qui unit, dans la foi, dans l’espérance et dans la charité, l’Eglise de Constantinople et l’Eglise de Rome», en rappelant que «la rencontre fraternelle est une partie essentielle du chemin vers l’unité». Une pensée reconnaissante est allée au Patriarche Œcuménique Bartholomée, qui a fait parvenir à l’Evêque de Rome une lettre de vœux. Pour sa part, le Pape a confirmé que «la recherche de l’unité entre chrétiens est une urgence à laquelle, aujourd’hui plus que jamais, nous ne devons pas nous soustraire». Une «contribution fondamentale» dans ce sens vient du travail de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique, dont le Pape a souligné l’«engagement précieux et généreux». Précisant qu’il «ne s’agit pas d’un pur exercice théorique, mais de connaître à fond les traditions réciproques pour les comprendre et, parfois, également pour apprendre de celles-ci»: comme cela a lieu, par exemple, sur des thématiques particulièrement significatives tels que le «sens de la collégialité épiscopale» et la «tradition de la synodalité».

«Il m’est réconfortant de savoir que catholiques et orthodoxes partagent la même conception du dialogue qui ne cherche pas un minimalisme théologique sur la base duquel on peut arriver à un compromis, mais qu’il se fonde plutôt sur l’approfondissement de l’unique vérité que le Christ a donnée à son Église et que nous ne cessons jamais de mieux comprendre, mus par l’Esprit Saint», a également souligné le Pape.

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Il s’agit finalement, a-t-il estimé, de «réfléchir ensemble, dans la vérité et dans la charité», en commençant «par ce qui nous est commun, sans toutefois cacher ce qui nous sépare encore» car «il ne s’agit pas d’un simple exercice théorique, mais de connaître à fond les traditions réciproques pour les comprendre et, parfois, pour apprendre aussi d’elles».

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FRANCOIS I, LE NOUVEAU PAPE DE ROME

19 mars 2013
Jorge Mario Bergoglio est le successeur de Benoît XVI élu par les cardinaux du conclave. La fumée blanche est sortie de la cheminée sur la chapelle Sixtine, mercredi 13 mars, et la foule a clamé « habemus papam »: c’est le nouveau chef de l’Eglise catholique.
Fréquemment cité lors du précédent conclave au cours duquel il avait recueilli le plus de voix après Joseph Ratzinger, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio (76 ans, archevêque de Buenos Aires) avait pratiquement disparu des listes de « papabili ». Un pape sud-américain est une petite révolution en soi – c’est aussi la première fois qu’un Jésuite accède à ce ministère. Ce religieux humble, très ancré dans l’évangélisation de terrain et très à l’écoute de ses fidèles, braque le projecteur catholique sur l’Amérique du sud, terre de grande vitalité catholique, bien que les protestants évangéliques taillent de plus en plus de croupières à l’Eglise. Un pape européen eût renvoyé au sombre tableau d’une institution fragilisée, en proie au doute et à la crise des vocations. Là, le message se veut plus lumineux.

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C’est un pape décontracté et souriant qui a reçu ce samedi plus de 5000 journalistes au Vatican pour les remercier d’avoir couvert la démission de son prédécesseur et son élection. « Je vous aime beaucoup, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait », a déclaré le pape François avant de les bénir. Il leur a expliqué comment il avait choisi son nom. « Durant l’élection, j’étais à côté de l’archevêque de Sao Paulo Claudio Hummes, un grand ami. Quand les choses sont devenues dangereuses, il m’a réconforté. Quand les votes ont atteint les deux tiers, il m’a serré dans ses bras et embrassé et m’a dit: ‘Et n’oublie pas les pauvres! ». Il a alors pensé à François d’Assise, qui a voué sa vie à la lutte contre la pauvreté. « Je voudrais une Eglise pauvre, pour les pauvres », a-t-il déclaré en guise de programme. Avant d’ajouter: « François est le nom de la paix, et c’est ainsi que ce nom est venu dans mon coeur ».   Pourtant, les cardinaux lui ont soufflé d’autres noms. « Tu devrais t’appeler Adrien, parce qu’Adrien, c’est le réformateur, et on a besoin de réformer! », lui déclare l’un des prélats. Un autre lui a soufflé – non sans humour – le nom de Clément XVI, pied de nez à Clément XV qui supprima la Compagnie de Jésus, la congrégation jésuite à laquelle appartient le nouveau souverain pontife.

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La devise choisie par le nouveau souverain pontife va dans le vif du sujet: «Miserando atque Eligendo», autrement dit «En ayant pitié et en choisissant». Dès sa première apparition publique, le pape François a tenu à affirmer sa simplicité: nulle croix pectorale, aucune pèlerine rouge, mais un simple habit blanc. La tenue du nouveau souverain pontife n’est pas la seule à signifier l’humilité, puisque ses premiers gestes et paroles ont aussi reflété un tel état d’esprit et de cœur. Premier pape latino-américain, premier jésuite, premier pape à opter pour le prénom de François hautement symbolique dans l’histoire de la chrétienté, Jorge Mario Bergoglio ne craint manifestement pas d’emprunter de nouveaux chemins. Quant à Benoît XVI, il avait, pour sa part, choisi la devise latine «Ut cooperatores simus veritatis»  (3Jo 1. 8), qui fut traduite par «Nous devons servir de cette manière que nous soyons coopérateurs de la vérité».

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Le Patriarche Oecuménique Bartholomée a adressé ses félicitations (en anglais) au nouveau pape élu François. Le patriarche espère que le nouveau pontificat verra « la continuation de notre voyage vers la réconciliation et la consolidation du dialogue vers l’unité comme Églises sœurs ». Le Patriarche Oecuménique Bartholomée a assisté à la messe d’intronisation du nouveau pape. Il était accompagné des Métropolites Gennadios d’Italie, Jean (Zizioulas) de Pergame et Tarasios d’Argentine. Pour la première fois un patriarche oecuménique a assisté à cette messe ce qui est « un signe important pour l’unité des chrétiens ». L’oecuménisme est pour le Patriarcat Oecuménique une priorité!Le président du Comité central du Conseil œcuménique des Églises (COE), le pasteur Walter Altmann, pasteur luthérien du Brésil, voit dans l’élection du pape François Ier la manifestation d’un «tournant dans le christianisme». «Au cours des dernières décennies, il y a eu un déplacement radical du christianisme mondial en direction du Sud. L’élection d’un pape argentin reflète cette réalité nouvelle, même si la plupart des cardinaux viennent du Nord», a indiqué le pasteur Altmann. «J’espère que son mandat sera caractérisé par une coopération et un dialogue œcuméniques intenses et profonds», a-t-il ajouté.

Aussi le président de l’EIIR, l’Evêque Athénagoras de Sinope (Patriarcat Oecuménique), a envoyé des félicitations à l’occasion de l’élection du Pape François, tout en demandant de prier tous ensemble « que Dieu lui accorde beaucoup de grâce et force pour l’accomplissement de cette lourde tâche et pour le bien du christianisme tout entier »!

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LA PROCHAINE RENCONTRE A ASSISE EN ITALIE (JUILLET 2014)

28 janvier 2013

35e RENCONTRE DE L’EIIR

‘DOMUS LAETITIAE’ A ASSISE (ITALIE)

12 – 18 juillet 2014


THEME: « APPELES A LA SAINTETE – Le ciel est en vous. Soyez le ciel pour vos contemporains ».

Avec conférences:

  • Assise, lieu de pèlerinage
  • Le lien spirituel entre Saint François et Sainte Claire
  • La communion des saints (table ronde)
  • Saints pour tous
  • Témoins de la foi jusqu’à la croix (table ronde)
  • Sainteté et oecuménisme
  • Le nuage des témoins (témoignages sur des personnes saintes)
  • Lecto Divina


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ASSISE – LIEU DE PELERINAGE

stfrancis6wpLa ville médiévale d’Assise, lieu natal de Saint François, fondateur de l’ordre religieux des frères mineurs (ou ordre des franciscains), est inscrite depuis l’an 2000 dans la liste des sites UNESCO classés au «Patrimoine Mondial de l’Humanité».

En plus d’être la ville des Saints, Saint François et Sainte Claire et symbole de  leurs messages de paix, Assise est aussi une localité très accueillante et elle exprime au mieux l’esprit d’accueil des italiens. Architectes, constructeurs et tailleurs de pierres ont conféré à la ville d’Assise une physionomie incomparable. Cela dit, c’est sans aucun doute la figure de Saint François, le Saint qui parlait aux animaux, qui à marqué cet endroit et son destin, lui confèrent une place dans l’histoire. Au Saint est dédié le monument le plus important d’Assise: la Basilique de Saint François qui se compose de deux églises (l’Eglise Inférieure et l’Eglise Supérieure) et d’une crypte, creusée en 1818. Dans ces lieux est conservée la tombe du Saint, un simple sarcophage posé sur la (vive) roche nue.

Photos de la visite d’exploration à Assise (janvier 2013)

BASILICA OF ST. FRANCIS PICTURED IN ASSISI


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